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Hôtel Clément Dequoy 4245-4249
Hôtel Clément Dequoy 4245-4249
 

Hôtel  Clément Dequoy  1905
4245-4249 Ste Catherine angle de LaSalle
Entrepreneur en construction : Walter Reed
Architecte : Charles-Aimé Reeve

La Chaîne des titres :

17 septembre 1882
Notaire : Ernest Leclerc
Vendeur : Charles Henri . Letourneux
Acquéreur : James Robertson, manufacturier
Achat de plusieurs lots de terre en culture

09 juin 1905
Notaire Ernest Decary
Vendeur : Succession de feu James Robertson, composée de :
John Morris Robertson
Henry Robertson
Charles Robertson
Tous manufacturiers
Acquéreur : Clément Dequoy, restaurateur,  résidant au 95 rue Ste-Catherine angle Desjardins
Achat de quatre parcelles de terre à l’angle nord/ouest des rues Ste-Catherine & de LaSalle
Prix de la vente : 1 750,00$

09 juin 1905
Notaire J.A. Henri Dequoy
Prêteur : ALLIANCE NATIONALE  représentée par :
Joseph Contant, pharmacien, son président
Louis Joseph David Papineau, sténographe,  son secrétaire
Emprunt de la somme de : 5 500,00$

18 août 1905
Permis est accordé à Walter Reed de bâtir

26 juin 1909
Notaire : Joseph Henri Olivier
Vendeur : Clément Dequoy, hôtelier, résidant au 535 rue Ste-Catherine
Acquéreur : Pierre Angela Daigneault, hôtelier ( Brunswick Hôtel ) 125 rue de l’Inspecteur
Prix de la vente : 23 000,00$

26 juin 1909
Notaire : Joseph Henri Olivier
Vendeur : Pierre Angela Daigneault, hôtelier résidant au 125 rue de l’Inspecteur
Acquéreur :: P.N. Ménard, charpentier, résidant au  303 rue  Jeanne d’Arc
Prix de la vente : 25 000,00$

16 mars 1910
Notaire : Joseph Henri Olivier
Vendeur : P.N. Ménard,  charpentier, résidant au  303  Jeanne-d’Arc
Acquéreur : Esdras Lauzon, Marchand, résidant au 601 Ste-Catherine à Maisonneuve
Prix de la vente : 26 500,00$

27 mars 1914
Notaire : Édouard Rivard Dufresne
Vendeur : succession Esdras Lauzon, représentée par John Johnson, courtier en immeuble
Acquéreur : Dame Clara Pineau, épouse de Louis Honoré Brodeur, bourgeois  158 de LaSalle
Achat de la Maison
Prix de la vente : 30 000,00$

16 février 1926
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeur : : Dame Clara Pineau, épouse de Louis Honoré Brodeur, bourgeois
Acquéreur : Dame Maria Montplaisir, épouse de Louis Montplaisir, bourgeois, tous deux résidant au 1420 rue Desjardins
Achat de la maison  # 2553,2555,2557 rue Ste-Catherine & 1406 à 1418 rue de LaSalle
Prix de la vente : 31 000,00$

04 septembre 1942
Notaire : P.E. Roy
Vendeur : Dame Maria Montplaisir, épouse de Louis Montplaisir, bourgeois, tous deux résidant au 1420 rue Desjardins
Acquéreur : Mlle Auréa Montplaisir

04 septembre 1953
Notaire : Jean P. Payette
Vendeur : Auréa Montplaisir, résidant au 4245 rue Ste-Catherine   à  Montréal
Acquéreur : Dame Claire Montplaisir, épouse de Charles P. Bélanger, opticien tous deux résidant au 4247 rue Ste-Catherine est  à Montréal
Prix de la vente : 19 000,00$


Encore cette fois-ci,  l’architecte  Charles-Aimé Reeve et  l’entrepreneur  Walter Reed  sont réunis dans ce projet. Il est intéressant de savoir que Walter Reed construisit, en même temps, deux autres maisons semblables dans Maisonneuve, avec chacune un restaurant,  au rez-de-chaussée. Il bâtissait  également  la maison située tout juste de l’autre côté de la rue Ste-Catherine ( voir catalogue, rue Ste-Catherine maison Félix Gervais )

Hôtel L.A. Meunier     4291-4499 Ontario angle nord/ouest Letourneux
Maison J.L. Philippe Roy    4550-4560 Ste-Catherine angle sud/est Bennett
Hôtel Clément Dequoy    4245-4249 Ste-Catherine angle nord/ouest de LaSalle

Bien sûr nous retrouvons ce modèle de maison dans plusieurs quartiers de Montréal, incluant  les quartiers d’Hochelaga et Maisonneuve. Voici une liste non exhaustive des  maisons  du même genre avec quelques variantes sur le territoire d’Hochelaga et Maisonneuve.

Notaire Pérodeau ( 1899 ) Ste-Catherine & Desjardins démolie vers 1979 entrepreneur  :Hubert Provost
Hôtel National ( 1900 ) rue Ontario angle sud / ouest william David   incendié totalement  en 1923
Joseph  Dusseault ( 1901 ) 1601 de LaSalle angle nord/est Adam, entrepreneur :           Wilfrid Tardif
Philippe Roy  ( 1905 ) 4554-4562  Ste-Catherine  angle sud/est Bennett,  entrepreneur  Walter Reed
Louis A.  Meunier ( 1905 )  4291-4297 Ontario  angle nord/ouest  Letourneux  entrepreneur  Walter Reed
Clément Dequoy  ( 1905 ) 4247-4249 Ste-Catherine  angle n ord/ouest  de LaSalle  :            Walter  Reed
Joseph Ménard ( 1907 ) 3400-3410  Ontario angle sud/est Davidson
Cyrille Lamontagne ( 1909 ) 1491-1493 de LaSalle angle sud/est Adam
Eugène Perreault ( 1909 )   3870-3874 Ontario angle sud/est Bourbonnière, entrepreneur :         lui-même
Ernest & Edmond Mitchell ( 1912 )   3983-3985  Lafontaine angle nord/ouest Valois, entrepreneurs :     eux-mêmes

Le restaurateur Clément Dequoy  ouvrit son premier restaurant  dans la ville de  Maisonneuve, en 1902, à  l’angle nord/est des rues Ste-Catherine & Desjardins. À ce moment-là, il était le locataire du notaire Pérodeau  qui avait fait construire cette belle maison en 1899. C’est à  l’été  1905 qu’il acquiert quatre parcelles  de terre, situées à un coin de rue à l’est de son restaurant, pour y faire construire son propre établissement.  En 1909, il vendit cet hôtel  à  Pierre Angela Daigneault qui ne perdit pas de temps en le revendant immédiatement avec un profit de 2000,00$.  Il faut savoir que Clément Dequoy avait acquis précédemment l’hôtel Brunswick de Pierre Daigeneault qui était situé à l’angle  sud/est des rues St- Jacques et de l’Inspecteur.  C’est seulement  en 1914 que Clément Dequoy revient s’établir dans Maisonneuve; il loue de Dame Philomène Dompierre un petit hôtel situé à l’angle nord/ouest des rues Ontario & de LaSalle ( voir catalogue, rue Ontario, Hôtel Dompierre ).

L’hôtel ferme définitivement ses portes en 1909; le local du rez-de-chaussée devint un commerce et les chambres situées aux étages furent transformées en logement. En 1926, le couple Louis et Maria Montplaisir  acquièrent cette maison  qu’ils connaissent bien puisqu’ils résident depuis des années dans le quartier. Déjà en 1907, ils opèrent une petite épicerie à l’angle sud/est des rues Ste Catherine & Desjardins. Au printemps 1919, ils achètent de Télesphore Lescadre une  maison sise à l’angle nord/ouest des rues Ste-Catherine et Desjardins et ils y établissent leur commerce.  C’est l’une de leurs deux  filles,  Claire, qui obtient de sa sœur Auréa, à un prix très avantageux pour l’époque,  cette maison-ci,   en 1953. Claire Montplaisir  avait épousé, le 22 juin 1943,  l’optométriste  Charles Paulin Bélanger  et tous  deux décidèrent d’habiter  au deuxième étage de cette maison. Le Dr Bélanger, en ces temps-là,  pratiquait dans  un petit cabinet d’optométrie,  aménagé dans son propre  logement.  Ce n’est  seulement qu’en 1970 qu’il prend  le local du rez-de-chaussée,  pour en faire la plus grande clinique d’optométrie du quartier. Aujourd’hui encore c’est la famille Bélanger qui tient  les rennes de l’entreprise et accueille la clientèle à la même adresse. 

Actuellement cette maison paraît très sobre, dépourvue de son ornementation de la fin de la période Victorienne. Je vais donc, pour la décrire, me référer à ce dessin du début de sa construction.

Dessin de l’Hôtel Dequoy vers 1907
Dessin de l’Hôtel Dequoy vers 1907

Collection : Pierre G. de la Cathédrale

Nous voyons que la pierre calcaire fut utilisée pour lambrisser entièrement  le mur de la façade donnant sur la rue Ste-Catherine et uniquement  pour une partie du mur donnant sur la rue de Lasalle. Il faut souligner que la majorité des maisons sises aux angles des rues étaient construites de cette manière et que celles, dont les deux murs étaient entièrement recouvertes de pierre, faisaient exception.   Le rez-de-chaussée, donnant sur la rue Ste-Catherine, était jadis  totalement ouvert sur la rue par le percement de larges vitrines séparées par des pilastres  (a) de bois  qui soutenaient  une jolie corniche (b).  Du côté de la rue de LaSalle, se trouvait, jadis,  une porte  qui servait  pour la livraison  des   fournisseurs de l’hôtel. Deux occuli (c) enjolivaient de part et d’autre cette porte.  La porte principale de l’établissement  était bien en vue   puisqu’elle  était située dans l’angle des deux rues comme nous pouvons le voir  encore aujourd’hui.

Par les beaux jours d’été, les fenêtres doubles à venteaux  se paraient de volets qui servaient pour la ventilation des appartements et permettaient de conserver la fraîcheur à l’intérieur. La présence de ces volets à l’extérieur rythmait et enjolivait également les travées entre les fenêtres.  

L’angle tronqué  aux étages était  jadis tout particulièrement  soigné et l’exubérance des balcons y était  pour quelque chose. Admirez le travail des artisans pour la composition de cette œuvre. Il est certain  que ces balcons surmontés d’une toiture pyramidale, elle-même coiffée d’une crête en fonte, servaient de point de repère aux badauds qui circulaient dans la ville.  

Au sommet de la maison, une large et proéminente corniche ceinturait  la maison avec élégance. 

Je ne comprends toujours pas pourquoi  dans les années cinquante  et même  encore de nos jours, les gens font disparaître les corniches de bois,  de tôle ondulée et de cuivre,  puisqu’elles  peuvent résister  au temps, aux intempéries et surtout, traverser les modes  successives.

a- Pilastre : pilier aux pans carrés rappelant la colonne.

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

c- Œil de bœuf : fenêtre, lucarne, ronde ou ovale, pratiquée dans un mur, dans un comble .mot latin (Oculus)

Oculus :  (pluriel : oculi)  fenêtre aux formes  arrondies.