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Charles Aimé Reeves 1877-1891
Charles Aimé Reeves 1877-1891
 

Maison: Charles A. Reeves année de construction 1906

Architecte: Charles A. Reeves

Entrepreneur en construction : Walter Reed

Adresse : 1877-1891 Pie IX

 

Chaînage de titre :

 

13 décembre 1902

Notaire : Marie Gustave Écrement

Vendeur : Alphonse Desjardins

Acquéreur : Robert Fraser, surintendant

Achat de lots de terre

 

13 septembre 1904

Notaire : Marie Gustave Écrement

Vendeur : Robert Fraser

Acquéreur : Walter Reed  entrepreneur, menuisier

Achat de lots de terre sans bâtisse

 

15 août 1905

Notaire : Marie Gustave Écrement

Vendeur : Walter Reed

Acquéreur : Charles Aimé Reeves,  architecte

 

19 novembre 1906

Notaire : François George Crépeau

Prêteur : Compagnie Alliance National

Débiteur : Charles Aimé Reeves

 

Cette très belle maison fût construite par l'architecte Charles A. Reeves et devint sa résidence familiale dans laquelle il vécut de1906 jusque sa mort, en1948. L'appartement qu'il habitait était situé au rez-de-chaussée #1891. Cet appartement est actuellement divisé en deux logements.

 

Charles Aimé Reeves fût, au début de 20e siècle, l’un des architectes les plus prolifiques dans la ville de Maisonneuve. Il naquit dans le village de Pointe aux Trembles et obtint son diplôme en 1898 .Il bâtit sa première résidence sur la rue Letourneux en 1900. De ses réalisations dans Maisonneuve citons l’église Très saint nom de Jésus, L’Académie Ste-Émilie, le poste de pompier #2, l’école St-Clément, Académie Ste Jeanne d’arc et pas moins de 50 résidences uniquement dans Viauville .

 

Plusieurs de ses réalisations, parmi lesquelles le READOSCOPE, les écoles St-Paul, Maisonneuve, et celui  des frère des écoles Chrétienne, sont malheureusement aujourd’hui détruites. Pendant  un certain temps, Charles Aimé Reeves fût même inspecteur des bâtiments pour la ville de Maisonneuve, il faut croire que, à cette époque, les conflits d’intérêt n’étaient pas à l’ordre du jour.

 

L’atelier qu'il partageait avec son associé Albert Ménard, se situait sur la rue Ste-Catherine, entre les rues Davidson & Cuvillier. 

 

Bien que le style architectural qu'il a privilégié est d'une mixité étonnante, nous pouvons sans hésitation affirmer que cette maison s’inscrit dans le « style Édouardien d’inspiration gothico-Renaissance Anglaise, en vogue à Montréal entre (1895-1940 )» Cependant le rez-de-chaussée, composé de rayure de pierres calcaires bouchardées (a) grises et de taille  lisse couleur chamois, est d’inspiration Georgien (1900-1940). Le premier étage lambrissé de brique d’argile rouge de même que l’utilisation de la pierre chamois pour le chaînage d’angle s’apparente à ce même style. Quand on regarde les devis architecturaux (2) de divers projets de grande envergure, telles que les écoles que Reeves a conçues durant sa carrière, on remarque qu'il affectionnait particulièrement ce style. Le brisis(c) de la toiture en fausse mansarde est recouvert uniquement de tuiles d'ardoise en forme d'écailles de poisson. Mais ce qui nous frappe particulièrement ce sont les pignons chantournés(d) tout à fait dans l’esprit du Style Édouardien d’inspiration Gothico-Renaissance Anglaise. Le fin bandeau à motif d'oves(e)   contournant et soulignant la toiture contribue à faire ressortir le genre peu commun du couronnement. . Il est en effet très rare que ce genre de pignon et lucarne, pourtant très populaire dans les constructions situées dans l'Ouest de la ville de Montréal, se retrouve à Maisonneuve. Charles Aimé Reeves aura sûrement voulu pour sa propre résidence se démarquer de ses voisins.  

Résidence  Charles A. Reeves vers 1910
Résidence  Charles A. Reeves vers 1910
Archive Harry Richards

En regardant la photographie de Harry Richards prise en 1910 de cette maison, nous pouvons aisément constater que les balcons étaient supportés par de belles consoles (f) et que ces balcons avaient de belles rampes de bois qui sont aujourd’hui remplacées par des rampes de fer.

À noter aussi les longs mâts qui prolongent les lucarnes. La grande majorité des maisons dessinées par Reeves  était pourvue  de cet élément de décoration, décoration qui a actuellement complètement disparu. Autres éléments disparus sont les puises couronnant les pignons.

L’intérieur de l’appartement qu’occupait  Reeves n’était pas non plus sans intérêt. Cette photographie prise  par Pierre Sansregret le 23 août 1990 nous montre l’un des manteaux de cheminée et témoigne du souci du détail qu’avait son architecte.  Le hall d’entrée, le salon  et la salle à manger étaient tous pourvus de boiseries et d’un décor de plâtre finement ouvragé.

Manteau de cheminée
Manteau de cheminée
Photographie de Pierre Sanregret 1990
Archive A.H.H.M.

Portes de l’appartement de Charles A. Reeves
Portes de l’appartement de Charles A. Reeves
Photographe ; Pierre Sansregret  23 août 1990
Archive : A.H.H.M.

(a): pierre bouchardée: pierre travaillée avec un marteau ou un rouleau armé de pointe appelé boucharde

(b): Chaînage harpé:chaîne servant au raccord d'une construction, chaînage d'angle:chaîne de pierre forment l'angle d'un bâtiment

(c): Brisis: versant inférieur d'un toit

(d): Chantourné: à contour capricieux de courbes et contre-courbes

(e): Ove: ornement en forme d’œuf

(f) : console : organe en saillie sur un mur destiné à porté une charge(réelle ou figurée)

Guy Pinard  MONTRÉAL SON HISTOIRE SON ARCHITECTURE

François Rémilard & Brian Merrett : DEMEURES BOURGEOISES DE MONTRÉAL. Édition du Méridien 1986