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J. L. Philippe Roy 4550-4560
J. L. Philippe Roy 4550-4560
 

Maison J.L. Philippe Roy 1905
4550-4560 rue Ste Catherine est
Entrepreneur en construction : Walter Reed
Architecte : Charles Aimé Reeve

La chaîne des titres :

24 juin 1902
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : William Bennett, fermier, résidant rue Notre Dame angle Bennett
Acquéreur : Robert Fraser, contre-maître de la  (WATSON FOSTER Co.)
                   résidant au 600 rue Ontario
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : 750.00$

06 octobre 1903
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Robert Fraser, contre-maître de la  (WATSON FOSTER Co.)
Acquéreur : Walter Reed, entrepreneur, résidant au 389 rue de la Salle

18 août 1905
Permis est accordé à Walter Reed de bâtir sur ses lots

09 avril 1907
Notaire : René Leroux
Vendeur : Walter Reed, entrepreneur, résidant au 391 rue de LaSalle
Acquéreur : Joseph Léonidas Philippe Roy,  marchand de tabac résidant au 276 rue Ontario est   
Achat d’une maison avec commerces
Prix de la vente : 15 000.00 $


Il fallait être un peu visionnaire pour construire à cet endroit, en 1905, un bâtiment  comportant des commerces puisque la rue Bennett venait tout juste d’être ouverte dans ce secteur de la ville; les seuls autres bâtiments  dans les environs étaient des bâtiments de ferme appartenant à William Bennett. On pouvait y voir encore à cette époque,  juste au sud de la rue Ste Catherine,  l’immense étable en bois en forme de  « U ». Elle fût en partie démolie pour que l’on puisse ouvrir la rue Bennett, mais la partie orientale demeura en place bien des années encore.

La rue Ste Catherine n’était pas plus  achalandée qu’aujourd’hui mais la grande majorité des terrains aux angles des rues étaient déjà occupés par des bâtiments commerciaux ( Pie IX,  Desjardins, de LaSalle & Letourneux ) 

Encore cette fois-ci, le duo Robert Fraser &  Walter Reed est réuni : le premier s’occupe de l’achat  des terrains et le second de la construction de la bâtisse. Uniquement sur le territoire de Maisonneuve, ils ont acheté et construit ensemble plus d’une dizaine de maisons en cinq ans. Toutes ces maisons, sans exception, étaient l’œuvre de l’architecte bien connu : Charles Aime Reeves

photographie nous montrant à quoi ressemblait la maison au début du XXe siècle
Voici un dessin exécuté d’après une mauvaise photographie nous montrant à quoi ressemblait la maison au début du XXe siècle.

L’architecte utilisa, pour cette maison, les mêmes  plans  que ceux dessinés en 1899 pour la maison du notaire Pérodeau  qui était située a l’angle nord / est des rues Ste Catherine et Desjardins. Au même moment   l’entrepreneur Walter Reed bâtissait   deux autres maisons semblables,  l’une  à l’angle des rues Ontario & Letourneux (voir catalogue , rue Ontario , maison L.A. Meunier ) et l’autre à l’angle des rues Ste Catherine et de LaSalle( voir catalogue, rue Ste Catherine, hôtel  Dequoy ). Il est intéressant de savoir que ces trois maisons furent construites pour accueillir un restaurant dans le local situé à l’angle des rues.

Bien sûr nous retrouvons ce modèle de maison dans plusieurs quartiers de Montréal, incluant  les quartiers d’Hochelaga et Maisonneuve. Voici une liste non exhaustive des  maisons  du même genre avec quelques variantes sur le territoire d’Hochelaga et Maisonneuve.

Notaire Pérodeau ( 1899 ) Ste-Catherine & Desjardins démolie vers 1979 entrepreneur  :Hubert Provost
Joseph  Dusseault ( 1901 ) 1601 de LaSalle angle nord/est Adam, entrepreneur :           Wilfrid Tardif
Philippe Roy  ( 1905 ) 4554-4562  Ste-Catherine  angle sud/est Bennett,  entrepreneur  Walter Reed
Louis A.  Meunier ( 1905 )  4291-4297 Ontario  angle nord/ouest  Letourneux  entrepreneur  Walter Reed
Clément Dequoy  ( 1905 ) 4247-4249 Ste-Catherine  angle n ord/ouest  de LaSalle  :            Walter  Reed
Joseph Ménard ( 1907 ) 3400-3410  Ontario angle sud/est Davidson
Cyrille Lamontagne ( 1909 ) 1491-1493 de LaSalle angle sud/est Adam
Eugène Perreault ( 1909 )   3870-3874 Ontario angle sud/est Bourbonnière, entrepreneur :         lui-même
Ernest & Edmond Mitchell ( 1912 )   3983-3985  Lafontaine angle nord/ouest Valois, entrepreneurs :     eux-mêmes

Parmi les ressemblances les plus évidentes, nous remarquons bien sûr,  le coin tronqué qui fait l’angle des rues Ste Catherine & Bennett, le parement de pierre de  bossage (a), l’alternance des boutiques du rez-de-chaussée séparées par des pilastres (b) . La porte donnant sur la rue Bennett  menait non seulement au commerce du rez-de-chaussée mais aussi au logement de l’étage, ce qui était très pratique pour le commerçant et sa famille qui n’avaient pas besoin de sortir à l’extérieur .

Notez les deux oculi (c) du rez-de-chaussée qui changent le rythme continu, brisant ainsi la monotonie des ouvertures. Sur les autres bâtiments ci-haut mentionnés nous retrouvions jadis le même élément architectural.

À l’origine  une grande corniche (d) en tôle ouvragée couronnait  le bâtiment semblable à celle de la maison à l’angle Ontario / Letourneux. Par contre le sommet de l’angle tronqué était couronné d’une toiture pyramidale surmontée d’une crête et d’une  haute flèche.

Nous voyons sur le dessin que les balcons étaient en bois très oeuvré dans le goût de l’époque  Victorienne . Ils servaient facilement  de point de repère aux passants .

En terminant la grande porte cochère (e) donnant sur la rue Bennett est l’un des rares exemples à subsister dans le quartier, surtout avec ses portes de bois d’origine. Jadis, c’était la seule façon d’accéder à la minuscule cour intérieure.

-a   Pierre bossée : pierre au fini rugueux (très utilisée à Montréal).

-b  Pilastre : pilier aux pans carrés rappelant la colonne (très utilisé à Montréal).

-c  Œil de bœuf : fenêtre, lucarne, ronde ou ovale, pratiquée dans un mur, dans un comble Mot latin : Oculus. (pluriel, oculi) fenêtre aux formes  arrondies.

-d Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un plafond.
-e  Porte cochère : porte dont les dimensions permettent l’entrée des voitures (coches)