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2e Trefflé Bleau 1477
2e Trefflé Bleau 1477
 

2e maison de Trefflé Bleau 1914
1477 rue Viau

La chaîne de titres

14 juin 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : succession Charles Théodore Viau
Acquéreur : Dame Marguerite Renaud. Épouse de Jules Aimé Maucatel, député
Achat de lots de terre

14 juin 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : succession Charles Théodore Viau
Acquéreur :  Jules Aimé Maucatel, député d’Hochelaga domicilié au # 335 Ave. Mont-Royal à Montréal
Achat de lots de terre

25 janvier 1907
Notaire; René Leroux
Vendeur : A. Jules Aimé Maucatel, député du comtés d’ Hochelaga & Dame Marguerite Renaud
Acquéreurs : Eugène Bernier & Marcel Lemieux, tous deux bourgeois
Achat de  lots de terre dont certains à Longue Pointe
Prix de la vente; $4180.00

04 mars 1907
Notaire : François George Crépeau
Vendeurs : Eugène Bernier & Marcel Lemieux, tous deux bourgeois ( Eugène Bernier réside au 62 rue Lafontaine coin 2e ave, «St-Clément» ( Marcel Lemieux sur la rue Ste Élisabeth à Montréal)
Acquéreur : Pierre Filion, épicier  ,1576 rue Ste Catherine près de la rue Moreau
Achat de six lot de terre ayant front sur la rue Viau
Prix de la vente : $2738.00

28 octobre 1907
Notaire : François George Crépeau
Vendeur : : Pierre Filion, épicier  de Montréal
Acquéreur : Joseph Adélard Duval,  bourgeois, résidant au 399 Notre Dame  Maisonneuve
Achat de quatre lots de terre sur la rue Adam

02 février 1914
Notaire : Adrien Lafontaine :
Vendeur : Joseph Adélard Duval,  bourgeois résidant au 135 1er Ave ( Viau )
Acquéreur : Trefflé Bleau, bourgeois résidant au 75 rue Adam
Achat d’une maison répartie sur quatre lots contenant onze logements sur la rue Adam et deux logements sur la 1er Ave, ( Viau )
Prix de la vente : $24000.00

11 juillet 1914
Notaire : Adrien Lafontaine 
Donateur : Trefflé Bleau, bourgeois résidant au 75 rue Adam
Donataire : son fils : Alfred Bleau fils majeur résidant au 75 rue Adam
Donation des maisons sur la rue Adam coin 1er Ave mais il se garde le terrain arrière  ayant front sur la 1er Ave, pour y bâtir une maison
La somme de : $10000.00 payable en dix ans à partir du mois d’août prochain(1914 )sera versée au donateur ( Trefflé Bleau )
Il est stipulé que le dit donataire n’aura pas le droit d’hypothéquer l’immeuble du vivant du donateur, à moins d’avoir obtenu le consentement par écrit de lui.


Trefflé Bleau est plus connu en tant que maire de la ville de Maisonneuve, ce qu'il fut pendant trois mandats 1896-1897, 1901-1905 & 1907-1909 que comme boucher, qui fût pourtant  son métier de toujours.

Ce beau Cottage est la troisième et dernière résidence que Trefflé Bleau se fit construire car il devait décéder sept ans plus tard.  Le  Docteur Tancrède Desgrosbois qui pratiqua la médecine pendant des décennies à Maisonneuve, la racheta en 1921 de la succession de Trefflé Bleau. Auparavant, ce médecin habitait depuis plusieurs années sur la rue Letourneux au nord de la rue Notre Dame, dans un logement qu’il louait à Joseph Quévillon.

si l'on se fie à la chaîne de  titres, Trefflé Bleau fît l'acquisition du groupe de maisons sur la rue Adam au coin de la rue Viau, puis quelques mois plus tard il donna ses maisons à son fils mais conserva la partie arrière des terrains pour faire construire cette maison.

Il vendit sa résidence de la rue Adam en janvier tout en se gardant la possibilité d’y résider encore quelques mois. Peut-être attendait-il la fin des travaux pour déménager dans cette maison-ci ? Les travaux d’excavation débutèrent très tôt au début de l’année.

À l’origine la rue Viau était moins achalandée qu’elle ne l'est aujourd’hui, et ses trottoirs étaient beaucoup plus larges aussi. Ce n’était peut-être pas la rue la plus bourgeoise de Viauville mais elle était certainement très agréable à y vivre. 

Cette maison impressionne surtout par sa devanture en pierre de couleur chamois importée du Nouveau Brunswick . Généralement une telle pierre était utilisée pour les édifices institutionnels où  commerciaux mais rarement pour les édifices résidentiels .
La maison est par ailleurs constituée de deux travées bien distingues : Celle de droite avec son oriel ( a ) et celle de gauche beaucoup plus intéressante avec le porche et le balcon de l’étage. 

Commençons par la partie de gauche. De larges marches de pierre calcaire mènent directement au portique qui s'ouvre sur deux hautes portes. Deux magnifiques colonnes ( b ) supportent une arche à anse de panier ( c )  Habituellement c’est le chapiteau qui est la partie la plus décorative de la colonne mais pas dans ce cas-ci ou c'est plutôt le fût ( d )  monolithique taillé dans le granite rose en contraste avec la pierre chamois  de la  façade qui attire notre attention. D'ailleurs, le jeu des contrastes des  couleurs était autrefois plus impressionnant car toutes les fenêtres étaient ornées de vitraux ( e ) et leur cadrage de bois reprenait la couleur des colonnes, ce qui n'est plus le cas présentement puisque et les fenêtres et la porte de l'étage ont été remplacées..

La partie de droite, quant à elle, comporte un oriel montant sur toute la façade. La corniche ( f ) qui couronnait la maison à l'origine avait un parapet ( g ) qui prolongeait cette travée et donnait plus d’importance à cette partie de la façade.  La photographie modifiée ci-dessous nous montre à quoi pouvait ressembler la maison lors de sa construction.

La maison avec ses vitraux et sa corniche
La maison avec ses vitraux et sa corniche

a- Oriel : ouvrage vitré en général en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans surface.(généralement confondu avec le « Bay- window ».

b- Colonne : support vertical constitué d’un fût de section circulaire et généralement d’une base et d’un chapiteau.

c- Arc en anse de panier : arc dont la courbe surbaissé a la forme d’une demi- ellipse.

d- Fût : tige d’une colonne entre la base et le chapiteau.

e- Vitrail : panneau constitué de morceaux de verre colorés, assemblé pour former une décoration.

fCorniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

g- Parapet : mur plein à hauteur d’appui, formant garde-fou.