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P. J. Guay 4760-4764
P. J. Guay 4760-4764
 

Maison :Pierre Jacques Guay   1910

4760 à 4764 rue Adam

Chaînage de titres :

14 juin 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Charles Théodore Viau
Acquéreur : J.A. Moucatel, député législateur du comté Hochelaga Jacques Cartier
Achat d’un grand nombre de lots de terre

26 novembre 1901
Notaire : C.E. Lecler
Vendeur : J.A. Moucatel, député législateur du comté Hochelaga Jacques Cartier
Acquéreur : Napoléon Deslauriers
Achat de quelques lots de terre

21 janvier 1902
 Notaire : C.E. Lecler
Vendeur : : Napoléon Deslauriers
Acquéreur : Joseph Elzéar Villeneuve,  marchand
Achat de lots de terre

21 mai 1902
Notaire : C.E. Lecler
Vendeur : Joseph Elzéar Villeneuve,  marchand
Acquéreur : : François Xavier Lusignan

25 septembre 1903
Notaire : Marie Napoléon Bleau
Vendeur : François Xavier Lusignan
Acquéreur : Olybrius Constantineau
Achat d’un lot de terre sans bâtisse

01 avril 1910
Notaire : Alfred G. Gratton
Vendeur : Olybrius Constantineau, industriel de Montréal résidant à Ste Anne du bout de l’île
Acquéreur : Pierre Jacques Guay, épicier, domicilié au # 93 de la  3e Ave à Viauville
Achat d’un lot de terre sans bâtisse
Prix de la vente : $1200.00

06 novembre 1911
Notaire : Joseph Alfred Beauchamp
Emprunteur : Pierre Jacques Guay, épicier de Maisonneuve
Prêteur : Omer Dufresne, cultivateur de Montréal
La somme de $ 8000.00 à 7%
Donne en garantie la maison construite sur ce lot de terre

09 février 1915
Notaire : Romulus Lavallée
Emprunteur : Pierre Jacques Guay, épicier résidant au # 102 rue Adam Viauville
Prêteur : Union St-Pierre, témoins Oscar Lavallée , avocat & Anicet Chenard, comptable tous deux de Montréal
La somme de $6500.00 donne en garantie sa maison de la rue Adam

07 février 1941
Notaire : Wilfrid Labonté
Vendeur : Dame Joséphine Guimard, veuve P.J. Guay
Acquéreur : Alexandre Jodoin, marchand de Montréal résidant au # 3279 Ontario est
Achat d’une maison portant les # 4760 à 4764 rue Adam
Prix de la vente : $9000.00

 

J’attire votre attention sur le fait que cette maison est la seule sur la rue Adam dans Viauville à posséder un commerce au rez-de-chaussée. Il serait intéressant de savoir quelle dérogation P.J. Guay a obtenue à l’époque pour pouvoir aménager  un commerce à cet endroit, car il est à noter que, dans ce secteur, seules les rues Notre-Dame, Ste Catherine  Ontario, étaient à l'époque commerciales. Les rues Viau et St Clément possédaient chacune quelques commerces ici et là mais la rue Adam  était uniquement réservée à des fins résidentielles. 

Les plus grands changements  apportés à cette maison se situent au niveau de l’escalier. À l’origine, il  était, en effet, droit  en  bois et montait directement à la loggia ( a ) conduisant aux deux portes des étages. Ses deux rampes en bois étaient reliées au limon par des supports en fonte ouvragés.  Le balcon supérieur   possédait une  rampe de fer forgé décoré d’éléments de fonte. Aux coins de ce balcon nous pouvions admirer des balustres ( b )  cornières tournées  en bois, ce qui lui donnait plus de prestance et de richesse.

Exemple de support en fonte de fer
Exemple de support en fonte de fer

Exemple de balustre cornière qui garnissait  les coins  des balcons
Exemple de balustre cornière qui garnissait  les coins  des balcons

La façade a été particulièrement choyée comparativement au côté de la maison. Bien entendu il y avait jadis l’obligation de lambrisser cette façade avec de la pierre, l’oriel permettant de tronquer l’angle de la maison et de donner une autre dimension à l’ensemble. Cet angle tronqué favorisait d'une part l’entrée du commerce et d'autre part permettait de profiter de l’axe des rues et donc d’un meilleur ensoleillement.   Pour le côté donnant sur la rue Leclaire, le lambrissement avec de la brique s'imposait puisque l’utilisation de la brique d’argile était beaucoup  plus économique que la pierre et ceci était permis dans Viauville.

Comme nous pouvons le constater avec bonheur car elles donnent davantage d’élégance au rez-de-chaussée, les corniches ( c ) du commerce sont toujours en places ,. Ce qu’il y a de plus impressionnant dans cette maison c’est bien entendu son couronnement. Cette  corniche-ci  est supportée par de beaux corbeaux ( d ) proéminents qui surplombent la façade. Un très bel attique  ( e ) en tôle ouvragé  paré de deux frontons ( F ) et de créneau ( g )  est aménagé au dessus. Jadis cela se prolongeait par un très long mat de près de trois mètres de haut.

a- Loggia : enfoncement formant un balcon couvert

b- Balustre : colonnette ou court pilier renflé ou mouluré généralement employé avec d’autres et assemblé avec  eux par une tablette pour formé un appui, une clôture, une rampe,  un motif décoratif.

c- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

d- Corbeau : élément encastré, à une ou plusieurs assises, en saillie sur un mur pour supporter un encorbellement.

e- Attique : couronnement horizontale décoratif, ou petit étage terminal d’une construction, placé au-dessus d’une corniche ou d’une frise importante.

f- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’en partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche obliques, ou d’ une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement

g- Créneau : ouverture pratiqué au sommet d’un rempart d’une tour, d’une corniche, et servant de défense (au réelle ou au figurée).