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Ubald Beauchamp 1810-1836
Ubald Beauchamp 1810-1836
 

Maisons :Ubald Beauchamp 1904 –1908 & 1909

Entrepreneur en construction : Augustin Tétreault
1810-1818 rue Letourneux 
1822-1826 rue Letourneux
1828-1836 rue Letourneux

La chaîne de titres :

17 mars 1875
Notaire : Amable Archambault
Vendeurs : C.H. Letourneux, Olivier Lecours, Henri Girard, Michael Boyce
Partage des lots de terre entre les associés

8 septembre 1889
Vendeur : C.H. Letourneux
Acquéreur : Isidore Renaud
Achat des lots : 8-227&228

12 novembre 1890                                   
Vendeur : C.H. Letourneux
Acquéreur : Isidore Renaud
Achat des lots : 8-229&230

02 juillet 1902
Notaire : J.E. Henri Lesage
Vendeur : Isidore Renaud épicier, domicilier sur la rue Notre Dame à Maisonneuve.
Acquéreur :Ubald Beauchamp  laitier
 Lots 8-227,228,229,230 avec maison
Prix $2400
« 1 : de maintenir  les baux existant en percevant cependant les loyers a conter du premier juillet courant 1902. L’Acquéreur portera sous sa gouverne les polices d’assurance, tel qu’actuellement en force effectuer sur les battisses ci dessus vendues. » lots :8-227

29 février 1904
Permis est accordé à : Augustin Tétreault   pour Ubald Beauchamp de bâtir sur les lots 8-229 &230

14 mai 1904  obligation
Notaire : J.A. Henri Dequoy
Prêteur : Les sœurs Carmélites
Receveur : Ubald Beauchamp,  laitier
La somme de $5000.00 intérêt de 5% l’an d’une durée de 5 ans
Ubald Beauchamp s’engage à faire assurer les bâtisses pour la somme prêtée par les Carmélites.


Nous voyons sur la chaîne de titres que Ubald Beauchamp emprunte de l’argent  aux religieuses Carmélites. qui, pendant de nombreuses années, avaient leur monastère dans le village d’Hochelaga sur le bord du fleuve.  Elles déménagèrent en 1896 car les environs s’industrialisaient trop et nuisaient à  leur vie contemplative. 

Premier monastère des Carmélites sur la rue Notre Dame à Hochelaga
Premier monastère des Carmélites sur la rue Notre Dame à Hochelaga avec la Chapelle dédiée à Notre Dame du  Sacré Cœur de Jésus.

Photographe : Édouard Zotique Massicotte
B.N.Q.

À première vue, ces maisons semblent avoir été bâties toutes au même moment, mais ce n’est pas le cas! Quand le laitier Ubald Beauchamp acheta  en 1902 ces quatre  terrains, il existait déjà une maison sur la partie de droite, qu'avait fait construire vers 1892, Isidore Renaud. C’est évident qu’elle ne pouvait pas avoir ni l’apparence ni la  dimension qu'elle a aujourd'hui.  A l'époque, c’était sans aucun doute une modeste maison, vraisemblablement lambrissée de brique d’argile avec une galerie  en  bois sur la façade et qui comportait alors trois logements regroupés sous une seule adresse.

Il faut remarquer la ressemblance entre ce groupe de  maisons-ci et les maisons de Azarie Messier, Camille l’Heureux, Robert Fraser & Anselme Bisonette  toutes bâties en 1904. Il ne serait pas surprenant que le charpentier utilisa les plans de l’Architecte Charles Aimé Reeves  pour construire ces maisons.

Je vous invite à visiter sur ce site  ces maisons-ci  tous bâties en 1904   par l’entrepreneur charpentier  Walter Reed .
- Azarie Messier,  rue Leclaire
                        - Robert Fraser rue Leclaire
                        - Camille L’Heureux  rue Théodore
                        - Anselme Bissonette  rue St Clément

Que ces maisons ne soient pas toutes alignées de la même façon par rapport au trottoir est un fait assez surprenant. En effet celle bâtie en 1904 à l’extrême gauche et portant les # 1810 -1818 est plus en retrait que les autres. La suivante qui semble avoir été construite plus tardivement  vers 1908, s’insère malhabilement entre les deux autres. Enfin la dernière se retrouve tout près du trottoir. 

La maison de gauche construite en 1908 et celle de droite en 1909
La maison de gauche construite en 1908 et celle de droite en 1909

Pour ce qui est de la maison  portant le # 1836- 1840, elle fût bâtie en 1909,  sur l’emplacement de la maison qu’avait fait construire Isidore Renaud, en 1892. Remarquez le soin apporté à cette maison, surtout au niveau de la toiture : même corniche ( a ),  mêmes lucarnes ( b ) et même hauteur de brisis ( c ). Il est très rare que l’on bâtissait des maisons avec une toiture en fausse mansarde ( d ) après 1905, celle-ci le fût sûrement dans le but de l’harmoniser aux autres déjà existantes. 

 La différence majeure entre ce groupe de maisons et celles mentionnées plus haut a trait à leur façade : L'appareillage (f) de pierres carrées habituellement utilisé dans les autres maisons au niveau des avant-corps (e) entre les fenêtres des étages, est ici étrangement absent. Le coût plus élevé pour ce genre d’appareillage pourrait peut-être expliquer  cette différence.

Il est évidemment très dommage que ses maisons soient affublées de ce genre de rampe en métal blanc qui les dépare au plus haut point.

a- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice;
par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

b- Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment.

c- Brisis : versant inférieur d’un toit.

d- Mansarde : comble brisé à quatre pans.
    Mansardé : disposé en mansarde.

e- Avant-corps : partie d’un bâtiment, en avancée sur l’alignement de la façade, correspondant ou non à un corps de bâtiment distinct.

f- Appareil : agencement des pierre d’une construction.