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Joe Quévillon 1682-1686
Joe Quévillon 1682-1686
 

Maison : Joseph Quévillon 1899

31 janvier 1894
Notaire : P. Dussault
Vendeur : Élie Mayer, entrepreneur de pierre à construction
Acquéreurs : Marcellin Paquette & Tancrède Bienvenue
Échange de terrains

09 mars 1896
Notaire : Théo. Doucet
Vendeur : Marcellin  Paquette
Unique Acquéreur : Tancrède Bienvenue, inspecteur de banque
Transport & donation de sa partie du lot de terre

21 janvier 1899
Notaire; Marie Gustave Écrement
Vendeur; Tancrède Bienvenue
Acquéreur : Joseph Quévillon, hôtelier de la rue Notre-Dame à Maisonneuve
Achat d’un lot de terre

29 novembre 1899
Notaire : Marie Gustave Écrement
Emprunteur: Joseph Quévillon, hôtelier de Maisonneuve
Prêteuse : Dame Nathalie Castillon, Veuve Charles Rufa
La somme de : $3000.00 à 5 ½ %

 

18 mai 1907
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Joseph Quévillon, marchand de farine & de grains rue Notre-Dame,
Acquéreur : Cuno  Ehmann, architecte, résidant au 271 rue Letourneux
Achat d’une maison
Prix de la vente : $3700.00

05 juin 1916
Notaire : Joseph Arthur Couture
Vendeur : Dame Mathilde   B.  Veuve Cuno Ehmann, demeurant à Ste-Anne de Beaupré
Acquéreur : Adélard Gagnon,  entrepreneur électricien
Une maison # 410-414 boul. Pie IX
Prix de la vente : $5065.00

 

Joseph Quévillon avait à la fin du XIXe siècle un bel hôtel  bien situé sur la rue Notre-Dame face à la brasserie Molson tout près de « Square Papineau ». Par la suite, il acheta un nouvel hôtel toujours sur la rue Notre Dame mais au coin sud/est de la rue Lasalle dans Maisonneuve. Dans ce temps là il y avait beaucoup d’hôtels sur la rue Notre-Dame, le plus ancien étant l’hôtel Benoît situé coin nord/ouest de la rue Lasalle. L’hôtel Dupérée situé sur l’actuel parc Champêtre, ou encore l’hôtel Lépine au coin de la future rue Leclaire. Ces établissements constituaient une parfaite étape pour les passagers qui partaient de Montréal en direction de Trois-Rivières ou de Québec et ainsi pouvaient faire une halte pour abreuver les chevaux. Les dames en profitaient pour aller à la «  bécosse »   et les hommes pour se mettrent  "un petit verre derrière la cravate", après tout ce beau monde repartait pour le prochain arrêt «  le bout de l’île ».

L’année où Joe Quévillon se fait bâtir cette maison à  trois logements,  il en fait construire une autre sur la rue Letourneux près de la rue Notre-Dame. Il réside au rez-de-chaussée de cette dernière qui était tout près de son travail. C’est l’entrepreneur Joe Paquette qui demande à la ville le permis de construction le 13 juin 1899. Il ne serait pas surprenant que ce soit lui aussi qui ait construit la maison à trois logements. Celle de la rue Letourneux avait tout le confort pour des gens aisés; les locataires du temps étaient des médecins, un avocat etc.

Photo # 18
Maison Joe.  Quévillon sur la rue Letourneux
Maison Joe.  Quévillon sur la rue Letourneux

Photographie prise le 31 octobre 1908
Archive S.T.C.U.M.

La maison Joseph Quévillon devait avoir tout le confort désiré par la classe bourgeoise car l’un de ses  premiers locataires était Isaïe Laniel, co-propriétaire de la compagnie Laniel & Co. Isaïe déménagea par la suite dans la maison Hamel & Bleau sur la rue Letourneux et devint voisin de palier avec l’architecte Cuno Ehmann. C’est peut-être lui qui vanta les mérites de cette belle maison car en 1907 cet architecte l’acheta de Joe Quévillon qui n’était plus hôtelier mais s’était recyclé en marchand de farine & de grains. Son commerce était toujours situé sur la rue Notre-Dame mais cette fois-ci entre les rues Pie IX et Jeanne D’arc, juste en face de l’usine de sucre. Par la suite, il retourna sur la rue Letourneux où il  loua un petit appartement chez le Docteur Quintal dans la maison Louis Champagne( voir : rue Letourneux, maison Louis Champagne).

Cette maison de bois, lambrissée de briques d’argile est typique de la fin du XIXe siècle. Elle abrite trois logements sur trois étages, épousant la forme d’un « L ». La cuisine se trouvait à l’arrière; ce qui était la norme qui prévalait à l’époque et qui allait se poursuivre pour encore deux à trois décennies à Montréal. Avant cette période, le plan rectangulaire était généralisé pour la construction de maisons à logement. Il fut abandonné car le poêle à bois se trouvait presque au centre de la maison,  et il  surchauffait les appartements pendant les belles saisons.

Les trois longues galeries qui parcourent d’un bout à l’autre la façade ne me semblent pas d’origine même si elles sont très anciennes.  À la fin du XIXe siècle, pour ce genre de maison, nous retrouvions en général un large escalier droit qui montait directement devant les deux portes de l’étage. On pouvait aussi y voir un petit balcon d’une largeur de deux mètres et demi,  au dernier étage, qui surplombait  l’escalier. Pour le rez-de-chaussée une ou deux marches conduisaient à un palier ou directement à la porte. Il se pourrait que ces galeries soient d’origine, mais ce serait alors l’une des premières maisons à  Montréal à en posséder. Ce n’est que vers 1910 que ces longues galeries se généralisent dans la construction des habitations. C’est l’arrivée massive de travailleurs provenant de la campagne qui fait changer la façon de construire. À Maisonneuve, une majorité de familles d’ouvriers  provienne de la  campagne, ces gens avaient l’habitude de passer une grande partie de leurs loisirs à l’extérieur. Lorsqu’ils arrivent à Montréal ou à Maisonneuve, ils préfèrent s’installer dans un logement avec une galerie face au trottoir, ce qui leur rappelle leur maison rurale.

Qu'elles soient d’origine où non ces belles galeries ne manquent pas de panache! Ces belles colonnes   (a) toscanes leur procurent une belle élégance. Il faut remarquer le fin détail de la corniche (b) et des deux lucarnes (c) mises  en valeur par les deux couleurs.

 

-a Colonne : support vertical constitué d’un fût de section circulaire et généralement d’une base et d’un
    chapiteau.
-b Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un
     plafond.
-c Lucarne : petite fenêtre percée dans le toit d’un bâtiment.