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Clément Robitaille 590-596
Clément Robitaille 590-596
 

Maison Clément Robitaille 1909
590-596 rue de Lasalle
                       
18 août 1878
Notaire : Amable Archambault
Vendeur : Jean Letourneux, marchand de Montréal
Acquéreur :l’Abbé Victor Rousselot, curé de la paroisse Notre Dame résidant au séminaire St Sulpice rue Notre Dame

23 février 1886
Notaire : Amable  Archambault
Vendeur : l’Abbé Victor Rousselot, prêtre du séminaire de St Sulpice
Acquéreur : l’Abbé Alfred  Léon Santerre, curé de la paroisse Notre Dame
« donation des trois lots de terre sans bâtisses »

09 septembre 1894
Notaire : Amable  Archambault
Vendeur : : l’Abbé Alfred Léon  Santerre, ( Société de Jésus ) prêtre  à la retraite
Acquéreur : l’Abbé Pierre Deguire, curé de la paroisse Notre Dame
« donation des trois lots de terre sans bâtisses »

01 septembre 1909
Notaire :Joseph Bonin
Vendeur : Narcisse Amable Troie, prêtre du séminaire de St Sulpice agissant en tant que curé de la paroisse de Notre Dame et également en tant qu’exécuteur testamentaire de son prédécesseur  feu l’Abbé Pierre Deguire, prêtre
Acquéreur : Clément Robitaille  avocat, résidant au 449 rue de Montigny à Montréal
Lots : 8-126.127,128 sans bâtisse au moment de la promesse de vente le 5 mars 1909
Prix de la vente : $2850.00

01 septembre 1909
Notaire : J.A. Henri Dequoy
Prêteuses : Les sœurs Carmélites
Emprunteur : Clément Robitaille, avocat, résidant au 449 rue de Montigny à Montréal
La somme de : $6000.00 à 6%

04 août 1916
Notaire : J.A. Henri Dequoy
Emprunteur :  Clément Robitaille,  avocat
Prêteur : Ernest Chicoine,  marchand de Verchères
$4000.00 à 7% cette somme servira à rembourser un prêt chez les Carmélites.

16 janvier 1932
Décès de Clément Robitaille

09 juin 1933
Notaire : : J.A. Henri Dequoy
Vendeurs : Romulus Robitaille,  tuteur des huit enfants mineurs de feu Clément Robitaille et Dame Rosina Girard, veuve de feu  Clément Robitaille (membre du Parlement Canadien )   & Maurice Robitaille, étudiant en droit, agissant en son nom, Cécile Robitaille & Yvette Robitaille toutes deux filles majeures
Acquéreur : Dame Rosina Girard , veuve Clément Robitaille, résidant au 582  rue deLasalle
Achat pour elle seule de la maison
Prix de la vente : 10400.00

13 octobre 1936
Notaire: : J.A. Henri Dequoy
Vendeur : Dame Rosina Girard, veuve Clément Robitaille, résidant au 582  rue deLasalle
Acquéreur : Henri  Sicard


C'est en1878 que le curé de la basilique Notre Dame acheta ces terrains  de Jean Letourneux, un ferronnier de la rue St Paul dans le vieux Montréal.  Il est fort intéressant de constater que ces mêmes terrains se passèrent de curé en curé pendant des années et ce sans interruption, et bien que l'on conçoive aisément que ces Messieurs de St Sulpice ne pouvaient avoir de descendance directe, ils auraient pu toutefois léguer leurs biens à un neveu, un frère ou même à leur société. Ce ne fut pas le cas, puisque, à chaque fois. ils préférèrent les léguer ou les vendre à leurs successeurs.

C’est l’avocat Clément Robitaille qui fit bâtir cette maison en 1909; quant à sa voisine de gauche  elle fut bâtie ultérieurement  sur le calque de celle-ci .Longtemps cette maison fût habitée par  le professeur de danse Morenoff qui s’en servait comme studio de danse (claquettes & danse sociale). Plusieurs générations de résidents du quartier sont venues apprendre et parfaire leurs pas dans cette maison qui fut longtemps une véritable institution locale.

C’est une imposante maison issue de la période Édouardienne  assez sobre qui se présente devant nous. À gauche de la façade au niveau du rez-de-chaussée, nous pouvons admirer un oriel ( a ) lambrissé de  pierre de taille  lisse et ceinturé d’une  petite corniche ( b ) à modillon, fort jolie et toujours en place. À l’origine sa toiture était munie d’un épi bulbeux à son sommet. Nul besoin de vous spécifier que deux magnifiques portes en bois garnies de verres biseautées avantageaient   élégamment   cette façade dans un temps pas si éloigné.

A l’étage, dissimulées dans une  loggia ( c ) assez profonde, se retrouvent  les portes des autres logements.  Les murs de cette loggia  lambrissés de bois ont été refaits récemment dans une version plus contemporaine. Au dernier niveau, nous pouvons admirer sous les fenêtres un assemblage de pierres carrées, bouchardées, un détail qui s’apparente étrangement aux maisons dessinées par l’architecte : Charles A. Reeves.  L’entablement ( d ) en fer blanc  possède une frise à deux registres, celui à sa base étant garni de motifs en feston ( e ) alors que l'autre possède des motifs en besant ( f ) . La corniche  est soutenue par des modillons ( g ), le tout est encadré par deux échauguettes en saillie. La plus importante et également la plus malheureuse  intervention à avoir été faite sur cette maison fut la disparition de la toiture conique qui surmontait le balcon et qui s’élevait à plus de deux mètres au dessus de l’arrête faîtière. En plus, deux altières puises munies d’ailerons terminaient élégamment les coins de la corniche.  Seuls témoins encore existant de cet ouvrage, les deux montants qui surplombent les échauguettes. Il existe encore dans le quartier quelques beaux exemples de ce genre d’ornement mais malheureusement beaucoup trop de maisons en sont dépourvus, leurs propriétaires ayant eux aussi perdu la tête et les ont fait disparaître !

Voici à quoi  ressemblait  le couronnement de la maison.
Voici à quoi  ressemblait  le couronnement de la maison.

a- Oriel : ouvrage vitré en générale en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface. (généralement confondu avec le «Bay- window»).

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

c- Loggia : enfoncement formant un balcon couvert.

d- Entablement : ensemble horizontal supporté directement sur des colonnes  comprenant les parties suivantes : architrave, frise et corniche

e- Feston : ornement représentant une guirlande de fleurs et de feuilles liées en elles.

f- Besant : disque saillant sculpté sur un bandeau, un archivolte.

g- Modillon : ornement en forme de console renversé placée sous la saillie d’une corniche; ornement saillant répété de proche en proche sous la corniche, comme s’il la soutenait.

h- Parapet : mur plein à hauteur d’appui, formant garde-fou.