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Arthur Sicard 4713-4729
Arthur Sicard 4713-4729
 

Maison : Arthur Sicard 1910
4713 à 4729 rue Adam

La Chaîne  de titres :

05 août 1898
Notaire : Joseph Louis Coutlée
Vendeur : Charles Théodore Viau, manufacturier
Acquéreur :  Dame Georgiana Morin, épouse de Louis Dussault, commis, de Montréal
Achat  de deux lots de terre sans bâtiment
Prix de la vente : 425,00 $

10 octobre 1910
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Dame Georgiana Morin, épouse de Louis Dussault, commis de Montréal
Acquéreur : Arthur Sicard, maçon,  demeurant  au # 7 de la  5e Ave à Maisonneuve
Achat de deux  lots de terre vacants
Prix de la vente : 800,00 $

25 octobre 1910
Emprunteur : Arthur Sicard
Prêteur : Joseph David, Père
La somme de : 4000,00 $ à 6% d’intérêts

07 mai 1973
Notaire : Jacques Marie  Gaulin
Vendeur :  Irénée Sicard, fils de feu Arthur Sicard
Acquéreur : Floriant Corbeil, rentier, résidant à St-Lin des Laurentides
Achat de deux  maisons  
Prix de la vente : 36 000,00 $

24 octobre 1973
Notaire : Jacques Marie Gaulin
Vendeur :  Floriant Corbeil, rentier, résidant à St-Lin des Laurentides
Acquéreur : Dame Juliette Lucier, épouse de Gérard Jutras
Achat du « sixplex» de droite adresse :  4719 - 4729 rue Adam
Prix de la vente : 29 000,00 $

24 octobre 1973
Notaire : Jacques Marie Gaulin
Vendeur :  Floriant Corbeil, rentier, résidant à St Lin des Laurentides
Acquéreur : Dame Juliette Lucier, enseignante,  épouse de D.A. Gérard Jutras
Achat du triplex de gauche  adresse :  4713 - 4717 rue Adam
Prix de la vente : 10 000,00 $


Arthur Sicard (1876–1946) naquit dans le petit  village de Saint-Léonard de Port-Maurice tout comme, fruit du hasard sans doute, son voisin Philias Léonard ( voir : catalogue, rue Adam maison Philias Léonard).
En 1895,  le jeune Sicard, mécanicien à l’esprit inventif, fabriqua une machine capable de dégager les rues en hiver, en soufflant la neige à quelques mètres de distance. Cette idée lui est venue en regardant opérer une moissonneuse, machinerie alors répandue dans les campagnes. Il la  transforma et l ‘améliora au fil des années. Encore aujourd’hui, cette souffleuse porte son nom et son utilité est requise hiver après hiver. ( 1 )

Cependant ce n’est pas grâce à son invention que la Ville de Montréal décida, en 1922, de donner le nom de Sicard à la 5e avenue, mais bien suite à son élection comme échevin représentant le quartier de Maisonneuve à la Ville de Montréal. D’ailleurs, Arthur Sicard, toujours vivant à cette époque, assista à la pose des nouveaux panneaux aux coins des rues arborant son patronyme.

Il fût aussi un  propriétaire   bien nanti dans le quartier. Dans son testament daté du 13 mai 1937, il lègue  à sa femme et à son fils,  six maisons dont voici les adresses :

4551-4559 Lafontaine & 1805 -1811 Bennett

    1. Ste Catherine & 1405-1415 Aird

4665-4679  Ste Catherine
4701-4705 Ste-Catherine & 1407-1413 Sicard
4707-4719  Ste-Catherine
4721 -4729 Adam

Il est fort  possible qu’il ait lui-même construit cette maison puisqu’il exerçait le métier de  maçon. Lors de la construction en 1910, cette section de la rue Adam  et ses environs étaient  en grand développement. Après le ralentissement immobilier de 1908, une période de prospérité s’échelonna jusqu'au début de la grande Guerre.

Monsieur Sicard résida  au rez-de-chaussée de sa propriété de 1910 à 1929. Déjà à l’époque, il avait construit un garage de très grande dimension  à l’arrière de sa propriété,   sûrement pour travailler à de nouvelles inventions. Par la suite, il déménagea dans sa nouvelle résidence de la rue Lafontaine à l’angle nord / est de la rue Bennett.

C’est une sobre maison sans artifice que nous avons devant nous; rien à voir avec les splendides maisons de la rue Adam. Sa large façade, tout comme celle de ses voisines, est lambrissée de pierre calcaire. Seule la corniche (a) en fer blanc rehausse son apparence. La longue galerie qui mène aux étages, était encore plus longue à l’époque. Elle s’étirait d’un bout à l’autre de la façade et ce, même  au mépris de la réglementation municipale. Ce n’est qu’en 1932 qu’un document  fut signé chez le notaire Camille  Paquet,  entre Arthur Sicard et ses voisins immédiats, régularisant de ce fait,  ce droit de vue illégale. Par la suite, cette galerie fût amputée de quelques mètres aux deux extrémités pour respecter enfin  la réglementation municipale.

L’escalier qui monte aux  deux appartements du  dernier étage de la maison de droite est assez inusité dans le quartier. Généralement, on accède à ces logements par un escalier intérieur partant du premier, comme en témoigne le triplex à gauche. Même son emplacement n’est pas conforme aux normes établies par la Ville. Je crois qu’à l’origine, un seul escalier montait au premier comme celui du centre et que le deuxième escalier   poursuivait son élan jusqu’au dernier étage bien au centre de la maison.

a- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble, d’un plafond

( 1 ) Les rues de Montréal, Répertoire historique  Méridien & Ville de Montréal  1995   page 458