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Joseph & Arsène Dussault 1601
Joseph & Arsène Dussault 1601
 

Maison Joseph & Arsène Dussault  1901
1601 – 1613 rue  LaSalle
Architecte : Charles Aimée Reeves
Entrepreneur général : Wilfrid Tardif

La chaîne des titres :

28 août 1895
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Arthur Hurteau  marchand

Acquéreur : Dame  Marie-Julie Beauchemin, veuve  Alphonse Barnabé Laroque en son vivant Médecin

Achat de trois lots de terre

22 octobre 1896
Notaire :Amable Archambeault
Vendeur :Dame  Marie Julie Beauchemin
Acquéreurs : Joseph & Arsène Dussault tous deux tailleurs de pierre résidant au 329 de LaSalle
Achat de trois lots de terre
                                   
28 mai 1901                                   
Permis est accordé à : Jos & A.  Dussault de bâtir, signé Wilfrid Tardif .

6 septembre 1901
Contrat entre Charles A. Reeves & Joseph Dussault
 « Trois maisons, sept logements, deux magasins pour J. Dussault , boucher,» 329 rue LaSalle

04 janvier 1908
Notaire :J.E. Henri Lesage
Vendeur :Dame Mathilda Mayrand veuve Joseph Dussault
Acquéreur :Arsène Dussault, boucher résidant à Maisonneuve
Achat de la moitié indivise des maisons qui appartenait à son défunt frère


Quand les frères Joseph & Arsène Dussault acquérèrent ces terrains  à la fin du XIXe siècle il n’y avait peu voire aucune animation dans le secteur. La rue Adam était presque déserte : mis à part la  première chapelle St Chutbert de la communauté protestante qui s’élevait un peu plus à l’est et les quelques huit maisons déjà construites . La rue de LaSalle  était, quant à elle, un peu plus urbanisée; il faut savoir que c’était la seule rue de Maisonneuve  qui se rendait au-delà de la côte Sherbrooke ou se trouvait le scolasticat des frères des écoles chrétiennes ( le Mont Lasalle ).

L’emplacement qu’ils choisirent, juste en face du presbytère, un peu au sud de la chapelle du Très Saint nom de Jésus et tout près des écoles, était idéal pour établir des commerces. Les frères Dussault qui étaient en ce temps-là tailleurs de pierre, connaissaient très bien ces terrains puisqu’ils habitaient tous les deux sur la rue de Lasalle, juste un peu plus haut. C’est ainsi qu’ils demandèrent à l’entrepreneur : Wilfrid Tardif de construire leurs nouvelles maisons.  Le contrat signé le 6 septembre 1901 avec l’architecte Charles Aimée Reeves stipulait  « Trois maisons, sept logements et deux magasins  sur la rue de Lasalle ».

Charles Aimé Reeves ( 1872 –1948 ) était, au début de 20e siècle, l’architectes le plus prolifique dans la ville de Maisonneuve. Il naquit dans le village de Pointe aux Trembles et obtint son diplôme d’architecture  en 1898 à l’âge de vingt-six ans. C’est presque immédiatement qu’il se joignit au bureau d’architecture auprès  d’Albert Mesnard . De leur collaboration  nous pouvons à juste titre affirmer que c’est l’église Très Saint Noms de Jésus, construite entre les années 1901 et 1905, qui constitue l’œuvre la plus accomplie issue de cette collaboration.

Cette maison-ci  est donc  une œuvre de jeunesse de l’architecte , nous retrouvons facilement ce modèle non seulement à Maisonneuve mais aussi dans d’autres quartiers.  Voici quelques maisons du quartier semblables à celle-ci :
Maison Narcisse Pérodeau,  bâtie en 1899  . Elle était située à l’angle  nord / est des rues Ste Catherine & Desjardins , Elle fut démolie vers 1979
HÔTEL NATIONAL .bâti en 1900 situé à l’angle sud /ouest des rues Ontario & William David. Elle fut incendiée  en 1923
Maison  J.L. Philippe Roy , bâtie en 1905  située au 4550-4560 rue Ste Catherine angle sud / est de la rue Bennett
HÔTEL L.A. MEUNIER bâti en 1905 située au 4291-4299 rue Ontario angle nord / ouest de la rue Letourneux
HÔTEL DEQUOY , bâti en 1905 située au 4247-4249 Ste Catherine angle nord / ouest de la rue de LaSalle
Maison Philippe Roy, bâtie en 1905 située au 4550-4560  Ste Catherine  angle sud / est de la rue Bennett       
Maison Cyril Lamontagne, bâtie en 1909 située au 1491-1493 rue de Lasalle    angle sud / est de la rue Adam

Bien entendu cette maison a bien changé au cours du siècle et il est fort à parier que la majorité des gens ont de la difficulté à savoir à quoi elle  pouvait ressembler  jadis!  Pour mieux la comprendre je vais me référer à une carte postale estampillée  en 1906  nous montrant la maison au tout début de son existence.

Maison Joseph  & Arsène Dussault , Pharmacie Lamontagne, 307 rue de LaSalle

Maison Joseph  & Arsène Dussault , Pharmacie Lamontagne, 307 rue de LaSalle

Carte postale   estampillée le 18 janvier  1906
Archive :  BNQ

Nous voyons sur cette carte postale  que le rez-de-chaussée était  composé de différents commerces du côté de la rue de LaSalle. Les vitrines étaient séparées d’entres-elles par des pilastres ( a ) .Une petite corniche de métal séparait  le rez-de-chaussée des étages. L’angle tronqué était tout à fait avantagé par la richesse et du décor . Admirez l’élégance des balcons  soutenus par des consoles  de bois.  La  magnifique corniche crénelée  en pierre  était tout a fait surprenante.

J’attire votre attention sur le couronnement pyramidale  qui surplombe la maison lui donnant  un aspect  majestueux. Cette pyramide était directement construite sur la toiture et non en porte-à –faux  au dessus des balcons. Nous pouvons voir qu’il était garni en son centre  de la date de  construction.  Un splendide fleuron  ( b ) s’élevait vers le ciel .  Il est à souligner que la maison du notaire Pérodeau , l’hôtel National , l’hôtel Meunier et la maison Lamontagne  étaient eux aussi coiffés de cette façon.
Cette maison diffère légèrement  des autres mentionnées plus haut par sa corniche de pierre . Sûrement que les propriétaires de l’époque y sont pour quelque chose puisse qu’ils ont été  tous les deux de tailleurs de pierre. 

Il est fort dommage que, sur le  territoire de Montréal, la grande majorité de ces maisons  ait perdu  ce genre de décor qui donnait aux angles des rues non seulement  des points de repère mais une qualité d’architecture qui est irrécupérable.

a- Pilastre : pilier aux pans carré rappelant la colonne. (très utilisé à Montréal)

b- Fleuron : ornement en forme de fleurs ou de bouquets de feuilles stylisées; ornement sculpté qui couronne un galbe, un pignon.

c- Dôme : toit galbé, de plan centré, à versant contigu ou à pans  de forme arrondi, couronnant un édifice.