Précédent

Retour
Suivant
Félix Dansereau 539-543
Félix Dansereau 539-543
 

Maison : Félix Dansereau  1897

Chaînage des titres :

11 novembre 1887
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : Charles Henri Letourneux,  marchand de Montréal
Acquéreur : Dominateur Bleau,  forgeron
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $400.00

17 juillet 1888
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : Dominateur Bleau,  forgeron
Acquéreur : Joseph Narcisse Arseneault,  marchand
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $525.00

Échange de terrains entre : Dominateur Bleau & Télesphore Lescadre

06 novembre 1896
Notaire : J.N. Pitt
Vendeur : Télesphore Lescadre,  menuisier
Acquéreur : Félix Dansereau,  marchand de bois de Montréal
Achat d’un lot de terre sans maison ni bâtiment

08 septembre 1897
Notaire : J.H. St-Denis
Vendeur: Félix Dansereau,
Acquéreur : Camille L’Heureux,  tailleur 1329 rue Notre Dame près de St Thimoté. Résidence  1471 rue Notre Dame coin Bonsecours
Achat d’une maison

11 mai 1900
Notaire : Breault
Vendeur : Camille L’Heureux  tailleur résidence 112 Letourneux coin Notre Dame
Acquéreur : John H. Kennedy , 358 rue Dorchester   «DESMARTEAU & KENNEDY »

25 mars 1902
Notaire : Breault
Vendeur : John H. Kennedy  bourgeois, 358 rue Dorchester
Acquéreur : Mlle.  Élisabeth Mullin
Prix de la vente : 2820.00

Félix Dansereau avait un commerce de bois sur la rue Ontario au coin de la rue Partenais à Montréal. À cette époque il résidait tout près de son commerce sur la rue Fullum près de la rue Ontario.

Nous apercevons, en regardant le chaînage des titres qu’il s'écoule moins d'une année entre l’achat du terrain et la vente de la maison. Il avait sûrement une seule idée en tête : bâtir cette maison et la vendre rapidement.

Cette maison fut construite, sans électricité, ni  gaz  ni eau courante (pas de baignoire ni toilette). Ce genre d’appartement était généralement destiné à des familles  dont le chef de famille était un ouvrier  peu spécialisé. Tous les habitants des logements devaient aller dans la cour pour partager la même « bécosse ».  À la fin du 19e siècle on a répertorié  que vingt six  personnes partageaient en moyenne ce genre de  sanitaire et qu’il n’était pas vidé à chaque année.

Toute l’emphase de la maison  fût donnée à l’extérieur. Cette maison est un bon exemple de l’exubérance de la fin de la période Victorienne (1837-1901). Au premier regard, on comprend vite que Félix Dansereau connaissait le bois et qu’il ne devait pas le payer trop cher, vu la quantité utilisée pour le décor.

Avec son  toit fausse-mansarde (a) en ardoise et surtout ses belles lucarnes (b) dites «  en Chapelle »  qui, se terminent par des épis (c),  cette maison devait au 19e siècle bien rivaliser avec ses voisines.

#4-A

photographie des détails de la maison

Certes les créneaux (d) de la toiture donne un air  théâtral mais c’est surtout le balcon de l’étage chargé de tous ses éléments de bois qui retieny toute l’attention du badaud. Soutenu par de grandes consoles ( e ) de chaque côté et coiffé d’un fronton ( f ) ayant en son tympan un décor sophistiqué , nul doute que ce balcon est l’un des plus élaborés du quartier. La ceinture du balcon ornée de fines et nombreuses consoles, de même que la fine balustrade (g) qui se découpe au dessous du balcon, ne sont pas étrangères non plus au côté théâtral de la maison. Tout l’ensemble du balcon donne l’apparence d’un dais au dessus des portes du premier et second étage. Il est par ailleurs intéressant de remarquer que ce genre de dais était généralement vu dans les églises soit au dessus des autels ou  de la Cathedral de l’évêque. Monsieur Dansereau aura sans doute voulu mettre en évidence les entrées des étages et laisser celle du rez-de-chaussée peu en évidence. À l’époque, le petit balcon du premier étage n’existait pas. Un large escalier droit en bois avec contre-marche se rendait directement au seuil des portes.

a-

b- Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment

c- Épi : ornement décorant la crête d’un toit.

d- Créneau : ouverture pratiquée au sommet d’un rempart d’une tour, d’une corniche, et servant de défense (au réelle ou au figurée).

e- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge (réelle ou figurée)

f- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’en partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche obliques, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.

g- Balustrade : rangée de balustre portant une table d’appui; toute clôture à hauteur d’appui et à jours.