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Charles Arcand 1654-1658
Charles Arcand 1654-1658
 

Maison : Charles Arcand  1909
1654-1658 rue Théodore
Entrepreneur en construction : Joséphat  Sicotte

14 juin 1904
Notaire : René Leroux
Vendeur : succession Charles T. Viau
Acquéreur : Joseph Hector Laurier, typographe, résidant à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre

19 mars 1907
Notaire : René Leroux
Vendeur: Joseph Hector Laurier, typographe, résidant à Maisonneuve
Acquéreur : Victor Joseph Mongeau, chef de gare  compagnie du « Grand Tronc »
Représenté par son frère George Joseph Mongeau, comptable à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : 450,00 $

15 septembre 1908
Notaire : Romulus Lavallière
Vendeur : Victor Joseph Mongeau,  commerçant de charbon et entrepreneur de  pompes funèbres, résidant dans la ville de  St-Hyacinte
Acquéreur : Joséphat Sicotte, menuisier, résidant au 86 rue Théodore
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : 700,00 $

20 octobre 1911
Notaire : Joseph Manseau
Vendeur : Joséphat Sicotte, menuisier, résidant au 154 rue Théodore
Acquéreur : Charles Arcand, agent de gare, résidant au 352 rue Dufresne 
Achat d’une maison de trois étages
Prix de la vente : 5 400,00 $


Joséphat Sicotte ne fut pas un entrepreneur très important à Maisonneuve mais on lui doit  quand même une dizaine de maisons déjà répertoriées sur le territoire.  Pour une raison qui m’échappe encore, il construisit  deux maisons fort différentes l’une à côté de l’autre. À l’époque, la majorité des entrepreneurs  préférait construire deux maisons identiques  par souci d’économie, de temps et de matériaux.
 Ici, quand nous regardons les deux résidences, rien ne peut nous dire qu’elles ont été construites au même moment et par le même entrepreneur/propriétaire. Nous pourrions croire, en outre,  qu’il ait tout simplement favorisé la construction de sa propre résidence, mais ce n’est pas le cas. Pendant la courte période où il fût propriétaire, il résida dans la maison voisine, moins accrocheuse à l’œil.

Ce sont les deux dernières maisons bâties dans cette portion de la rue. Tout comme le stipulait le règlement d’urbanisme d’alors sur le territoire de Viauville, la façade est lambrissée de pierre et la maison construite à une distance de plus de dix pieds (3 mètres) du trottoir.

Ce qui attire premièrement notre attention, c’est  l’imposante  galerie  en bois  soutenue par de magnifiques  colonnes (a) toscanes. À souligner la  forme très particulière : elles sont un peu trapues et également ventrues ce qui est  tout à fait inhabituel,  non seulement dans le quartier, mais aussi à Montréal. Les piédestaux, sur lesquels elles s’appuient,  ne manquent pas d’intérêt,  tout comme la rampe munie d’une large main courante.  

Au-dessus des colonnes et sous la large  ceinture des balcons, nous retrouvons un peu en retrait un petit entablement (b) composé d’une corniche (c) entrecoupée par de  petites consoles, (d) et d’ une frise  architravée (e).

Il est surprenant de voir  que la porte du rez-de-chaussée ne soit pas plus imposante, étant donnée la noblesse que dégage l’ensemble.

Tout en haut de  la maison, nous retrouvons une simple corniche en fer blanc  comme il s’en faisait à grande échelle, au début du XXe siècle. 

De toutes les maisons que je connais,  construites par Joséphat Sicotte, c’est celle qui est la plus réussie et la mieux entretenue. L’excellent  choix de  couleur de la galerie  y est peut-être pour quelque chose puisque  trop souvent les propriétaires  peignent les boiseries uniquement  en blanc.

a- Colonne : support vertical constitué d’un fût de section circulaire et généralement d’une base et d’un chapiteau

b- Entablement : ensemble horizontal supporté directement sur des colonnes  comprenant les parties 

c- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un plafond

d- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge (réelle ou figurée)

e- Architrave : partie inférieure de l’entablement qui porte directement sur les chapiteaux des colonnes