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Maisonneuve_200
William Fenwick 1671
 

Maison : William Fenwick 1898
1671 rue Jeanne D’arc

La chaîne  de titres :

14 septembre 1897
Notaire : Louis H. Dumouchel
Vendeur : Dame Zaïde Paré, épouse de  Édouard Desjardins, médecin
Acquéreur William Fenwick, comptable  résidant à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre sans bâtisse
Prix de la vente : $500

21 juin 1898
Notaire : William, B. Reddy
Prêteur : The Peoples Mutual Bulding Society
Emprunteur : William Fenwick,
La somme de: $2000

05 janvier 1906
Notaire : Robert A. Dunton
Prêteur : James McDougall
Emprunteur : William Fenwick,
La somme de : $1500
Donne en garantie : sa maison de pierre

18 mai 1906
Notaire : Robert A. Dunton
Prêteuse : Dame Mary Jane Johnson, veuve Alfred Dediman
Emprunteur : William Fenwick,
La somme de : $2500
Donne encore en garantie : sa maison de pierre

04 octobre 1910
Notaire : Robert A. Dunton
Vendeur : William Fenwick, comptable  résidant à Maisonneuve
Acquéreur : Robert H. Lambton, serrurier résidant à Montréal
Achat d’une maison en pierre et du lot de terre voisin


Quand William Fenwick acheta les deux terrains en 1897, il connaissait bien les environs puisqu'il avait déjà résidé sur la rue Pie IX au sud de la rue Ste Catherine. Pendant la construction de sa résidence, il habita dans l’un des cottages de Joséphine Desjardins (voir rue Pie IX, maison Joséphine Desjardins). Il faut savoir qu'à cette époque, il n’y avait que des terres cultivées dans les alentours et les quelques maisons qui étaient d'ailleurs en construction sur le Boulevard Pie IX appartenaient  toutes aux membres de la famille  Desjardins.

Fait intéressant, cette maison est la seule à Maisonneuve à être construite en pierre des champs, comme celles des maisons de campagne traditionnelles. Au XVIII siècle, il était courant de voir des maisons aux murs porteurs en pierre mais à la fin du XIX siècle, cela devint extrêmement rare car on n'en bâtissait plus de la sorte. L'autre particularité intéressante est qu'elle possède une corniche (a) à l’arrière semblable à celle de la façade, chose rarissime pour une maison  modeste comme celle-ci.

Sa toiture actuelle à fausse mansarde recouverte de tôle à baguettes (b) n’est pas d’origine et ceci est bien visible quand nous la regardons sur les deux côtés. À sa construction, sa toiture épousait la forme d’un véritable toit mansardé (c).  i.e.  avec  terrassons et brisis tous deux inclinés (voir photo). Ceci est une autre particularité de cette maison car ce genre de toiture avait été interdit pendant de nombreuses années à Montréal à cause du trop grand risque de propagation d’incendie. Il revint à la mode à Montréal  entre les années   1860-1880. Ici il fut  remplacé par la toiture  en fausse mansarde i.e (toit plat avec le brisis presque à la verticale)  probablement pour donner plus d’espace dans les appartements sous les combles.

Ordonnance du 17 juin 1727
«  Ordonnons de …bâtir aucune maison dans les villes et gros bourgs, où il se trouvera de la pierre commodément, autre qu’en pierres; défendons de bâtir en bois, de pièces sur pièces et colombage »  «  construire des murs de refend qui excèdent les toits et les coupent en différentes parties, ou qui les séparent d’avec les maisons voisines, à l’effet que le feu se communique moins de l’une à l’autre »  Défense de construire… « des toits brisés, dit à la mansarde…qui font sur les toit une forêt de bois»

Toiture mansardée avec Brisis & terrassons
Toiture mansardée avec Brisis & terrassons

Il est dommage que le porche (d ) ait été affublé de cette toiture de plastique qui dépare cette maison. À l’origine il est fort probable que l’entrée de la maison possédait un tambour (e ) de bois afin de se prémunir des grands vents d’hiver.

En terminant, il est également dommage  que le mortier entre les pierres soit garni d’un  boudin  façon 1950  qui, avouons-le,  ne lui va pas tellement bien.

a- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

b- Tôle à baguettes : type de revêtement impliquant des lisières de tôle superposées  en bordure et jointes pour  former une baguette.

c- Toit mansardé : toit disposé en mansarde Mansarde : comble brisé à quatre pans.

d- Porche : construction formant avant-corps d’un bâtiment  et abritant la porte d’entrée.

e- Tambour : petite entrée à double porte, servant à mieux isoler l’intérieur de l’édifice.