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Veuve St-Onge 4820-4822
Veuve St-Onge 4820-4822
 

Maison : Veuve St-Onge  1903

Chaînage de titre :

14 septembre 1903
Permis est accordé à Mme St-Onge de bâtir sur ces lots de terre

23 septembre 1903
Notaire; René Leroux
Vendeur; succession Charles Théodore Viau
Acquéreur : Dame Adeline Désliles,  veuve de Séraphin St-Onge
Achat de deux lots de terre

17 mai 1910
Notaire : L.J. Émilien Brais
Vendeur : L.Abbé Louis Alexandre Dubuc, agissant comme seul exécuteur testamentaire de feu Adéline Deslisle
Acquéreur : Mlle. Marie Cécile Cordélia Lapointe, de Longue-Pointe
Achat d’une maison
Prix de la vente : $7650.00

11 novembre 1918
Notaire : Odilon Crépeau
Vendeur : : Mme . Marie Cécile Cordélia Lapointe épouse de Ernest Roy, voyageur de commerce
Acquéreur : Gaspar Quintal, marchand de Montréal
Prix de la vente : $8000.00

 

Mme Adéline Désliles plus connue comme la Veuve St-Onge, résidait alors avec son mari Séraphin sur la rue Sherbrooke près de la rue St-Denis. C’était le quartier  de la petite bourgeoisie Canadienne Française comme on le précisait à l’époque. Nul doute que le couple St-Onge en faisait partie!  Après le décès de son mari, Mme St-Onge déménagea dans l’un des  cottages sur le bord  du fleuve St-Laurent près de la rue Viau., ces  six cottages appartenaient à  Charles Théodore Viau . Le caractère bucolique de l’endroit devait faire rêver tout citadin de l’époque : imaginez un seul instant que votre balcon arrière donne directement sur le fleuve et que la façade donne elle sur la ferme  du « George Moore Mémorial Home « . 

Après six ans de cette belle vie bucolique sur le bord du fleuve , la Veuve St-Onge décida de se faire bâtir sa propre résidence. Elle choisit deux beaux terrains très bien situés face à  l’académie Ste-Émilie. Il faut se rappeler qu’en 1903, il n’y avait que quelques rares maisons existantes sur la rue Adam.

Si le curé Dubuc lui fit des reproches quant à l’exubérance de sa maison, elle ne lui en tint pas rigueur puisqu’elle le nomma son unique exécuteur testamentaire le 1er novembre 1909. A  un moment donné le Curé Dubuc acquit toutes les maisons sur cette portion de la rue Adam. A noter que quand Marie Cécile Lapointe vendit sa maison à Gaspar Quintal, elle ne fit que $350.00 de profit après huit ans. Nous étions dans le temps de la guerre et l’économie était au ralenti. Le jour ou elle passa chez le notaire, elle était loin de se douter que, au même moment, dans d’autres pays des dirigeants se rencontraient pour signer l’armistice mettant ainsi fin à la première guerre mondiale.

 

En dépit  de son allure exubérante, cette maison est somme toute simple. D’ailleurs, le carré original avant les deux rallonges vers l’arrière est tout à fait respectable pour une maison détachée.  Comme la majorité des maisons du voisinage, celle-ci est construit en bois, seule la façade est lambrissée de  pierre de  bossage ( a ) et les autres côtés de brique d’argile. Les ouvertures des fenêtres et des portes rythment la façade de façon  symétrique.  

A l’origine, l’escalier du côté gauche n’existait pas car il n’y avait pas de logement à l’étage

Photo # 1
Détail de la balustrade
Détail de la balustrade

Ce qui rend cette maison fascinante, c’est bien sûr cette belle galerie ( b ) à l’angle arrondie  qui couvre la façade et le côté principal de la résidence. Elle est dotée d’une jolie main courante supportée par une balustrade ( c ) assez élaborée . Ses colonnes ( d ) ventrues  à chapiteaux cornus ( e ) la distinguent de toutes ses voisines. Un joli dôme ( f ) très élaboré  à l’angle principal surmonté d’une longue flèche termine de façon théâtrale l’édifice. La base du dôme est carrée avec un assemblage de palmette, puis ce  dôme devient  octogonal. Il  est recouvert de tuiles de fer blanc en forme d’écaille de poisson ( g ) .Finalement il se termine de façon  conique. Dans Viauville au début du XXe siècle il y avait bon nombre de maisons qui étaient coiffées de petits dômes de tout genre, mais malheureusement ils ont presque tout disparu. Seuls quelques beaux exemples comme celui-ci nous rappellent ce temps.

Il est certain que cette maison a connu des temps meilleurs  mais il n’est pas encore trop tard pour sauver cette belle d’autrefois.

Photo # 2
Détail du dôme au soleil couchant
Détail
du dôme au soleil couchant

 

a- Pierre bossée : pierre au fini rugueux. (très utilisée à Montréal)
b- Galerie; lieu de passage ou de promenade, couvert, beaucoup plus long que large ménagé à l’extérieur     d’un bâtiment
            
c- Balustrade : rangée de balustre portant une table d’appui; toute clôture à hauteur d’appui et à jours.
d- Colonne : support vertical constitué d’un fût de section circulaire et généralement d’une base et d’un
    chapiteau.
e- Chapiteau : partie élargi , généralement la plus décorative qui couronne le fût d’une colonne.

f- Dôme : toit galbé, de plan centré, à versant contigu ou à pans : comble élevé, de forme arrondi, couronnant un édifice
           

g- Écailles de poisson (en) : motif ornemental en forme d’écaille de poisson que l’on retrouve généralement dans les brisis d’ardoise et métal.