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Dame Antoinette Prairie 1641-1657
Dame Antoinette Prairie 1641-1657
 

Maison : Antoinette Prairie 1906
1641-1657 rue Lasalle
Entrepreneur en construction : Mercure & Leblanc

La chaîne de titres :

25 août 1888
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : Charles Henri Letourneux,  marchand de Montréal
Acquéreur : Dame Marie Rachel Héroux, épouse de J. Gaumond

15 novembre 1889
Notaire : Onésime Marin

Vendeuse : Dame Marie Rachel Héroux,  épouse de Joseph Gaumond

Acquéreur : Arcade Dépatie,  marchand de tabac & Cigares 215 St Laurent
Achat de trois lots de terre sans maison
Prix de la vente : 750,00$

02 janvier 1902
Décès de Arcade Dépatie à sa résidence du 1552 rue Ontario à Montréal

17 avril 1902
Notaire :Victor Morin,
Dame Antoinette Prairie, veuve Arcade Dépatie, Achille Goyette,  pharmacien        & Albéria Dépatie,  employé civique
Tous trois sont les seuls exécuteurs testamentaires et administrateurs des biens de la succession pour les enfants  de feu Arcade Dépatie: Émilie Dépatie 10 ans,
Gertrude Dépatie 8 ans et Arcade fils 5 ans.

03 avril 1906
« Permis est accordé à Joseph Mercure de bâtir, pour Dame Dépatie, sur les lots : 8-253 à 255 rue Lasalle. MERCURE & LEBLANC ENTREPRENEUR EN CONSTRUCTION  1208 rue Chausse à Montréal

01 janvier 1941
Décès de Émilie Dépatie qui laisse entre autres, une propriété connue à l’adresse 1641 à 1651 rue Lasalle


Dans bon nombre de documents notariés nous lisons fréquemment  que des veuves investissent  leur argent dans des placements hypothécaires : elles prêtaient généralement une certaine somme  à des personnes qui elles, désiraient bâtir une maison. Généralement l’intérêt de la somme versée  variait entre 6% & 7% pour une durée de cinq ans. Si après la date prévue, le remboursement total n’était pas  effectué, une procédure de saisie de la maison  était obtenue par jugement de la cour. C’était pour elles une façon simple de faire fructifier leurs avoirs sans les inconvénients de la charge d’une maison avec des locataires.

Cependant la veuve Dépatie, n’ayant pas froid aux yeux,  fit autrement. Ce n’est pas une ou deux maisons qu’elle fit construire mais bien trois. Elle demanda en 1906 à Joseph Mercure du bureau MERCURE & LEBLANC d’en entreprendre la construction..

Cet emplacement était un bon choix, car la rue de Lasalle était déjà bien animée ; on y retrouvait entre autres  des commerces, des écoles et une chapelle. D’ailleurs, ces terrains-ci étaient situés tout juste devant la  chapelle paroissiale qui  malheureusement devait être démolie l’année suivante.

Chapelle du Très Saint Nom de Jésus sur la rue Lasalle
Chapelle du Très Saint Nom de Jésus sur la rue Lasalle,  construite  en 1888 et démolie en 1907

Photographie : Archive du Musée McCord d’histoire canadienne

Le modèle de construction  choisi pour ces maisons était, à cette époque, très courrant à Montréal; nous le retrouvons régulièrement avec un parement de brique ou de pierre bosselée. Ici c’est une pierre de taille  lisse qui fut employée pour lambrisser la façade. Les trois maisons sont identiques ; il est à noter cependant, que celle du centre fait «  effet  miroir » avec les deux autres.

À l’origine, les balcons du deuxième étage n’existaient pas; des escaliers droits menaient directement aux seuils des portes et les balcons qui les surplombaient étaient eux, supportés par des consoles ( a ) de bois ouvragé.

L’élément le  plus admirable est bien sûr la corniche (b) crénelée en tôle embossée. Si nous regardons celle du centre nous pouvons admirer le fronton pastiche qui la surplombe. Ce fronton ( c )n’est pas centré sur la façade  mais aligné pour coiffer la travée  : escalier, portes, balcon   cela bien sûr pour donner   plus d’importance  aux éléments architecturaux. Malheureusement, aujourd’hui il est difficile d’imaginer l’effet de splendeur que ces trois maisons pouvaient exercer sur les passants puisque la majorité des éléments de bois tels que les consoles, portes, rampes et escaliers a disparu,  laissant la façade dénudée de tout artifice.

a- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porté une charge(réelle ou figurée).

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble.

c- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’en partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche obliques, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.