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Percy Bennett 4135
Percy Bennett 4135
 

Maison : Percy Bennett  Fin XIXe siècle
4135  rue Lafontaine

la chaîne de titres :

30 décembre 1890
Notaire : Louis Dumouchel
Vendeurs : Alphonse Desjardins &Joseph Jaques Alphonse Desjardins, prêtre Jésuite tuteur des enfants mineurs

Acquéreur : Dame Zaïde Paré épouse de Louis Édouard Desjardins

Vente de plusieurs  lots dont deux avec Cottage

Mai 1901
Notaire : Louis Dumouchel

Vendeur : Zaïde Paré épouse de Louis Édouard Desjardins, médecin

Acquéreur : Percy Bennett, pompier de la Ville de Maisonneuve
Achat d’un cottage de bois et de  brique # 33 de la rue Lafontaine
Prix de la vente : $1590,00

18 juin 1917
Notaire : Robert B. Hutcheson
Vendeurs : Percy  Douglas Bennett résidant Sault Ste-Marie
Dame Évelyn Bennett épouse de Frederich B. Blakely, Dame Frances Bennett épouse de Théodore Fox, Dame Violet Bennett épouse de William Dugal Prévost, Dame Élisabeth Bennett épouse de Salomon  Taylor, Dame Mildred Bennett épouse de Ernest Person, Dame Aline B. Bennett épouse de Albert A.?, Dame Gertrude Florence Bennett épouse de Harry Brown
Acquéreur : Ernest Lavoie  comptable de Montréal
Un cottage de bois et Brique # 555 rue Lafontaine
Prix de la vente : $2600,00


Cette jolie maison est l’une des rares construites par la famille Desjardins à avoir été épargnée par le pic du démolisseur. Faut-il rappeler que cette famille avait fait construire près d’une dizaine de maisons sur le boulevard Pie IX dans le but de former un noyau urbain qui faciliterait la vente des nombreux  autres terrains disponibles.

En regardant la chaîne de titres, nous nous apercevons que c’est Zaïde Paré qui, en 1890,  fit l’acquisition de nombreux terrains ainsi que de deux cottages. Un fait intéressant à signaler :les deux sœurs Zaïde & Virginie Paré ont épousé les deux frères Desjardins. La première épousa l’avocat Alphonse et la deuxième, le médecin et optométriste, Louis Édouard. Il est intéressant de savoir également que cette même situation se reproduisit dans la famille d’Alphonse Desjardins. En effet, ses deux filles Marie Pia & Marie Louise épousèrent les deux frères Morin; la première épousa  Louis et la seconde,  William, tous deux avocats comme leur beau-père.

Quand on continue la chaîne des titres on note le nom de Percy Bennett qu’il ne faut  surtout pas confondre avec son homonyme, le fils du fermier William David Bennett senior. Le fils du fermier cultiva la terre familiale avec son père et ses frères.   Après le décès de leur mère  survenu en 1912, les enfants Bennett vendirent l’héritage laissé par leurs parents.
Celui qui fit l’acquisition de la maison qui nous intéresse  était pompier pour la ville de Maisonneuve. Il y fût locataire pendant quelques années et décida enfin de l’acheter.

Il peut paraître étrange qu’un pompier achète une maison éloignée du centre Ville et de sa  caserne qui elle, était située à l’angle des rues Notre Dame et Letourneux. Je ne sais pas comment il s’y prenait quand un feu se déclarait ,sans téléphone, ni voisins. Rappelons qu’à cette époque,  la majorité des habitations construites  se trouvaient sur la rue Notre Dame entre les rues Pie IX et Letourneux.

Hôtel de Ville, poste de police & caserne de pompier de Maisonneuve
Hôtel de Ville, poste de police & caserne de pompier de Maisonneuve
Photographie : Archive Notman. Musée McCord d’histoire Canadienne

Cette maison est l’une des rares dont la date de construction peut être affirmée avec certitude; mais il est fort probable qu’elle fût bâtie vers 1893 . Avant cette date, il n’y avait  que très peu de maisons dans les environs et elles étaient toutes situées sur la rue Pie IX.  La famille Desjardins commença  semble-t-il à faire construire quatre maisons vers 1893 dont la première résidence de Hubert Desjardins située au sud de la rue Lafontaine. C’est dans cette maison que Percy Bennett habitait avant d’occuper celle du # 555 Lafontaine.

Autre détail particulier ; la  maison  est  bien plus étroite que le terrain disponible, cependant elle possède des murs de refend où  coupe-feu (a), pour empêcher la propagation des flammes en cas d’incendie. Ce genre de mur sans fenêtre ,dépassant largement la toiture, n’était nécessaire que lorsque la maison était contiguë à d’autres maisons . Ce pourrait-il qu’à l’origine cette maison n’avait pas la même apparence qu’aujourd’hui? .

Le large brisis (b) de la toiture à fausse mansarde  qui recouvre tout l’étage de même que la faible hauteur de cet étage nous laisse penser que cette maison fut construite avant 1895. C’est approximativement  après cette date que le brisis s’amincit, pour ne couvrir qu’une partie de l’étage...C’est également à partir de cette période  que l’étage sous la mansarde gagne en hauteur ; ce qui n’est pas le cas pour celle-ci. Il faut admirer les deux petites lucarnes (c) en bois qui percent cette toiture et la large corniche soutenue par des consoles.

Le petit tambour (d) qui protège l’entrée est le seul tambour  existant dans tout le quartier; même s’ il est plus que  probable qu’il ne soit pas d’origine, de même que  le  Bow Window (e) à gauche de la façade  . Ce modèle de maison n’est pas sans rappeler la maison du Dr. Kerr qui était située sur la rue Notre Dame à l’angle nord/est de la rue Letourneux , qui fût elle aussi construite dans la même période et malheureusement démolie en 1972. 

C’est une maison qui est fort charmante et c’est  assurément la maison qui a changé le plus souvent de couleur dans les vingt dernières années.

a- mur coupe-feu : obstacle artificiel destiné à interrompre la propagation des flammes.

b- Brisis : versant inférieur d’un toit.

c- Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment.

d- Tambour : petite entrée à double porte, servant à mieux isoler l’intérieur de l’édifice.

e- Bow window : ouvrage vitré en surplomb,  fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface.