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Maison Charles Reeves 575-585
Maison Charles Reeves 575-585
 

Maison Charles Reeves  1904
575-585 rue Sicard
Architecte : Charles Aimé Reeves
Entrepreneur : Walter Reed

La chaîne de titres :

06 août 1898
Notaire :Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Charles Théodore Viau, manufacturier
Acquéreur : Marie Gustave Écrement, notaire
Achat de deux lots de terre sans bâtiment

29 octobre 1903
Notaire :Odilon Crépeau
Vendeur : Marie Gustave Écrement,  notaire
Acquéreur : Charles Aimé Reeves,  architecte
Achat d’un lot de terre

29 octobre 1903
Notaire :Odilon Crépeau
Vendeur : Marie Gustave Écrement,  notaire
Acquéreur : Walter Reed, maçon
Achat de l’autre  lot de terre

Notaire : Odilon Crépeau
Vendeur : Marie Gustave Écrement, notaire
Acquéreur : Walter Reed, maçon, résidant  au # 389 rue Lasalle
Remembrement des deux lots de terre

12 août 1904
Notaire : Odilon Crépeau
Vendeur : Walter Reed, maçon
Acquéreur : Charles Aimé Reeves, architecte

22 août 1904
Permis est accordé à Walter Reed de construire sur les lots de terre
Coût estimé des travaux : 3000,00$

07 novembre 1905
Notaire :Marie Gustave Écrement
Vendeur : Charles Aimé Reeves,  architecte
Acquéreur : Charles Reeves, rentier et père de Charles Aimé, résidant à  Pointe aux trembles 
Prix de la vente : 3700,00$

04 février 1908
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Charles Reeves, rentier, résidant à  Pointe aux trembles
Acquéreurs : J. Philias & Isaïe Allard tous deux manufacturiers «Laurier & Allard»
Achat de la maison arrière


Quand nous regardons la chaîne de titres, nous nous apercevons facilement que ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent à chaque transaction. Il faut savoir que tous ces gens se connaissaient très bien et qu’ils avaient l’habitude de faire des affaires ensemble. Le notaire Marie Gustave Écrement fut pendant des décennies  secrétaire/trésorier de la ville de Maisonneuve & commissaire  d’école. L’entrepreneur en construction Walter Reed  fut, pendant trois mandats, échevin de la ville de Maisonneuve et de 1905 à 1907, maire de cette ville. L’architecte  Charles A. Reeves, fut, lui aussi, commissaire d’école mais, il fut surtout l’inspecteur des bâtiments de la ville de Maisonneuve pendant plus d’une décennie.

Cette maison a malheureusement tout perdu de son éclat original. Il est difficile de croire que c’est l’Architecte  Charles A. Reeves qui l’a conçue pour son propre père tellement elle nous semble banale aujourd’hui. Pourtant, l’architecte s’est servi des mêmes plans que pour les maisons suivantes :

Maison : Joseph  l’Heureux      bâtie en 1903,        1442-1452 rue Viau
Maison : Anselme Bissonette        bâtie en 1904,       547-557rue St Clément                       
Maison : Azarie Messier              bâtie en 1904,      528-532 rue Leclaire
Maison : Robert Fraser                 bâtie en 1904,      534-544 Leclaire

Dans les similitudes que nous retrouvons sur ces différentes maisons, nous constatons que  l’appareillage des pierres sur les façades est disposé de la même manière, en particulier  celui situé entre les grandes fenêtres. Les percements des ouvertures sont sensiblement les mêmes.  La grande différence  avec les autres maisons  se situe au niveau du couronnement : toutes ont été bâties avec une toiture à fausse mansarde (a) recouverte de tuiles d’ardoise à l’exception de   celle-ci. L’architecte, peut-être par goût de modernité ou par souci d’ économie, aura tout simplement choisi une fine corniche  (b) de fer blanc surmontée d’un attique, aujourd’hui disparu  (c).

Une autre différence se situe au niveau des balcons. Toutes les maisons, à l’exception de celle de Joseph l’Heureux et de celle-ci, possédaient des consoles (d) sous les balcons; ceux-ci étaient soutenus également par de belles colonnes (e) en bois. Actuellement, seuls les fantômes (f) sur la pierre  témoignent de l’existence passée de ces colonnes. Elles ont malheureusement  été remplacées par des montants de fer forgé beaucoup plus banals.

fantôme de colonne sur la pierre
Fantôme de colonne sur la pierre

En terminant, un mot sur la petite maison, bâtie la même année, située à l’arrière et  qui donne sur la ruelle . On aura voulu maximiser   l’implantation au sol et le potentiel de revenus de  location. Cette ruelle portait autrefois le nom de « ruelle Reeves ».
 L’architecte procèdera, en 1906, de la même façon pour la construction de sa propre résidence sur le boulevard Pie IX, avec maison implantée  à l’arrière. ( voir : catalogue, rue Pie IX, maison Charles A. Reeves )

Maison de la ruelle
Maison de la ruelle

a- Mansarde : comble brisé à quatre pans.
    Mansardé : disposé en mansarde.

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un plafond.

c- Attique : couronnement horizontal décoratif ou petit étage terminal d’une construction, placé au-dessus d’une corniche ou d’une frise importante.

d- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge (réelle ou figurée).

e- Colonne engagée : colonne partiellement intégrée dans un mur.

f- Fantôme : empreinte laissée sur une paroi ( bois, pierre ) nous rappelant l’existence d’élément architectural qui a disparu depuis.