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Alphonse Gratton 1620-1628
Alphonse Gratton 1620-1628
 

Maison : Alphonse Gratton : 1906

1620-1628 rue Théodore

Chaînage des titres :

12 juillet 1886
Notaire : Onésime Marin
Vendeurs : J.E.A. Bruyère & F.A. Bruyère
Acquéreur : Charles Théodore Viau, manufacturier, résidant à Longue Pointe
Achat de la ferme Bruyère

 

08 novembre 1905
Notaire : René Leroux
Vendeur : Succession Charles Théodore Viau
Acquéreur : Alphonse Gratton, entrepreneur, briquetier, résidant au 21 4e ave ( Leclaire )
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $850.00

12 mars 1907
Notaire : J.R. François Beaudry
Prêteur : Joseph Trudel,  entrepreneur, menuisier
Emprunteur : Alphonse Gratton, entrepreneur, briquetier, de Viauville
La somme de : $4000.00 à  5 ½  %
Donne en garantis cette maison

10 mai 1913
Notaire : Camille Perrault
Vendeur : Alphonse Gratton, entrepreneur, briquetier, de Viauville
Acquéreur : Napoléon Béchard, cultivateur résidant à Longue Pointe
Achat d’une maison
Prix de la vente : $12.000.00

 

Alphonse Gratton fût en son temps un entrepreneur très important même s'il a peu construit de résidence sauf pour lui-même. En 1901 il aménage dans un appartement tout neuf que venait de se faire bâtir Joseph Dussault au coin des rues Lasalle et Adam ( voir : rue Lasalle, maison Joseph Dussault ). Par la suite il emménage dans un autre logement tout neuf celui-ci bâti par Joseph Trudel sur la 4e ave. ( Leclaire ) au sud de la rue Ste Catherine. C’est d'ailleurs à  ce même Joseph. Trudel qu’il emprunte de l’argent pour construire cette maison, preuve que la rivalité entre les deux entrepreneurs ne devait pas être si grande, mais il est vrai qu’Alphonse Gratton ne bâtissait que des bâtiments publics contrairement à Joseph Trudel. De ses réalisations dans Maisonneuve nous pouvons admirer entre autres : l’Académie Ste-Émilie, l’école St-Clément, l’Hospice de la providence tous dessinés par l’architecte Charles Aimé Reeves.

Écoles de Maisonneuve
Écoles de Maisonneuve
Photographe : Harry Richards 1910
Collection : A.H.H.M.

Le terrain  qu’il acheta pour construire cette grande maison à multiples logements était bien choisi. Situé face à l’Académie Ste-Émilie et  tout près de l’église paroissiale, l’endroit était idéal. Déjà quelques belles propriétés étaient bâties dans le secteur notamment sur la rue Adam . L’un des ses anciens voisins de la rue Leclaire avait déjà  fait construire la maison voisine de gauche ( voir :rue Théodore, maison Paul Lamoureux ).

A comparer avec la photographe prise en 1910, il est facile de constater que la maison était beaucoup plus resplendissante à l'époque qu'elle ne l'est aujourd'hui.

Maison : Alphonse Gratton
Maison : Alphonse Gratton
Photographe : Harry  Richards 1910
Collection: A.H.H.M.

Ce bâtiment se distingue notamment par sa parfaite symétrie : L’entrée du rez-de-chaussée placée bien au centre de la façade était jadis garnis d’un perron de bois tourné mécaniquement et surmonté d’un petit fronton ( a ); les balcons de chaque côté étaient eux aussi fait de bois; ceux du dernier étage étaient supportés par de grandes consoles ( b ) ouvragées. La disparition de ces ouvrages en bois  pour les remplacer entre autre par des rampes en fer contribue malheureusement à rendre invisible ces saillis ( c  ). Le résultat étant que la façade perd de son charme et devient plus quelconque. 

Exemple de console qui soutenait les balcons du dernier étage
Exemple de console qui soutenait les balcons du dernier étage

Que dire du recouvrement des deux avant-corps en vinyle blanc! Jadis en pierre de taille lisse, elles répondaient aux chaînages des ouvertures et aux bandeaux qui courent sur cette façade.

Heureusement l’entablement  ( d ) en fer blanc, munie d’une frise ( e ) en caisson et d’une corniche ( e ) supportée par des consoles est toujours existante même si les deux longs mâts qui les couronnaient, eux, ont disparu.

Ce fut l’une des premières maisons à posséder des escaliers en fer, généralement les maisons avaient des escaliers droit en bois. Situés à chaque extrémité de la maison ils contribuent avec leur contorsion tout en courbe et contre-courbe à la symétrie des lieux.

a- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’en partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche obliques, ou d’ une corniche courbe, se raccordant à la corniche de  l’entablement.

b- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porté une charge (réelle ou figurée).

c- Saillie : partie qui avance : ex : balcon, porche,console, corniche etc.

d- Entablement : ensemble horizontal supporté directement sur des colonnes comprenant les parties  suivantes  : architrave, frise et corniche.

e- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.