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Amédé Blain 1652-1682
Amédé Blain 1652-1682
 

Maison : Amédée Blain   1907-1912 & 1925
1652-1682 rue Letourneux

    1. rue Letourneux  construite en 1907
    2. rue Letourneux  construite en 1912

1674-1682 rue Letourneux  construite en 1925

15 janvier 1898
Notaire : Louis Racicot
Vendeur : Ernest Brunelle
Acquéreur : Amédée Blain, laitier, de Maisonneuve
Promesse de vente faite le 22 septembre 1897 « deux lots de terre avec maison présentement construite par l’acquéreur »

15 janvier 1898
Notaire : Louis Racicot
Amédée Blain, laitier, de Maisonneuve

Prêteuses : Mlles Caroline Favreau, Virginie Favreau & Lucie Favreau

La somme de : 2000,00$
Prêteur : M. Jovite Favreau, cultivateur, de Boucherville
La somme de : 2500,00$ à 6% d’intérêt
Il donne en garantie les lots 8-242 & 243 avec maison dessus

02 mai 1900
Permis est accordé à A. Blain de bâtir dans la cour arrière de sa propriété

15 mai 1900
Notaire : Louis Racicot
Emprunteur : Amédée Blain,  boulanger, de Maisonneuve
Prêteuses : Caroline & Lucie Favreau
La somme de : 500,00$ à 6% d’intérêt

14 juillet 1906
Notaire : Louis Racicot
Vendeur : Hormidas Rhéaume
Acquéreur : Amédée Blain, boulanger, de Maisonneuve
Lots 8 -241 & 244
«Achat des deux autres lots de terre, celui au sud et celui au nord »

19 juillet 1906
Notaire : Louis Racicot
Emprunteur : Amédée Blain, boulanger, résidant au 390 rue Letourneux à Maisonneuve
Prêteur : Crédit F.F. CANADIAN représenté par le directeur Martial Chevalier
La somme de : 6500$ à 51/2 % d’intérêt
Donne en garantie : 4 emplacements 8 - 241,242, 243, 244 avec deux maisons, dépendances et un four à pain

17 avril 1912
Notaire : Louis Racicot
Emprunteur : Amédée Blain, boulanger, résidant au 590 Letourneux à Maisonneuve
Prêteur : Crédit F.F. CANADIAN représenté par le directeur Martial Chevalier
La somme de 7000,00$ à 6% d’intérêt
Donne en garantie : 4 emplacements  avec deux maisons, dépendances et un four à pain

01 juin 1917
Notaire : Joseph Théophile Legault
Emprunteur : Amédée Blain, boulanger, résidant au 590 Letourneux à Maisonneuve
Prêteur : Joseph Racette, bourgeois, résidant au 336 rue Adam à Maisonneuve
« reconnaît devoir la somme de 13 000,00$  à 7% »
trois maisons et un garage 346 à 368 Letourneux

27 octobre 1932   
Notaire : Joseph Théophile Legault
Témoins : Ferdinand Gagnon & Albert Meloche, tous deux laitiers
Testament de Amédée Blain.

01 février 1933
Notaire : Joseph Théophile Legault
Donateur  : Dame Corina Gauthier, veuve Amédée Blain
Acquéreur : Raynald Blain (fils), actuellement rentier, résidant au 1674 rue Letourneux


En regardant ces trois maisons, nous pourrions facilement croire qu’elles ont toutes été construites la même année. Ce n’est pourtant pas le cas! Elles ont été bâties en trois temps différents; dix-neuf ans séparent la plus ancienne de la plus récente, sans qu’on puisse apercevoir de démarcations laissées par le temps.   C’est vraiment un exploit!

Elles ne sont pas les premières à être érigées sur ces terrains. Nous constatons en regardant la chaîne de titres, que le laitier Amédée Blain avait commencé la construction d’une maison, avant même d’être passé, chez le notaire, en 1898,  pour finaliser l’achat de ces terrains. C’était, semble-t-il,  une modeste maison sans sanitaires ni électricité, pour laquelle il emprunte pourtant la somme de 4500,00$. Il est fort possible qu’il ait fait bâtir non pas une, mais deux maisons, sur ces deux emplacements, vu l’emprunt important qu’il a contracté.

En 1900, il change de métier et passe de laitier à  boulanger. La compétition était sans doute trop forte puisque, déjà en 1888, nous pouvions recenser, dans les environs, huit laitiers dont quatre habitaient  sur cette même rue. Le permis qu’il obtient de la ville nous indique qu’il fait construire un four à pain  à l’arrière de sa propriété. Ce four demeurera en place pendant des années, même après que les  premières maisons furent démolies.
Vers 1912, il délaisse le métier de boulanger pour devenir garagiste  et il le restera jusqu’à sa retraite. Son fils prendra la relève dans l’entreprise familiale et  héritera des maisons peu après le décès du père.

La plus ancienne habitation (1662 à 1672 rue Letourneux ) se trouve bien au centre et fait avant corps (a) avec ses voisines. Elle fût bâtie en 1907 sur l’emplacement de deux  anciennes maisons,  comme je l’ai déjà mentionné plus haut,

Sa large façade lambrissée de pierre et la symétrie de ses ouvertures lui confèrent une digne allure. Les colonnes (b) qui supportent les balcons ne sont pas d’origine. À l’époque, nous retrouvions de larges poteaux tournés mécaniquement comme ceux en vogue  à la  fin de la période Victorienne et au début de la période Édouardienne. L’escalier qui conduit aux logements des étages  se situait du côté gauche de la maison. Il a été déménagé de l’autre côté pour laisser plus de place à l’entrée du garage de la nouvelle résidence. Jadis, une large corniche (c) en tôle ouvragée couronnait la maison.

La seconde résidence (1652 à 1660 rue Letourneux) fût bâtie en 1912. Déjà, à cette époque, il y avait un garage au rez-de-chaussée mais la porte était de plus petite dimension. Son propriétaire avait pris grand soin d’harmoniser la nouvelle  façade avec la plus ancienne : mêmes ouvertures, même largeur de balcon et même lambris de pierre.

Ce n’est que plus tard que l’on procéda à l’agrandissement de la porte du garage entraînant, malheureusement, le remplacement de la pierre calcaire par une pierre artificielle polychrome.

Évidemment, la maison la plus récente est celle de droite (1674 à 1682 rue Letourneux), bâtie en 1925. Auparavant, il y avait à cet emplacement un triplex dont le rez-de-chaussée était occupé par Amédée Blain. Cette fois-ci encore Amédée Blain prit un grand soin d’harmoniser le tout. Ce fût sûrement difficile puisqu’il s’écoula dix neuf ans entre la plus ancienne construction et la nouvelle. Les techniques et  les modèles architecturaux avaient bien évolué entre ces deux dates. Il reproduisit le modèle de la maison de gauche mais il y ajouta un logement au rez-de-chaussée. C’est sûrement, à cette époque, que les colonnes firent leur apparition puisqu’elles  étaient au goût du jour. Il en est de-même pour les magnifiques rampes  en fer  forgé. Il en profita pour faire disparaître la corniche de la vieille partie pour unir le tout par un parapet (d) orné de quatre frontons arqués. Jadis, ils étaient un peu plus élaborés puisqu’ils étaient garnis de puises (e) fantaisistes.  Nous pouvons remarquer  deux petites différences sur cette façade : cette maison est un peu plus élevée du sol que les autres et les allèges (f) des fenêtres sont plus larges que celles des deux autres constructions.

Ces maisons ont très bien résisté au temps et ce, grâce aux différents propriétaires qui, chacun à leur tour, ont veillé à leur bon entretien.  Le fait qu’elles appartiennent toujours à un seul propriétaire favorise l’harmonisation de tout l’ensemble. Imaginez un instant que les trois maisons aient été entretenues par différents  acquéreurs qui, au fil des années, auraient changé les fenêtres, les portes et les balcons sans se soucier des maisons voisines. Le résultat n’aurait jamais donné ce que nous pouvons admirer aujourd’hui.

a- Avant-corps : partie d’un bâtiment, en avancée sur l’alignement de la façade, correspondant ou non à un corps de bâtiment distinct.

b- Colonne : support vertical constitué d’un fût de section circulaire et généralement d’une base et d’un chapiteau.

c- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un plafond.

d- Parapet : mur plein à hauteur d’appui, formant garde-fou.

e- Puise : mot féminin, ornement  décoratif en forme de flèche, vase, bulbe, bouteille, etc.  se trouvant au dessus de la corniche pour donner un aspect théâtral au bâtiment. Aussi appeler « Puise d’énergie »

f-  Allège : Mur d’appui à la partie inférieure d’une fenêtre, moins épais que l’embrasure.