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Marie Gustave Écrement 559
Marie Gustave Écrement 559
 

Maison : Marie Gustave Écrement  1899

Chaînage de titres

03 août 1888
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : Charles Henri Letourneux, marchand de Montréal
Acquéreur : Benjamin Lebeau,  charretier
Achat de trois lots de terre

03 octobre 1888
Notaire : M. Perrault
Vendeur : Benjamin Lebeau,  charretier
Acquéreur : Dame Catherine Sophia McDonnelle
Achat d’un lot de terre
Prix de la vente : $300.00

20 octobre 1896
Notaire : Pierre Arsène Beaudoin
Vendeuse : Dame Catherine Sophia McDonnelle, veuve Archibald Kennedy Johnson
Acquéreur : Marie Gustave Écrement,  notaire
Achat d’un lot de terre sans bâtiment
Prix de la vente : $300.00

01 juin 1904
Notaire : J.R. François Beaudry
Vendeur : François Martineau
Acquéreur : Marie Gustave Écrement,  notaire
Achat de lot voisin sans bâtiment

24 décembre 1913
Notaire : Odilon Crépeau
Vendeur : Marie Gustave Écrement,  notaire
Acquéreur : Vitalien Dufault,  marchand de fer et quincaillier
Achat de deux lots de terre avec maison et autres dépendances

 

Marie Gustave Écrement est  un personnage  méconnu du grand public, mais il en était autrement au début du XXe siècle. Il était le fils d’un commerçant de Montréal nommé Joseph Antoine Eugène Écrement. Marie Gustave naquit le 16 mai 1865 à St-Jacques de l’Achigan. Son Père s’étant remarié après le décès de sa première épouse, Marie Gustave eut alors six demi-frères et demi-sœurs. Il fit son cours classique au collège de l’Assomption et ses études universitaires à l’Université Laval de Québec. Au sortir de ses études en 1888, Marie Gustave  résidait avec son demi-frère  le Révérent François-Xavier Écrement. Ce dernier était Chapelain au Couvent des Sœurs des très Saints  Noms de Jésus & Marie à Hochelaga. Ils habitaient  tous les deux dans une  maison sur le bord du fleuve (voir photographie). Ce n’est pourtant pas comme notaire qu’il se fit connaître et apprécier, mais plutôt comme Secrétaire Trésorier de la ville de Maisonneuve et ce pendant plus de vingt-cinq ans. Lors de son décès, survenu le 28 septembre 1915, la municipalité lui fit des obsèques grandioses et pour cause puisqu’il se dévoua toute sa vie pour sa ville. Tous les documents de la ville portent sa signature, que ce soit pour les procès verbaux, les permis, où les nombreuses demandes au gouvernement. Un autre de ses  demi-frères, Louis Napoléon Écrement,  le précéda au conseil de ville et c’est lui qui le fit entrer comme Secrétaire Trésorier en vantant  bien entendu ses qualités.

Photo : # 10
Marie Gustave Écrement en 1894
Marie Gustave Écrement en 1894
Archive de la famille Écrement

Une chose importante sur Louis Napoléon Écrement. En 1874, il avait un commerce de produits secs sur la rue Ste-Catherine au coin de la rue Montcalm, ses voisins commerçants étaient Michael Boyce, Olivier Lecours et Henri Girard, tous actionnaires/propriétaires avec Charles Henri Letourneux des terrains compris entre les rues Lasalle & Letourneux, du fleuve jusqu’à la rue Rosemont. Ce n’est certes pas un hasard si Louis Napoléon se retrouve au conseil de Ville.

Quand Marie Gustave Écrement fit bâtir sa résidence, il opta pour un style assez original pour l’époque. Le fait de ne pas avoir de toit à fausse mansarde était rarissime pour une maison bourgeoise et encore plus précurseur de remplacer la fausse mansarde par une corniche non pas en bois mais en métal ouvragé. Le style de cette maison s’apparente à celui du Néo-Géorgien (1900-1940) qui fut en vogue surtout dans la communauté anglophone de l’ouest de l’île.

Son positionnement par rapport à la rue, l’entresol avec appartement, l’escalier de pierre, l’oriel bien en évidence sont tous des éléments qui s’apparentent aux hôtels particuliers des grandes villes d’Angleterre.    

À l’origine, la maison était lambrissée de briques d’argile, tandis que le chaînage d’angle (a) était de pierres calcaires grises bouchardées (b). Seule la clé de l’arc plein cintre fut conservée en pierres grises. La loggia (c) en haut de l’escalier était à l’époque recouverte de tuiles de céramique blanche et bleu qui lui donnait une allure byzantine voir même mauresque. L’oriel  était recouvert entièrement de pierre et portait au sommet une crête de fonte ouvragée.

Photo : # 10-A
Photo de Harry Richards entre 1910
Photo de Harry Richards entre 1910

A.H.H.M.

Pendant des années, cette maison fut transformée en maison de chambre et elle y perdit tout son lustre. La photographie de  Jean-Pierre Moreau prise en 1982  témoigne de cette période. 

C’est en 1990 que son propriétaire d’alors, Geoffrey  Langlois, décida de lui redonner un air de jeunesse. Tout le parement de brique et de pierre fut enlevé pour être remplacé par de la  brique et de la  pierre artificielle. Il en profita pour aménager des fenêtres sur le côté gauche de la propriété. Lors de sa construction le terrain voisin n’avait pas été encore acquis par M.G. Écrèment.  Quand nous regardons la photographie d’Harry Richards prise entre 1899 & 1902, nous nous apercevons que bien qu’il y ait eu beaucoup de transformations, son apparence a été préservée.

 

a- Chaînage d’angle : chaîne de pierre formant l’angle d’un bâtiment.
b- Boucharde : marteau de tailleur de pierre avec deux têtes dotées de pointes de diamant.
     Bouchardé : travaillé à la boucharde
c-  Loggia : enfoncement formant un balcon couvert.
d- Oriel : ouvrage vitré en général en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages;   fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface. (généralement confondu avec le « bay window »).