Précédent

Retour
Suivant
Ubald Beauchamp 4495-4499
Ubald Beauchamp 4495-4499
 

Ubald Beauchamp : 1928
4495-4499 rue Lafontaine

La Chaîne de titres :

01 septembre 1911
Notaire : Marie Gustave Écrément
Vendeur: Élisabeth Aird,  veuve de  William D. Bennett
Acquéreur : Joseph Édouard Forest,  épicier de Montréal
Achat de seize lots de terre
Prix de la vente : $15 777,45

22 février 1916
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeur : Joseph Édouard Forest,  épicier de Montréal
Acquéreur : Dame Marie Clara Blondin,  veuve M.G. Écrement
Achat de seize lots de terre
Prix de la vente : $15 777,45

31 novembre 1927
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeur : Henri Écrement, commis de Montréal, agissant en son nom et comme tuteur de ses trois sœurs mineures, Gustave Écrement, architecte,  Émile Écrement, manufacturier à Plattsburgh N.Y., Paul  et Alphonse Écrement, tous deux photographes de Montréal.
Acquéreur : Ubald Beauchamp, laitier de Montréal domicilié au 1836 Letourneux
Vente par enchère publique  le 07 novembre 1927
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $ 4 950,00

06 octobre 1938
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeur : Ubald Beauchamp, laitier de Montréal domicilié au 4495 rue Lafontaine
Acquéreur : Jean Baptiste Leclerc, garagiste
Achat d’une maison de trois logements  4495 - 4497 & 4499 rue Lafontaine

14 juillet 1945
Notaire; Paul Guillet
Vendeur : Jean Baptiste Leclerc, garagiste
Acquéreur : Dame Rita Corbeil, domiciliée au 4477 Lafontaine, épouse de René Sicard
Une maison portant les numéros civiques : 4495 - 4497 & 4499 Lafontaine
Prix de la vente : $15 000,00


Cette maison dissimulée derrière les arbres, fut la deuxième et dernière  maison qu’Ubald Beauchamp se fit bâtir à Maisonneuve (voir : rue Letourneux, maison Ubald Beauchamp.) Après la vente de celle-ci, il déménagea à nouveau sur la rue Letourneux comme locataire du notaire J.A. Couture (voir : rue Letourneux, Maison J.A. Couture)

Comme nous pouvons le voir dans la chaîne de titres, les terrains appartenaient à madame Marie Clara Blondin, la veuve du notaire Marie Gustave Écrément qui était mieux connu dans Maisonneuve comme secrétaire & trésorier de la Ville. La veuve Écrément avait acheté au préalable, d’Édouard Forest, seize  lots (terrains) sur la rue Lafontaine; ce qui lui permettait  sûrement une certaine tranquillité, n’ayant pas de voisins.
Les enfants de Clara Blondin vendirent aux enchères 2 lots de terre à Ubald Beauchamp qui fit construire cette maison et qu’il revendit par la suite à un garagiste du nom de Jean-Baptiste Leclerc.

Ce même Jean-Baptiste Leclerc revendit la dite maison à Rita Corbeil, épouse de  René Sicard ( de son vrai prénom Irénée) qui avait auparavant acquis la maison voisine, celle de Marie Clara Blondin. René Sicard était le fils aîné d’ Alfred  Sicard, celui-là même qui inventa la souffleuse à neige en modifiant une moissonneuse-batteuse  en 1895. Alfred Sicard avait élevé ses enfants dans une grande maison située tout près de là, sur la rue Lafontaine angle nord/est de la rue Bennett.

Cette maison du 4495–4497 & 4499 Lafontaine, parfaitement symétrique et aux proportions harmonieuses, se distingue de ses voisines. Elle a été solidement bâtie sur un soubassement élevé de près de deux  mètres. On accède  au rez-de-chaussée en gravissant quelques marches qui nous conduisent à un porche jadis soutenu par deux belles colonnes de bois. Une  porte insérée dans une ouverture archée accueille les visiteurs. Autrefois cette porte était en bois vernis et les vitres étaient biseautées.
À gauche de l’entrée,  se trouve un oriel (a)  et à droite un avant-corps vient faire symétrie. De grandes fenêtres percent cette façade pour y laisser entrer la lumière naturelle. Les  impostes (b) garnies   de vitraux (c) sont  aménagées dans des lancettes à arc plein cintre. Il est rare de nos jours, de voir encore des maisons ayant gardé leurs  fenêtres d’origine; bon nombre de propriétaires, au nom de la modernité et de l’efficacité énergétique, ont  massacré de telles œuvres. 

La brique striée brune, très commune à cette époque et dans cette rue, contribue à  intégrer  parfaitement cette maison au voisinage. Mais il faut porter une attention particulière à l’utilisation à profusion de la pierre artificielle. Rarement sur une maison de petite dimension, on aura utilisé autant de cet artifice pour enjoliver. Généralement, on se servait de cette pierre soit pour les allèges, soit pour les impostes ou encore pour la corniche. Ici, cet élément sert aussi à définir non seulement les différents registres mais aussi les différentes travées (d).

a- Oriel : ouvrage vitré en générale en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de    plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface. (généralement confondu avec le « Bow- window ».

b- Imposte : pierre en saillie moulurée couronnant le piédroit d’une arcade et supportant la retombée de l’arc.  Partie supérieur d’une fenêtre ou d’une porte (fenêtre mobile ou fixe au-dessus de la porte).

c- Vitrail : panneau constitué de morceaux de verre coloré, assemblés pour former une décoration,

d- Travée : espace compris entre deux points d’appui principaux d’un ouvrage de construction; partie verticale d’une élévation délimitée par des supports (colonnes, piliers)  consécutifs.