Précédent

Retour
Suivant
Gertrude Moore 538-548
Gertrude Moore 538-548
 

Maison : Gertrude Moore  1906
538-548  rue Théodore

La chaîne de titres :

29 mars 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Charles Théodore Viau, fabriquant de biscuit, résidant à Longue-Pointe
Acquéreur : Joseph Trudel,  entrepreneur  charpentier de Montréal
Achat de quelques lots de terre

21 décembre 1905
Notaire : Pierre C. Lacasse
Vente publique de deux lots de terre
Acquéreur : Thomas Adolphe Durand
Prix de la vente : $446.00

02 avril 1906  date du dépôt de l’acte non de la signature.
Notaire : Pierre C. Lacasse
Vendeurs : Joseph Mousseau,  comptable, agissant comme curateur de feu : T. Adolphe Durand
Sont présents : - Louis Joseph Durand,  restaurateur  de Montréal
                        -François-Xavier Durand,   Charretier  de Montréal
                        -John Durand, marchand de Montréal
                        -Thomas Adolphe Durand fils ,  marchand de Montréal
                        -Charles A. Durand , boulanger  dans la ville de Boston , Massachusetts
Acquéreur : Thomas A. Durand fils , marchand de Montréal
Acquiert la moitié indivise  des terrains de feu son père Henri Adolphe Durant

28 mars 1907  date du dépôt de l’acte non de la signature
Notaire : Pierre C. Lacasse
Vendeur : Joseph G. Mouseau, comptable curateur de feu Marie-Jeanne Durand , épouse en son vivant de Georges Amédée Henri Favreau.  « Dame Marie-Jeanne Durand étant décédé le 21 septembre 1904 ab intestat laisse seul héritier légal feu Henri Adolphe Durand , son Père.
Acquéreur : Thomas Adolphe Durand
Acquiert l’autre moitié indivise  des terrains

02 mars 1906
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Thomas Adolphe Durand , marchand  de Montréal
Acquéreur : Dame Gertrude Moore, épouse de Tancrède Trudel, marchand  de fourrure
Prix de la vente : $1000.00

11 avril 1906
Permis est accordé à Mme. Gertrude Moore de bâtir sur ses lots de terre


Cette maison fut l’avant-dernière à être érigée dans cette partie de la rue, toutes les autres ayant été construites entre les années 1898 & 1904.  En regardant la chaîne de titres, il est facile de comprendre pourquoi ces terrains n’ont pas été vendus plus rapidement : il fut probablement ardu de refaire la recomposition des lots de terre suite au partage par moitié indivise entre les membres de la famille Durand.

Gertrude Moore et son époux  Tancrède Trudel résidaient auparavant dans l’un des quatre cottages de l’autre côté de la rue, et tous deux connaissaient donc bien les quatre  terrains encore disponibles .à cette époque. Monsieur Trudel possédait une boutique de chapeaux et d’articles de fourrures « TRUDEL & GRAHAM » située sur la rue Bleury près de l’actuel Boulevard René Lévesque. Si je désigne Gertrude et non Tancrède son époux, comme propriétaire légitime de cette maison, c'est qu’il n'a signé ni les documents d’achat des terrains, ni même le permis de construction. C'est donc bien à elle que revient la seule paternité de cette propriété.

Cette maison de six logements n’a pas beaucoup changé au fil des ans. La période  Édouardienne  est facilement reconnaissable par la sobriété et le dépouillement  d’ ornementation fantaisiste. A noter que sur cette façade les deux parties ne sont pas disposées de façon «miroir »mais construites de la même façon, l'une à côté de l’autre, comme si elles devaient être reproduites à plusieurs exemplaires. 

Le plus remarquable sur cette façade ce sont évidemment les deux oriels ( a ) en saillie  qui  ponctuent la façade. Ils sont magnifiquement  coiffés et couronnés de puises ( b ) en forme de pomme de pin uniques dans le quartier.

Voici une photographie prise en 1971
Voici une photographie prise en 1971, nous pouvons constater que cette maison n’a pas beaucoup changer.

Photographie gracieuseté de M. Jean Paul Savard

Les deux escaliers courbés en fer ne sont pas d’origine même s'ils sont anciens. A l’époque, deux larges escaliers droits  en bois montaient directement au seuil des portes d’entrées des étages et ce sans balcons. 

Il est fâcheux que les boiseries et les ornements du côté gauche ne soient pas de la même couleur que ceux de la  partie de droite, ceci ayant pour effet de scinder inutilement l’harmonie de la façade.

a- Oriel : ouvrage vitré en général en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface.(généralement confondue avec le »Bay- window ».

b- Puise : mot féminin, ornement  décoratif en forme de flèche, vase, bulbe, bouteille, etc. se trouvant au dessus de la corniche pour donner un aspect théâtral au bâtiment . Aussi appelée « Puise d’énergie ».