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Édouard Charles St Père 1435-1451
Édouard Charles St Père 1435-1451
 

Maison : Édouard Charles St- Père  1912
1435 -1451 rue Viau

La chaîne des titres :

14 juin 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur :  Charles Théodore Viau
Acquéreur : Dame Marguerite Renaud, épouse de Jules Aimé Maucatel, député
Achat de lots de terre

14 juin 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Charles Théodore Viau, manufacturier, résidant à Longue Pointe
Acquéreur :  Jules Aimé Maucatel, député
Achat de lots de terre

25 janvier 1907
Notaire : René Leroux
Vendeur :  Jules Aimé Maucatel, député du comté d’Hochelaga, & Dame Marguerite Renaud
Acquéreurs : Eugène Bernier & Marcel Lemieux, tous deux bourgeois
Achat de dix lots de terre dont certains à Longue Pointe
Prix de la vente : 4 180,00 $

04 mars 1907
Notaire : François George Crépeau
Vendeurs : Eugène Bernier & Marcel Lemieux, tous deux bourgeois
Eugène Bernier réside au 62 rue Lafontaine angle St Clément  et Marcel Lemieux sur la rue Ste Élisabeth à Montréal 
Acquéreur : Pierre Filion, épicier, 1576 rue Ste Catherine près de la rue Moreau
Achat de six lots de terre ayant front sur la rue Viau
Prix de la vente : 2 738,00 $

08 juillet 1912
Notaire : Raoul Dumouchel
Vendeur : Pierre Filion, épicier de Montréal
Acquéreur : Édouard Charles St-Père, journaliste, résidant au 2115 rue Ontario
Achat de trois  lots de terre
(Il est précisé qu’il  fait actuellement construire sur ces lots).


En 1898, le député fédéral du compté d’Hochelaga, J.A. Maucatel, et son épouse achètent beaucoup de terrains  au sud de la rue Ontario entre les rues Viau et Vimont. Ces terrains n’étaient  à l’époque  qu’un  simple champ cultivé avec probablement  quelques vaches qui broutaient ici et là. Aucune rue n’était  ouverte et l’église St-Clément n’était pas encore sortie de terre. Dans  ce paysage bucolique, il fallait avoir  un grand sens  des affaires puisqu’en 1906 la biscuiterie Viau  emménagea tout juste au nord sur la rue Ontario entraînant une accélération rapide du   développement immobilier. Ce n’est  qu’à  partir de ce moment que les lots de terre, achetés par le couple Maucatel,  commencèrent à prendre véritablement de la valeur.

Édouard Charles St-Père, journaliste sportif au journal « le Canadien », était le fils d’un quincaillier du quartier d’Hochelaga. Quand il acheta ces terrains, il vivait toujours chez ses parents au-dessus de la quincaillerie sur la rue Ontario, non loin de la rue Davidson. Il est stipulé dans l’acte notarié  de 1912 qu’il fait construire deux maisons. Peut-être a-t-il changé d’idée très rapidement car ce n’est pas deux mais trois résidences qu’il fait ériger sur ses trois  lots de terre.

À l’extrême droite en haut nous apercevons Édouard Charles avec  l’équipe de crosse Mascotte d’Hochelaga
À l’extrême droite en haut nous apercevons Édouard Charles avec  l’équipe de crosse Mascotte d’Hochelaga .
Photographie prise vers 1910
Archive BNQ

Il est intéressant de constater  que ces trois maisons malgré leurs similitudes ne sont pas totalement  identiques. La grande différence se situe au niveau des oriels (a). Sur la maison de droite, l’oriel se dresse sur les trois étages, sur celle du centre aucun avant-corps ne vient perturber l’alignement de la façade, quant à celle  de gauche, nous voyons que c’est  uniquement  le rez-de-chaussée occupé par le propriétaire,  qui possède un oriel.

L’escalier droit en bois qui mène aux étages  de la maison centrale est l’un des trop rares témoins que nous pouvons admirer de nos jours. Il faut surtout noter les supports en fonte qui soutiennent la main courante. Jadis, ces supports étaient très répandus dans tout Montréal. Aujourd’hui, nous n’en retrouvons que quelques rares exemples dans la ville dont seulement trois dans Maisonneuve.

Support de fonte et limon de bois de l’escalier
Support de fonte et limon de bois de l’escalier

Un autre élément qui égaie les façades : les loggias (b) qui abritent les portes des appartements des étages. Il faut remarquer  le détail  des pierres impostes qui supportent leur linteau (c); c’est un  détail que nous  retrouvons fréquemment dans le quartier   sur des maisons semblables. 

Pour une raison que j’ignore, les trois corniches (d) sont différentes. On peut se demander si c’est simplement  le fait qu’elles aient été entretenues différemment et qu’au fil des années, certains de leurs éléments ont disparu, mais il me semble que ce ne soit pas le cas.  Sur la corniche de droite  nous apercevons une rangée de denticules (e), celle du centre est garnie de modillons (f), quant à celle de gauche, seules quelques rosettes (g) ornent la frise.  

Le fait d’avoir construit trois maisons semblables mais non identiques est rarissime puisqu’il était beaucoup plus facile et moins onéreux de les bâtir toutes pareilles. 

a- Oriel : ouvrage vitré en générale en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface.(généralement confondu avec le Bow- window ).

b- Loggia : enfoncement formant un balcon couvert.

c- Linteau : pièce horizontale fermant la partie supérieure d’une porte, d’une fenêtre et soutenant la maçonnerie.

d- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

e- Denticule : ornement décoratif en forme de dent que l’on retrouve généralement dans la corniche.

f- Modillon : ornement en forme de console renversée, placée sous la saillie d’une corniche; ornement saillant répété de proche en proche sous la corniche, comme s’il la soutenait.

g- Rosette : ornement circulaire, en forme de rose.