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Robert Ashton Kerr 4765
Robert Ashton Kerr 4765
 

Maison : Robert Ashton Kerr 1910
4765 rue Ste Catherine

La chaîne de titres :

13 août 1903
Notaire : René Leroux
Vendeur : Succession : Charles Théodore Viau
Acquéreur :  André Pamphile Cimon, contre-maître de Maisonneuve
Achat de deux lots de terre sans bâtisse
Prix de la vente : $1100.00

02 mai 1908
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur :  André Pamphile Cimon, manufacturier de chaussure de Maisonneuve
Acquéreur; Robert Ashton Kerr, docteur en médecine résidant à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $2000.00

16 décembre 1910
Notaire : Napoléon Théoret
Prêteur : T. Tiffin Perrault
Emprunteur : Robert Ashton Kerr, médecin
La somme de : $6000.00
Donne en garantis sa maison

26 mai 1942
Notaire; L.J. Raoul Laporte
Vendeur : Robert Ashton Kerr, docteur en médecine résidant au 4765 Ste Catherine
Acquéreur : Aristide Beaulieu, machiniste de «Impérial Oil Co. » domicilié au 2172 rue Desormeaux
Achat d’une maison , adresse :  4765 rue  Ste Catherine angle nord/est de la rue Leclaire
Prix de la vente : $6000.00

1942 Guerre prix de vente $6000.00


Le Docteur Kerr a longuement résidé sur la rue Notre Dame angle nord/est de la rue Letourneux, tout juste en face du premier Hôtel de Ville de Maisonneuve. Son cabinet  était aussi situé sur la rue Notre Dame tout près de sa résidence, quartier, qui rappelons le, au début du XXe siècle était le cœur de la ville naissante.

Rue Notre Dame angle nord/est rue Letourneux
Rue Notre Dame angle nord/est rue Letourneux, face à l’ancienne Hôte de Ville. La flèche indique le cottage du Dr. Kerr qu’il habitait avant de faire construire sa résidence sur la rue Ste Catherine. Le bâtiment à l’arrière de la photographie était une salle de spectacle et un cinéma du nom de READOSCOPE
.
Photographie , archive de la S.T.M. vers 1912

Rue Notre Dame angle Letourneux.
Rue Notre Dame angle Letourneux. Une autre photographies montrant le cottage du Dr. Kerr.
Photographe : Jean Paul Savard  1971

Comme nous le voyons sur la chaîne de titres, il achète ses deux terrains sur la rue Ste Catherine en 1908 mais c’est seulement en 1910 qu’il fait construire cette maison. Il choisit cette rue-ci probablement  dans le but de se rapprocher de sa clientèle car le déplacement du centre ville se faisait déjà sentir : la rue Notre Dame n’était plus l’unique rue commerciale, les rues Ste Catherine et surtout Ontario commençaient à attirer un grand nombre de commerçants. Un nouveau poste d’incendie s’était même implanté en 1902  rue Ontario et on parlait également à l’époque de déménager l’hôtel de ville et de bâtir un nouveau marché public.

Il est rare de voir une maison sans commerce sur cette rue très commerciale, exception faite peut-être  de la maison Racette, située à l'angle Nord-Est de la rue Viau. Ces deux maisons ont bien du mal à s'intégrer, tant  au plan des proportions que dans la trame urbaine/commerciale de la rue

Celle-ci adopte un  style édouardien d’inspiration classique mais  sans trop de conviction. Seule sa façade asymétrique  présente un intérêt architectural : elle est lambrissée de pierre calcaire grise extraite de l’une des nombreuses carrières de pierre de Montréal; nous accédons au rez-de-chaussée par un escalier d’une seule volée ( a ) qui à l’origine épousait  la forme d’un quart de rond. Au-dessus de la porte d’entrée domine une marquise en fer soutenue par des chaînes massives. À gauche s’élevant sur toute la hauteur de la  façade, se trouve un oriel ( b ) peu proéminent et qui est percé de trois fenêtres par étage. Un bandeau en pierre ceinture cette façade nous laissant apercevoir un  attique ( c )  qui couronne l’ensemble.

Pour terminer il faut remarquer une chose surprenante ; quand le   Dr. Kerr vendit sa propriété en 1942 , durant la second guerre mondiale, il ne réussit qu’a obtenir la somme de  $6000.00, soit la somme d’argent  empruntée en 1910 pour faire construire sa maison.

a- Volée : partie d’un escalier qui s’élève d’un palier à l’autre.

b- Oriel : ouvrage vitré en générale en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages; fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface.(généralement confondu avec le « Bay- window ».

c- Attique : couronnement horizontale décoratif, ou petit étage terminal d’une construction, placé au-dessus d’une corniche ou d’une frise importante.