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J. Oscar Hamel 1835
J. Oscar Hamel 1835
 

Maison Joseph Oscar Hamel  1928
1835 Boulevard Pie IX

 

chaînage des titres :

15 février 1890
Notaire : Eusèbe Laliberté
Vendeurs   : Dame Rachel Mathieu,  veuve Jean Batiste Marcel Décary
                        Dame Zaïde Paré, épouse de Louis Edouard Desjardins
                        Révérant Joseph Jacques Édouard Desjardins sj. , représenté par
le Révérant Léonard Élie  de la Compagnie de Jésus ( Jésuite )
Dr. Guillaume Henri Desjardins , tuteur des enfants mineurs
Dr. Louis Édouard Desjardins
Acquéreur : Alphonse Desjardins, avocat
Acquéreur en son nom personnel d’une centaine de lots de terre

03 juin 1902
Notaire : Robert H. Barron
Vendeur : Alphonse Desjardins,  avocat
Acquéreur : John C. Cox, contre-maître
Achat d’un Cottage de bois recouvert partiellement de brique
Prix de la vente : $2600.00
Il prend également une hypothèque de $2900.00

04 février 1926
Notaire : Joseph Alphonse Bibeau
Vendeur : John C. Cox
Acquéreur :Dr. Joseph Oscar Hamel, médecin résidant au 2525 Ontario
Achat d’un Cottage de bois partiellement recouvert de brique
Prix de la vente : $11000.00

01 juin 1928
Notaire : Joseph Alphonse Bibeau
Prêteurs : Adélard Lachapelle, avocat & Louis Achille Champagne, pharmacien
Emprunteur : Joseph Oscar Hamel, médecin
La somme de : 13000.00  dont $9000.00 à L.A. Champagne & $4000.00 à

  1. Lachapelle  à 6 ½ % d’intérêt

29 mars 1957
Notaire : J. Saint Germain
Vendeur : Joseph Oscar Hamel
Acquéreur : Dame Fernande Dufresne Deschatelets
Achat d’un Cottage de bois recouvert de brique portant le # 1835 Boul. Pie IX

 

Parmi la centaine de maison dont j’ai fait l’étude jusqu’à présent c’est sans conteste cette maison qui m’a donné le plus de fil à retordre. Il est en effet très difficile de trouver des documents pertinents concernant  les prix de vente de terrains où de maisons  quand nous avons affaire à Alphonse Desjardins et ses proches. La raison étant que probablement, à l’époque tout se réglait en famille et l’on passait chez le notaire simplement pour la formalité. Un autre problème d’envergure que j’ai rencontré lors de mes recherches, est que cette famille ayant beaucoup d’argent et possédant beaucoup de terrains à eux, il n’avait pas besoin de prendre une hypothèque et même de demander un permis de construction à la ville pour faire ériger une maison sur leurs terrains. C’est ainsi que nous retrouvons pas moins d’une dizaine de cottages dans les environs qui furent bâtis par cette famille ( Joséphine Desjardins, Hubert Desjardins, Édouard Desjardins, Alphonse Desjardins ) et ce sans le moindre document.

Photo #2
Honorable Alphonse Desjardins Maire de Montréal
Honorable Alphonse Desjardins Maire de Montréal .

photographies prise en 1894

Comme l’indiquent les actes notariés, à cette endroit se trouvait à la fin de XIXe siècle un cottage de bois recouvert partiellement de brique. Selon toute vraisemblance ce cottage devait être de style « Queen Anne » très en vogue à l’époque dans l’ouest de la ville de Montréal. Alphonse Desjardins était avocat, journaliste, député à la chambre des communes, maire de Montréal et finalement sénateur du Canada, de ce fait il devait très bien connaître les us et coutumes de la communauté anglophone.  La mention « partiellement recouvert de brique » laisse présumer que l’étage n’était pas recouvert de brique mais bien de bois. Dans ce style en question, souvent l’étage était lambrissé soit de clin de bois ou encore de bardeaux de bois aux formes assez élaborées  (losange, écaille de poisson etc.) La toiture en pignon munie d’une tourelle complétait le tout. Ce genre de maison, à l’époque peu coûteuse à bâtir puisque fait presque uniquement de bois, s’insérait parfaitement au milieu campagnard qu’était Maisonneuve à la fin du XIXe siècle. La presque totalité des cottages de la famille Desjardins n’était pas habitée par un membre de la famille mais était louée à d’autres locataires désireux de s’établir dans les environs. Ce cottage fût d’abord  loué par William Bergholdt, membre du Consulat d’Allemagne, puis par la suite par Charles Bardoff., qui se fît construire plus tard sa propre maison sur la même rue au sud de la rue Lafontaine.(voir, rue Pie IX maison : Charles Bardoff )

John C. Cox était au début du XXe siècle  contremaître à la « ST-LAWRENCE SUGAR.Co» l’actuel SUCRE LANTIC sur la rue Notre Dame. Il résidait auparavant dans un petit trois-pièces sans commodités aucune sur la rue Letourneux au sud de la rue Ste Catherine et louait ce petit appartement à  Michael Furry (voir : Letourneux, maison Michael Furry). Selon les actes notariés, il achète le cottage à Alphonse Desjardins et contracte également auprès de lui une hypothèque supérieure au prix de la maison, ce qui lui permet de ne rien débourser pour l’achat de sa première maison.

Joseph Oscar Hamel, médecin, pratiquait dans le quartier précisément sur la rue Ontario entre les rues Orléans et Pie IX. Après avoir acheté le cottage à John C. Cox, il emprunta une plus  grande somme d’argent probablement pour démolir le premier cottage et faire construire cette belle demeure plus urbaine que la précédente.

Cette maison s’inspire du mouvement des Arts et Métiers  ( Arts & Crafts )qui fût en vogue à Montréal entre les années 1900 & 1940.  Ce style était plus fréquemment utilisé dans les villes comme Westmount, Outremont et Montréal Ouest. Son parement de brique aux tons Olive et ocre était généralement utilisé à l’époque pour ce genre d’ouvrage. Sa large galerie supportée par des pilastres (a) gaminés aux chapiteaux  fort intéressants lui donne davantage d’opulence. Le fronton ( b ) arquée de même que les deux oriels ( c ) latéraux donnent la symétrie à l’ensemble.

Admirons les élégantes consoles ( d ) de bois qui supportent le larmier de la toiture sans oublier les acrotères ( e ) en forme de palmette qui surplombent les coins des toitures de la galerie et de la maison.

Les porches sur les deux côtés de la maison qui conduisent à l’arrière donnent encore plus de prestance et d’ampleur  à la propriété. 

 

Pilastre : pilier aux pans carrés rappelant la colonne. (très utilisé à Montréal)

b- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’en partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche oblique, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.

c- Oriel : ouvrage vitré en générale en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages;    fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface. (généralement confondu avec le »Bay- window ».

d-. Console : organe en saillie sur un mur destiné à porter une charge(réelle ou figurée)

e- Acrotère : élément décoratif aux formes variées ( vase, palmette ), placé au sommet d’un édifice ou d’un fronton.