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Théophile Leclaire 1445-1447
Théophile Leclaire 1445-1447
 

Maison Théophile Leclaire, 1904
1445 -1447 rue St-Clément

La chaîne de Titres

12 juillet 1886
Notaire : O. Marin
Vendeurs : R. F.A. Bruyère & J.E.A. Bruyère
Acquéreur : Charles Théodore Viau, manufacturier
Achat de la ferme Bruyère
Prix de la vente : 60 000,00 $
LINTEAU  Paul André  MAISONNEUVE  Comment des promoteurs fabriquent une ville
Boréal Express    1981    280 pages     971.428    L761ma   1981

21 juin 1904
Notaire : Valmore Lamarche
Vendeur : succession Charles Théodore  Viau
Acquéreur : Théophile Leclaire, entrepreneur plâtrier
Achat d’un lot de terre
Prix de la vente : 550,00 $

02 août 1904
Permis est accordé à Théophile Leclaire de bâtir

14 février 1912
Notaire : Camille Duquel
Vendeur : Théophile Leclaire, entrepreneur en construction
Acquéreur : Philias Larivière, négociant à Montréal

Achat de huit  terrains avec quatre  maisons

Prix de la vente : 15 800,00 $

13 février 1914
Notaire : Camille Paquet
Vendeur : Philias Larivière, négociant de Montréal
Acquéreur : Théophile Leclair, entrepreneur en construction
Achat de six terrains avec trois maisons
Prix de la vente : 20 000,00 $

22 janvier 1923
Notaire : Camille Paquet
Testament de Théophile Leclaire, domicilié dans la paroisse de St François de Sales compté de Laval,  en faveur de son épouse Angélina  Gariépy

22 janvier 1923
Notaires : Camille Paquette & J. Oscar Larose
Testament de Angélina Gariépy,  épouse de Théophile Leclaire
En faveur de ses deux  enfants

09 mai 1931
Décès de Théophile Leclaire

24 mars 1937
Décès de Dame Angélina Gariépy épouse en son vivant de Théophile Leclaire

19 décembre 1941
Notaire : Émile Beauchemin
Partage des biens entre : Dame Antoinette Leclaire & Dame Irène Leclaire
Antoinette Leclaire garde la maison # 1445 -1447 St Clément
Irène Leclaire garde la maison #  1439 -1441 St Clément


Je ne sais pas si c’est  le fruit du hasard  mais Théophile Leclaire et son voisin de gauche, Henri Marineau, tous deux plâtriers, habitaient auparavant, tout près l’un de l’autre, dans le quartier Ste Marie. Sans doute se sont-ils transmis l’information quant à  l’opportunité qui s’offrait à eux d’acheter des terrains dans Maisonneuve  et d’y construire eux-mêmes  des maisons.  C’était peut-être la meilleure chose à faire pour ne pas rester un simple plâtrier toute sa vie.

À première vue nous pourrions penser que les deux duplex furent bâtis la même année, mais ce n’est pas le cas ! Si je n’avais mis la main sur les deux  permis de construction, j’aurais facilement fait cette erreur.

Il faut avouer que Théophile Leclaire a très bien travaillé pour rendre les deux façades identiques. Il est très difficile, voire quasi-impossible, de penser autrement n’eut été le chaînage harpé (a), liant les deux maisons, qui nous en donne la clé. En effet, si les deux maisons avaient été  construites en même temps, les petites  pierres de ce chaînage auraient été faites d’un seul morceau. Ici nous pouvons voir que les plus petites pierres sont en deux sections reliées par du mortier.

La plus grande  différence,  avec sa voisine, se situe  au niveau des fenêtres du rez-de-chaussée qui elles, n’ont jamais été  arquées.  Le choix d’une pierre calcaire de moindre qualité que celle de la maison précédente est une autre différence. Nous remarquons que cette pierre plus poreuse, s’effrite plus facilement aux intempéries. Un petit détail intéressant à peine perceptible :  le sculpteur n’a pas taillé le bandeau de l’allège des fenêtres du rez-de-chaussée de la même façon que celui de la voisine. Les portes  d’entrée sont d’origine, de même que le trumeau (b) qui les sépare. Le balcon était autrefois soutenu par deux consoles de bois qui malheureusement ont été remplacées par des montants en fer forgé. Il est dommage aussi  que sa corniche (c) de pierre ait disparu peut-être en même temps que le fronton (d) qui couronnait la maison.

a- Chaînage harpé : chaîne de pierres d’attente en saillie, servant au raccord d’une construction voisine

b- Trumeau : pan de mur entre deux  fenêtres, ou portes

c- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

d-  Fronton : couronnement d’un édifice ou d’une partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche obliques, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.