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Curé Dubuc 4832-4838
Curé Dubuc 4832-4838
 

Maison : Louis Alexandre Dubuc  1904
4832 à 4838 rue Adam

La chaîne de titres :

04 avril 1904
Permis est accordé à l’abbé Louis A, Dubuc de bâtir sur ses lots de la rue Adam

21 mai 1904
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Louis Deguise,  gérant de banque
Acquéreur : Louis Alexandre Dubuc,  curé de la paroisse St-Clément de Viauville
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : $550.00

02 juillet 1904
Notaire : Camille Perrault
Vendeur : : Louis Alexandre Dubuc,  curé de la paroisse St-Clément de Viauville
Acquéreur : Dame Corinne Paquin, épouse de Napoléon Tourangeau,  marchand  résidants tous les deux à Maisonneuve
Achat  de deux maisons.
Prix de la vente : $7500.00


Bien que Louis Deguise n’ait jamais résidé dans Viauville, on peut affirmer sans conteste qu'il est le fondateur de cette ville. Le 10 décembre 1898, à la mort de Charles T Viau, manufacturier de la biscuiterie du même nom, et époux de sa sœur, Marie Émilie Deguise, c'est en effet Louis qui prit la direction de la succession ainsi que celle de la biscuiterie, continuant par là même le rêve de Charles Théodore Viau  de faire de cette ville naissante l’une des plus belles du Québec. Pour preuve : tous les actes notariés font état des contraintes imposées aux acquéreurs pour l’érection de leur maison, entre autre : l'obligation de ne pas construire à moins de dix pieds du trottoir; de ne pouvoir lambrisser sa façade qu'avec de la pierre; de ne pouvoir construire de maison temporaire; de ne pouvoir ériger de fabrique de chandelle où d’huile à lampe. Malheureusement pour les familles Deguise & Viau  et malgré toutes leurs années d’efforts, elles ne réussirent pas à obtenir du gouvernement une charte pour créer une ville indépendante de celle de  Maisonneuve. Viauville resta toujours une partie intégrante de Maisonneuve mais avec une architecture particulière.

Ce quadruplex est  le premier que le Curé Dubuc fit construire dans Viauville, par la suite il en fit bâtir plus de trois autres, sans compter toutes celles qu'il acquit au cours de sa vie. A la lecture du chaîne de titres, il est évident qu’il demande son permis avant d’acheter les terrains et de passer chez le notaire. À mon avis il est fort possible qu’il entreprit la construction antérieurement avant l’achat des terrains vu le temps restreint entre la demande du permis et la revente de la maison. 

Du point de vue architectural, cette maison actuellement dépourvue de tout artifice n’a vraiment rien de très extravagant. Or il en fût tout autrement lors de sa construction.

Le changement le plus radical  fut sans aucun doute l’enlèvement de la corniche( a ), il  est même possible que cette corniche ait ressemblé à celle de la maison du sacristain Louis Aubertin ( voir rue Adam, maison Louis Aubertin ) construite l’année précédente et que L’abbé Dubuc  allait acquérir par la suite. Une observation méticuleuse de la façade nous apprend que les pierres de la maison ont été retirées à certains endroits et que les maçons ont dû avoir de la difficulté à re-pierrer la façade  et ceci deux détails nous le confirment. En haut des fenêtres de la maison de gauche on s’aperçoit  qu’il y a une rangée de pierre de quelques pouces seulement, tandis que les autres pierres ont une dimension égale. Par ailleurs, le chaînage ( b )  des fenêtres de l’étage n’a pas été respecté avec ordonnance puisque les premières pierres du chaînage sont beaucoup plus longues que les autres, preuve que si elles avaient été taillées  lors de la construction de la maison, jamais cela n'aurait été toléré par le maître maçon.

Le changement le plus radical  fut sans aucun doute l’enlèvement de la corniche.

 

Tout comme la maison du sacristain, les balcons étaient en bois avec des rampes très ouvragées, donnant ainsi plus d’élégance à l’ensemble. L’unique escalier était à deux volées ( c ) ; partant du sol, de larges marches avec contremarches ajourées servaient pour les deux logements de l’étage. Un palier était aménagé à mi-hauteur d’où partaient deux autres volées se rendant aux balcons respectifs.

Mais malgré tous ces changements, cette maison ainsi que ses voisines forment un tissus urbain fort harmonieux.

a- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond

b- Chaînage de pierre : série de pierres superposées qui consolide la maçonnerie

c- Volée : partie d’un escalier qui s’élève d’un palier à  l’autre.