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Arthur Choquette 1418-1422
Arthur Choquette 1418-1422
 

Maison : Arthur Choquette  1907
Entrepreneur en construction : Arthur Choquette
1418 -1422  Boulevard  Pie IX

La chaîne de  titres :

16 novembre 1896
Notaire : Raoul  Dumouchel
Donateurs : Alphonse Desjardins & L’abbé Joseph Jacques Alphonse Desjardins S.J.
Acquéreur : Dame Zaïde Paré

27 juillet 1900
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Louis Édouard Desjardins, médecin, procureur de son épouse Zaïde Paré
Acquéreur : Arthur Choquette, menuisier, résidant au # 204 Jeanne d’Arc
Achat d’un lot de terre sans bâtiment
Prix de la vente : 1000,00 $

24 avril 1911
Notaire : Pierre Chrysologue Lacasse
Vendeur : Arthur Choquette, menuisier, résidant au # 182 rue Pie IX
Acquéreur : Dame Azilda Lapierre, veuve Joseph Charboneau, 101 rue Desjardins
Prix de la vente : 5350,00 $

20 septembre 1913
Notaire : Pierre Chrysologue Lacasse
Venderesse: Dame Azilda Lapierre , veuve Joseph Charboneau
Acquéreur : Auguste Lavoir, épicier, résidant au # 593 rue Fullum   Montréal
Achat d’une maison
Prix de la vente : 7000,00 $
«  La venderesse aura droit de garder le logement qu’elle occupe actuellement en payant un loyer de 16,00$ par mois à compter du premier octobre prochain ».


Cette maison fut la première construite sur le boulevard Pie IX,  entre les rues Ste Catherine & Adam. Elle fut même  isolée pendant des années sans qu’aucun voisin ne  vienne  perturber la quiétude des locataires. On ne sait  pas pourquoi mais Arthur Choquette patienta quelques années avant de construire cette résidence. Pourtant, il déménagea  à deux reprises avant d’aménager à cette adresse : au début du siècle, il habitait sur la rue Jeanne d’Arc, puis, déménagea sur la rue Lasalle au sud de la rue Ontario et finalement dans cette maison-ci. Il est fort possible qu’Arthur Choquette ne prit pas la peine de demander l’alignement de la rue à la ville de Maisonneuve, car la maison est bâtie presque au niveau du sol. Cette façon de faire est peu commode en été, pour l’aération de l’entresol et surtout  en hiver, pour l’accumulation de la neige devant les portes.

Ce que nous avons devant nous, actuellement, est une sobre maison de pierre assez commune, avouons-le. Elle était, cependant, plus élégante au début du XXe siècle. Premièrement, il y avait deux logements au rez-de-chaussée au lieu d’un seul comme aujourd’hui. La présence de l’ouverture de l’ancienne porte est assez évidente quand nous y regardons de plus près. C’est très inusité, même à l’époque, de faire deux logements au rez-de-chaussée; généralement on retrouvait les deux plus petits logements au dernier étage. Chose encore plus étrange, c’est le propriétaire qui résidait dans l’un de ces petits logements.

L’escalier qui mène au premier ne fut pas toujours en métal et n’était pas à cet endroit. À l’origine, il devait  être en bois et partait du côté gauche de la maison et s’élançait en deux volées (a) jusqu’au  palier du premier.

Nul besoin de spécifier que les ridicules  poteaux qui soutiennent les balcons ne sont pas d’origine! À l’époque nous retrouvions des poteaux en bois œuvrés et très élaborés. Les fantômes (b) laissés sur la pierre nous indiquent qu’ils étaient reliés entre-eux dans le style victorien.

Exemple des poteaux qui ornaient et soutenaient  les balcons.
Exemple des poteaux qui ornaient et soutenaient  les balcons.

Les fenêtres étaient également en  bois et comportaient quatre battants. L’été venu, on les remplaçait par des persiennes (c)  pour améliorer l’aération des logements.

Seule la belle corniche (d) nous est parvenue intacte. Il faut admettre qu’elle est vraiment très élégante avec son fronton (e) central. Jadis un  mât de près de trois mètres de hauteur  surplombait ce fronton, mais il a disparu comme bien d’autres.

Je tiens à vous faire remarquer qu’en 1913, ces beaux logements se louaient 16,00 $ mensuellement, c’était vraiment « le bon vieux temps ».

a- Volée : partie d’un escalier qui s’élève d’un palier à l’autre.

b-Fantôme : empreinte laissé sur une parois ( bois, pierre ) nous rappelant l’existence d’élément architectural qui a disparu depuis.

c- Persiennes : vantail formé de lamelles horizontales inclinées, utilisé pour fermer une ouverture dans un mur.

d- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

e- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’une partie d’édifice consistant en deux éléments d’une corniche oblique, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.