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Walter Reed 1693-95
Walter Reed 1693-95
 

Maison Walter Reed 1899
1693-1695 rue de  Lasalle

05 novembre 1889
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : J.E. Guimond
Acquéreur : Dame Marie Rachel Héroux, épouse de Thomas Gauthier, comptable résidant tous les deux au 157 rue St Denis Montréal

01 août 1899
Permis est accordé à Walter Reed de bâtir

27 octobre 1899
Notaire : A. Jolicoeur
Prêteuse : Dame Louise Adeline, veuve Olivier Bouchard
Emprunteur : Walter Reed, menuisier, résidant au 454 Letourneux
La somme de 900,00 $
Donne en garantie la maison qu’il bâtit actuellement

28 octobre 1899
Notaire. A. Jolicoeur
Vendeur : Dame Marie Rachel Héroux, épouse de Thomas Gauthier, comptable
Acquéreur :  Walter Reed, menuisier  résidant au 454 Letourneux
Achat d’un terrain
Prix de la vente : 425,00 $

02 septembre 1904
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Walter Reed, entrepreneur en construction, résidant au 387 Lasalle
Acquéreur : Robert Fraser, contremaître à la Watson Foster Ltd.
Achat de la maison
Prix de la vente : 2900,00 $

20 janvier 1906
Notaire : Victor Morin
Vendeur : Robert Fraser, contremaître à la Watson Foster Ltd.
Acquéreur : Dame Gertrude Moore, épouse de Tancrède Trudel, marchand  de Viauville, résidant tous les deux sur la rue Théodore
Prix de la vente : 2600,00 $


Il est intéressant de voir   sur cette chaîne de titres autant de personnes déjà connues.  « À tout seigneur tout honneur » commençons par Walter Reed. Quand il achète ce terrain, il n’était qu’un simple menuisier qui résidait dans un logement situé sur la rue Letourneux au nord de la rue Lafontaine et dont le propriétaire était le laitier  Ubald Beauchamp. C’est par la suite  qu’il devint l’un des plus prospères entrepreneurs en construction de la ville de Maisonneuve.  En 1904, il vendit cette maison pour déménager un peu plus au sud ( voir :catalogue rue Lasalle, maison Walter Reed ) dans une résidence beaucoup plus cossue. C’est cette même année qu’il entreprit  un très grand nombre de chantiers grâce, entre autres, à son ami l’architecte Charles A. Reeves. Étrangement, non seulement il vendit cette maison à Robert Fraser mais il lui en construisit une autre sur la rue Leclaire. Il faut dire que Robert Fraser était un grand spéculateur de Maisonneuve. Quand nous retrouvons les noms de Walter Reed et de Charles A. Reeves, il n’est pas surprenant de voir aussi  le nom de Robert Fraser sur les actes notariés. En ce qui concerne Gertrude Moore ( voire : catalogue rue Théodore, maison Gertrude Moore ) elle résidait avec son époux Tancrède Trudel dans un joli cottage sur la rue Théodore près de la rue Notre Dame. Tancrède Trudel  était commerçant de chapeaux et sa boutique était située sur la rue Bleury non loin de l’actuel boulevard René Lévesque. Il avait également un commerce de charbon et de bois de chauffage très florissant à cette époque.  Mme Moore Trudel  fut plus discrète et peut-être moins habile que M. Fraser en ce qui a trait à la spéculation foncière. Par contre, elle acheta et vendit bon nombre de terrains et de maisons  dans cette ville. Elle fit sûrement une bonne affaire dans cette transaction-ci puisqu’elle  acheta   cette maison 300,00$ de moins que ne l’avait  payée son prédécesseur.

En 1899, la rue de Lasalle était la seule rue qui se prolongeait au-delà de l’actuelle rue Sherbrooke. Elle menait directement au« collège du Mont Lasalle» propriété alors des Frères des Écoles Chrétiennes.  Nul besoin de dire que cette artère était déjà passablement achalandée; on y retrouvait diverses boutiques mais également la première chapelle paroissiale située tout près de cette résidence de l’autre côté de la rue.

Nous retrouvons facilement ce modèle de maison dans tous les vieux quartiers de Montréal. Le plus  souvent la façade est  lambrissée de briques d’argile commune. Ce type de construction fut importé des États Unis à la fin du XIXe siècle et il devint  très vite populaire pour loger la classe ouvrière. On bâtissait à l’époque, deux logements sans électricité ni eau courante. Le chauffage des quatre pièces  était assuré par le seul poêle à bois de la cuisine. Quant aux sanitaires, bien entendu,  la «bécosse » à l’arrière dans la cour, était d’usage pour tous. Selon un relevé de la Ville de Montréal daté de 1901, vingt six individus en moyenne partageaient la même bécosse dans les quartiers à forte densité  et on appelle ça « le bon vieux temps !»

Walter Reed a choisi de lambrisser la façade avec de la pierre calcaire plutôt que de la simple brique.  Le balcon de l’étage était à l’origine un peu plus étroit et soutenu par des consoles (a) en bois. Par la suite, il fut agrandi pour faire toute la largeur de la maison. Cette photographie prise vers 1935 nous montre la maison avec cette longue galerie.

La rue de Lasalle vers 1935
La rue de Lasalle vers 1935. Photographie prise à partir d’un balcon de L’ASILE DES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES.

Détail d’une photographie gracieuseté de Me. Élizabeth Beaudoin

Ce n’est que depuis quelques années que le balcon a retrouvé des proportions  plus respectables mais nous pouvons toujours voir les marques laissées sur la pierre.

La large corniche (b) en tôle oeuvrée est l’une des plus anciennes de Maisonneuve, car à cette époque la majorité des maisons était construite avec une corniche en bois; l’utilisation du fer blanc à cet effet se généralisera vers 1906.  C’est  le seul élément décoratif qui distingue cette maison de ses voisines et il faut apprécier qu’il soit toujours en place.

 a- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge(réelle ou figurée).

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un  plafond.