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Henri Marineau 1451-1461
Henri Marineau 1451-1461
 

Maison Henri Marineau 1903 & 1906
1451-1461 rue St Clément

20 avril 1903
Notaire René Leroux
Vendeur :Succession Charles Théodore  Viau
Acquéreur : Henri Marineau,  entrepreneur plâtrier, résidant à  Montréal
Achat d’un lot de terre
Prix de la vente : 505,00 $ intérêts compris
«Le vendeur déclare qu’il a déjà fait cinq paiements sur les cinquante-six à faire ultérieurement ».

12 octobre 1903
Permis est accordé à :  Henri Marineau de bâtir sur le lot de terre

08 septembre  1905
Notaire René Leroux
Vendeur : Succession Charles Théodore  Viau
Acquéreur : Henri Marineau,  entrepreneur plâtrier, résidant à  Montréal
Achat du lot de terre voisin
Prix de la vente : 600,00 $

05 juillet 1907
Notaire : Joseph Émile Lachapelle
Obligation entre : Henri Marineau  &  Frédéric Lefils, médecin, 1293 Ste Catherine est
Pour la somme de 1000,00 $
« Il existe trois autres obligations de ce genre après  cette date »


Mes recherches  pour savoir où résidait Henri Marineau au début du XXe siècle sont restées infructueuses. Nous savons qu’il était, au tout début du siècle,  plâtrier et que par la suite, il devint  rapidement entrepreneur en construction. Ce n’est qu’en 1910 et pas avant, qu’il semble habiter  Viauville. Cette année-là, il construisit trois maisons sur la rue Viau à l’angle nord / ouest de la rue Ste Catherine dont les adresses sont : 1420-22, 1424-26 & 1432-34. Il demeura  au 1420 pendant plusieurs années.  De ses autres réalisations nous pouvons mentionner la série de maisons  qu’il construisit en 1913,sur la rue St-Clément entre les rues Lafontaine & Ontario allant des numéros 1856 à 1902.

À regarder cette maison-ci, nous pourrions facilement  croire que le tout fût bâti en un seul temps mais ce n’est pas le cas!  La partie de gauche est un peu plus ancienne que celle de droite. Comme nous pouvons voir dans la chaîne de titres, le permis de construire fut émis le 12 octobre 1903 pour la partie de gauche.  Pour la partie de droite, le permis n’a pas été retrouvé mais  la présence de locataires à ces adresses nous laisse  penser que c’est à la fin de l’année 1906 qu’elle fût bâtie. Il faut avouer que l’on a essayé d’harmoniser le plus possible les deux parties  sans pouvoir y réussir parfaitement.  Il semble bien que l’entrepreneur ait eu de la difficulté à trouver les mêmes éléments décoratifs présents sur la première construction.

Si nous regardons les  deux  portes d’origine encore en place, nous nous apercevons qu’elles sont semblables sans être  identiques. Il en est de-même pour les consoles (a) qui supportent les balcons du 2e étage. Le modèle  de gauche est  beaucoup plus modeste que celui de droite.  Les trumeaux (b) qui séparent les portes de l’étage sont aussi différents.

Par contre, la pierre de la façade semble provenir de la même carrière et s’harmonise parfaitement à la partie la plus ancienne. Le chaînage harpé (c) qui joint les deux unités, très visible au rez-de-chaussée  et au dernier étage, a été cependant remodelé au premier étage.

La corniche (d) en fer blanc est l’élément le plus réussi;  il est même difficile de voir quelle est la partie  la  plus ancienne. Le motif à  créneaux & merlons  est très inusité dans le quartier. Pour obtenir une telle harmonisation, le ferblantier a déplacé la puise (e) de droite sur la nouvelle partie de la maison.

Le balcon du 1er étage n’est pas d’origine. Jadis, un large escalier en bois menait directement au seuil des portes.

Henri Marineau  s’est donné beaucoup de mal pour donner à sa maison  une belle harmonie;  il n’en est pas de même pour les différents propriétaires qui lui ont succédé. Aujourd’hui, à titre d’exemple, si nous regardons les différentes ouvertures de la façade, nous constatons qu’il n’y a pas trois portes,  ni fenêtres pareilles.

a- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porté une charge (réelle ou figurée).

b- Trumeau : pan de mur entre deux  fenêtres, ou portes.

c- Chaînage harpée : chaîne de pierres d’attente en saillie, servant au raccord d’une construction voisine.

d- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

e- Puise : mot féminin, ornement  décoratif en forme de flèche, vase bulbe, bouteille, etc.  se trouvant au dessus de la corniche pour donner un aspect théâtral au bâtiment . Aussi appelé « Puise d’énergie ».