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Camille L’heureux 4780-4790
Camille L’heureux 4780-4790
 

Maison : Camille L’Heureux  1904
Architecte : Charles Aimé Reeves
Entrepreneur en construction : Walter Reed

Chaînage de titre :

29 mars 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Succession Charles Théodore Viau
Acquéreur : Joseph Trudel,  entrepreneur
Achat de plusieurs lots de terre

11 juin 1900
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Joseph Trudel,  entrepreneur
Acquéreur : Toussaint. Legault  dit Deslauriers, entrepreneur
Achat de quelques lots de terre sans bâtiment

13 novembre 1903
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : : Toussaint. Legault  dit Deslauriers
Acquéreur : Adolphe Désilets, avocat domicilié au # 2 Desjardins Maisonneuve
Achat de quelques lots de terre sans bâtiment

10 mai 1904
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : : Adolphe Désilet, avocat domicilié à Montréal
Acquéreur : Camille L’Heureux, marchand & tailleur, domicilié à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $600.00

21 juin 1904
Permis est accordé à : Walter Reed de bâtir

14 août 1906
Notaire : M. Alcide Rivest
Vendeur : : Camille L’Heureux, marchand & tailleur, domicilié à Viauville
Acquéreur : Dame Irénée Martin, épouse de  Désiré L.Desbois,  avocat, tous deux domiciliés au 860 de la rue St Hubert à Montréal
Achat d’une Maison de bois lambrissée de pierre et de brique
Prix de la vente : $4850.00

Bien que ce soit la plus ancienne résidence de Camille L’Heureux existante à Maisonneuve, elle n'est cependant pas la première qu'il se soit fait construire.  La toute première maison qu’il acheta à Maisonneuve fût en 1897 ( voir : rue Letourneux maison Félix Dansereau ). À cette époque il résidait  sur la rue Notre-Dame à l’angle Nord Est de la rue Bonsecours et son commerce était situé sur la même rue mais un peu plus à l’est. C’est en 1900 que l’architecte Charles Aimé Reeves lui proposa de bâtir en même temps leur maison respective côte à côte. Le permis fût émis le 7 juillet 1900 . Camille L’Heureux se fît ainsi bâtir une maison de trois étages avec deux commerces au rez-de-chaussée. Il résidait alors dans un grand appartement au dernier étage et son adresse  se trouvait sur la rue Letourneux. Bien qu’il déménageat dans Maisonneuve, il garda  pendant quelque temps son commerce dans le Vieux Montréal et ce n'est qu'en 1902 qu’il ouvrit son nouveau commerce sur la rue Ste Catherine près de la rue Lasalle.

Maison Camille L’Heureux Notre-Dame coin Letourneux Photographe & Archive : Jean Paul Savard
Maison Camille L’Heureux Notre-Dame coin Letourneux

Photographe & Archive : Jean Paul Savard

Charles A. Reeves lui se fît bâtir sa première résidence en arrière de celle de Camille L’Heureux sur la rue Letourneux. C’était une maison à deux étages dont le rez-de-chaussée fut longtemps occupé par un club de billard et par la suite converti en bureau de poste.

Fait à noter L’architecte pendant les travaux de construction des deux maisons louait un appartement chez Camille L’Heureux ( maison Félix Dansereau ) . Ceci devait être pratique pour surveiller les ouvriers.

C’est certainement Charles Aimé Reeves qui lui proposa à nouveau une nouvelle maison, laquelle fût reproduite dans la même année en six exemplaires. Uniquement dans Viauville l’entrepreneur en construction Walter Reed bâtit les Maisons : Azarie Messier & Robert Fraser sur la rue Leclaire, la Maison Délima Bissonette sur la rue St Clément et celle ci sur la rue Théodore  Nous pouvons voir aussi sur la rue Letourneux la maison Ubald Beauchamp construite la même année par l’entrepreneur Tétreault  et ce qu'il reste d’une maison semblable bâtie aussi par Walter Reed sur la rue Bourbonière.

Bien que Camille L’Heureux vendît sa maison en 1906 il resta locataire dans le même logement encore pendant près de deux ans . C’est en 1908 qu’il déménageat de nouveau dans une autre propriété dessinée par le même architecte. ( voir rue Adam maison Camille L’Heureux ).

#2

Rue Théodore au printemps 1906
Archive photographique Notman
Musée McCord d’Histoire canadienne

Sur la photographie prise en 1906, la maison apparaît à l'extrémité droite. C’est l’une des trop rares photographies à nous montrer le travail de l’escalier et des balcons qui à l’origine étaient en bois tourné.

Première constatation, l’escalier large et droit montait directement devant les deux portes du premier étage sans avoir de balcon; les deux rampes de l’escalier étaient supportées par des éléments en fonte de fer.

Le balcon du dernier étage était supporté par quatre grandes consoles ( a ) elles aussi en bois. Malheureusement aucune de ces maisons n'a conservé ces éléments pourtant fort intéressants. Admirez le détail élaboré des rampes dont les barreaux regroupés et surmontés de petites arches  formaient une arcature bien élaborée.

Le travail soigné  de la pierre surtout entre les fenêtres des étages est caractéristique de l’architecte. Sur cette maison il a utilisé une pierre de  bossage bien carrée qui rompt avec la monotonie de la forme rectangulaire. Dans d’autres maisons cette pierre carrée est  bouchardée ( b ) ou polychrome comme la maison Robert Frazer 1904 de  la rue Leclaire.

Le léger avant-corps ( c ) latéral se termine en pignon dont le décor sculpté dans la pierre nous laisse apparaître un motif éventail. Ce motif était au début de vingtième siècle très en vogue et Reeves l'a beaucoup utilisé dans ses réalisations.

Nous pouvons admirer aussi sa corniche et ses lucarnes ( d ) qui jadis se terminaient par des fleurons ( e ) et de longs mats . L’architecte avait l’habitude de terminer comme ici la toiture par  de nombreuses puises ( f ) aux formes bulbeuse d’inspiration byzantine.

Il y a très visiblement un chevauchement sur la maison de gauche, c'est peut-être Joseph Trudel qui en bâtissant la maison ( Charles Jouvet ) a empiété sur ce terrain. Je crois, pour ma part, que c’est Walter Reed qui n’ayant pas assez d’espace pour construire ce type de maison qui, rappelons-le, se bâtissait à plusieurs exemplaires en même temps,  aura par soucis d’élégance et de symétrie fait empiéter  le brisis ( g )  au dessus de sa voisine plutôt que d’amputer une partie de la maison.

a- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge(réelle ou figurée)
b- Boucharde : marteau de tailleur de pierre avec deux têtes dotées de pointes de diamant. Bouchardé : travaillé à la boucharde
c- Avant-corps : partie d’un bâtiment, en avancée sur l’alignement de la façade, correspondant ou non à un corps de bâtiment distinct.
d- Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment.
e- Fleuron : ornement en forme de fleurs ou de bouquets de feuilles stylisées; ornement sculpté qui couronne un galbe, un pignon.
f- Puise : mot féminin, ornement décoratif en forme de flèche, vase, bulbe, bouteille, se trouvant au dessus de la corniche pour donner un aspect théâtral au bâtiment. 
g- Brisis : versant inférieur d’un toit souvent recouvert de tuiles d’ardoise.