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Charles Bélanger 1660
Charles Bélanger 1660
 

Maison : de l’Échevin  Charles Bélanger  1912

Chaînage des titres :

16 juin 1911
Notaire : Raoul Dumouchel
Donatrice : Dame Zaïde Paré, épouse de Édouard Desjardins, médecin
Acquéreur : Dame Marie Rachel Sara Mathieu veuve de Édouard  Desjardins en son vivant commis comptable
Acquière  en don le  lot voisin sans maison.

05 octobre 1911    Vente public
Notaire : Raoul Dumouchel
Vendeurs :Marie Rachel Sarah Mathieu veuve de Édouard  Desjardins en son vivant commis comptable. Tuteur de ses enfants tous mineurs :
                        Édouard Desjardins, Louis Desjardins Marie Desjardins, Simone Desjardins, Jean Desjardins, Lucille Desjardins & Jeanne Desjardins.
                        Dr. Louis Édouard Desjardins, agissant comme co-tuteur
Acquéreur : Charles Bélanger, marchand , Maisonneuve
Prix de la vente : $2400.00

07 juin 1950
Notaire : O. Tétreault
Vendeur : Succession Charles Bélanger
Acquéreur : Yvon Bélanger ( son fils )

05 décembre 1963
Notaire : Elvin Legault
Vendeur : Yvon Bélanger, domicilier au 1660, Pie IX mais dont le domicile futur sera au 1670 Pie IX.
Acquéreur : Mlle, Anne Marie Lacoste
Prix de la vente : $45.000.00

 

Charles Bélanger était en 1912 un commerçant prospère, son commerce était situé sur la rue Ontario près de la rue Lasalle. Il résidait juste au-dessus de son commerce  ce qui était sans aucun doute très pratique pour lui et sa famille. Il fût élu en 1910 échevin dans l’équipe du maire Alexandre Michaud. Les autres échevins étaient : Oscar Dufresne, Robert Fraser, Octave Germain, Éphrem Lemay & Marie Gustave Écrement. C’est peut-être à cause de cette élection qu’ il décida de se faire construire une splendide maison comme celles que possédaient déjà les autres échevins de la ville.

Photo # 1
Commerce de Charles Bélanger sur la rue Ontario
Commerce de Charles Bélanger sur la rue Ontario

Photographe : Harry Richards  1910
A.H.H.M.

Cette élégante  maison de style Édouardien d’inspiration Gothico-Renaissance Anglaise (1895-1940) domine la rue du haut de son promontoire. Lors de sa construction l’église voisine n’était pas encore bâtie et un petit cottage appartenant à la veuve Desjardins était érigé à sa droite. Nous pouvons présumer que, avec sa façade très soignée ainsi que le côté oriental donnant sur le jardin, elle devait attirer  tous les regards des badauds. 

Son parement de brique dite « Cambrige » est tout particulièrement bien utilisé dans le travail de la corniche ( a ) et de la fenêtre aveugle, deux éléments que l’on peut admirer sur le côté de la maison. Le jeu des différentes saillies ( Oriel, balcon etc.) tant sur la façade que sur le côté ne rend pas cette maison monotone , bien au contraire.

L’Architecte a pris soin d’avantager la terminaison de cette maison par un parapet  ( b )  chantourné ( c ) terminé  à gauche par un bel épi ( d ) de métal  ouvragé et à droite par un globe sur pied.

Il est surprenant que l’on n’ait pas plus utilisé de pierre dans cet ouvrage. Généralement à Montréal la brique était considérée comme un matériau un peu pauvre comparativement à la pierre si facile à trouver dans la région. Même Maisonneuve avait sa propre carrière de pierre qui était située au coin nord ouest de l’actuel parc Maisonneuve. Seul le bandeau ( e ) séparent  l’étage , les linteaux, les clefs de voûte et le cartouche de l’attique furent utilisés  en pierre calcaire.

Photo # 2
Carrière de Maisonneuve 1910
Carrière de Maisonneuve 1910
Photographe : Harry Richards 
A.H.H.M.

Les  deux battants des portes de l’entrée principale ne manquent pas d’intérêt non plus. Leurs fenêtres en accolades façon Beaux arts imposent le respect à qui veut les franchirent.

Pour ceinturer la propriété et la protégé de tout intrus non désiré,  un muret de brique surmonté d’une haute  et élégante clôture de fer complète le domaine.  

 

a-Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un  plafond.

b- Parapet : mur plein à hauteur d’appui, formant garde-fou.

c- Chantourné : découpé suivant un profil donné.

d- Épi : ornement décorant la crête d’un toit.

e- Bandeau : plate-bande unie autour d’une baie; assise ou moulure en saillie sur une façade