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Dame Joséphine Pia Desjardins 1694
Dame Joséphine Pia Desjardins 1896
 

Maison : Joséphine Desjardins  1896
1800, 1806, 1228 & 1832 Boulevard Pie IX

15 février 1890
Notaire : Eusèbe Laliberté
Vendeur : Rachel Mathieu, veuve Jean-Baptiste Marcel Décary
Acquéreurs : Dame Zaïde Paré, épouse du Dr Louis Édouard Desjardins
                     Dr Louis Édouard Desjardins, médecin
                     Joseph Jacques Alphonse Desjardins, avocat et fils de feu                      Virginie Paré
                     L’Abbé Léonard Élie  Desjardins,  jésuite
                     Guillaume Henri Desjardins
Vente des lots de terre

18 février 1890
Notaire : Eusèbe Laliberté
Vendeur : Alphonse Desjardins
Acquéreurs : Dame Zaïde Paré, épouse de Louis Édouard Desjardins, médecin
                     Joseph Jacques Alphonse Desjardins, avocat
                     L’abbé Léonard Élie Desjardins S.J.
Donation de quelques lots de terre

16 novembre 1896
Notaire : Louis Dumouchel
Alphonse Desjardins donne en partage  des lots de terre  à ses enfants

19 juillet 1899
Notaire : Louis Dumouchel
Alphonse Desjardins donne en partage des lots de terre à ses frères et sœurs

25 janvier 1900
Notaire : F. Samuel McKay
Alphonse Desjardins
Banque Jacques-Cartier, représentée par Guillaume Ducharme de la cité de Ste-Cunégonde
Emprunte la somme de : 99 788,59 $
Donne en garantie : plus d’une centaine de lots de terre

17 mars 1901
Notaire  : Louis N. Dumouchel
Vendeur : Alphonse Desjardins
Acquéreur : Dame Marie  Joséphine Pia Auria Desjardins épouse de Louis Jo. Siméon Morin, sa fille

27 mars 1901
Notaire Dumouchel
Correctif de la vente à Dame Marie J. P. A. Desjardins

17 mai 1902
Notaire : Louis N. Dumouchel
Vendeur : Dame Marie Joséphine  Pia Auria  Desjardins  épouse de Louis Joseph Siméon Morin
Acquéreur : John Hardie  résidant à Longueuil
Prix de la vente : 2 250,00 $

11 juillet 1912
Notaire : J.R. François Beaudry
Vendeur : Dame Joséphine Webster Dougall,  veuve John Hardie
Acquéreur : Joseph Arthur Couture, notaire
Prix de la vente : 3 400,00 $

13 mars 1913
Notaire : Norbert Brunet
Prêteur : Jules Couture,  bourgeois résidant à Napierreville
Emprunteur :  Joseph Arthur Couture, notaire
Il donne en garantie une maison en brique située au  428 Boulevard  Pie IX

18 février 1921
Notaire : Norbert Brunet
Vendeur : Joseph Arthur Couture, notaire
Acquéreur : Henry Jekell,  marchand de bois, résidant au 79 rue Stadacona.
Prix de la vente : 5 300,00 $


Cette maison, ainsi que ses trois voisines, fût bâtie par la famille du sénateur Alphonse Desjardins. Ce sont les derniers témoins  de la dizaine de cottages que les membres de cette famille ont fait construire sur cette rue. Nul besoin de vous dire que ces constructions sont les plus anciennes   sur le boulevard  Pie IX. J’attribue  ces maisons à Joséphine Desjardins, fille du sénateur; non pas que ce soit  elle qui les fit bâtir,  mais c’est elle qui les acquit personnellement  en 1901. Auparavant, elles appartenaient toutes, en partie indivise, à sa famille. Il est important de souligner également qu’elle a résidé avec son époux, l’avocat  Louis Joseph Simon  Morin,  au  1832 Pie IX, pendant plusieurs années, avant de déménager dans la nouvelle ville d’Outremont.

Mon choix s’est arrêté sur cette maison-ci car c’est la plus authentique des quatre; au cours des années, malgré les modes successives et les quelques changements apportés, elle a su garder son cachet de la fin de la période Victorienne. Les autres, bien que semblables, n’ont pas su préserver leur intégrité.

Comme tous les cottages bâtis par la famille Desjardins, cette maison est lambrissée de brique d’argile. Ceci n’est pas surprenant puisque cette famille possédait une briqueterie qui était située à l’angle des rues Pierre de Coubertin & Desjardins. Cette entreprise puisait directement  sa matière première (glaise) dans la falaise, sous la rue Sherbrooke, pour la fabrication entre-autres  de tuyaux  pour cheminée et de briques communes. Cette entreprise familiale  était administrée par le frère de Joséphine,  Hubert Desjardins qui lui aussi résidait sur le boulevard Pie IX.

La toiture, en fausse mansarde,  recouverte de tuiles d’ardoise et soutenue par une corniche de bois, traduit très bien le goût de l’époque. Mais j’attire particulièrement  votre attention  sur  ses deux lucarnes  dites  «à casque » (a) surmontées de beaux fleurons (b). Ce modèle de lucarne est un rare exemple encore visible dans le quartier, alors que nous avons la possibilité d’en admirer bon nombre ailleurs  dans  la ville car ce motif était très prisé à l’époque.

La longue galerie qui parcourt toute la façade n’est pas d’origine bien qu’elle s’intègre parfaitement  au décor. Le choix d’avoir privilégié ses étroits pilastres (c) géminés est étonnant mais fort harmonieux. Lors de sa construction, il n’y avait qu’un étroit perron soutenu par des poteaux tournés en balustre (d) semblables à ceux qu’on peut voir chez les maisons  voisines de droite. Les deux fenêtres de gauche étaient, de ce fait même,  dégagées  et recevaient   un meilleur éclairage naturel ce qui n’était pas sans importance, étant donné l’absence d’éclairage électrique.

Il y a un élément architectural  quasi anachronique sur la façade et il se situe   au niveau des linteaux (e) au-dessus des fenêtres et de la porte de rez-de-chaussée. Ils sont magnifiquement ouvragés et d’origine, il n’y a pas erreur,  mais à la toute fin du XIXe siècle, ils n’étaient plus utilisés ; les bâtisseurs préférant arquer légèrement le haut des fenêtres avec un appareillage  de briques toutes simples, dans un but évident d ‘économie et non de modernité.
Nous pouvons admirer ici un  bon exemple  d’une maison de XIXe siècle adaptée à notre façon de vivre au XXIe siècle et ce, sans avoir à saccager notre patrimoine.

a- Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment.
« À casque » : forme rappelant la forme des casques de parade des armées de la Grande Bretagne et de la Prusse.

b- Fleuron : ornement en forme de fleurs ou de bouquets de feuilles stylisées; ornement sculpté qui couronne un galbe, un pignon.

c- Pilastre : pilier aux pans carrés rappelant la colonne.

d-Balustre : colonnette ou court pilier renflé ou mouluré généralement employé avec d’autres et assemblé avec eux par une tablette pour former un appui, une clôture, une rampe,  un motif décoratif.

e- Linteau : pièce horizontale fermant la partie supérieure d’une porte, d’une fenêtre et soutenant la maçonnerie.