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Alphonse Graton 4689-4691
Alphonse Graton 4689-4691
 

Maison Alphonse Graton  1912

Chaînage des titres :

26 avril 1904
Notaire : René Leroux
Vendeur : Succession Charles Théodore Viau
Acquéreurs : William Jessée Wright, commis de Montréal et sa sœur Marion Spence Wright
Achat de deux lots de terre

11 juillet 1911
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : William Jessée Wright, commis de Montréal et sa sœur Marion Spence Wright
Acquéreur : Lévy Tremblay, marchand de bois résidant à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre, prix de la vente : $3000.00

17 novembre 1911
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Lévy Tremblay, marchand de bois résidant à Maisonneuve
Acquéreur : Alphonse Graton. Entrepreneur en construction  résidant à Maisonneuve
Achat de deux lots de terre, prix de la vente : $5000.00

22 octobre 1912
Notaire : Camille Perrault
Emprunteur : Alphonse Graton
Prêteur : Eugène Bleau, boucher résidant à Maisonneuve
La somme de : $10,000.00

Un mot sur Lévy Tremblay le vendeur qui en 1911 céda sa maison à Alphonse Graton, maison qui porte son nom maintenant. Lévy Tremblait possédait avec son associé  Joseph Riendeau un commerce de bois de construction dont la place d’affaire était située au 444 boulevard St -Laurent à Montréal.  La cour à bois était située à Maisonneuve dans le quadrilatère formé par les  rues Ste-Catherine,   Adam, Bennett & Aird.  À cette époque, Lévy Tremblay  était échevin de la Ville de Maisonneuve. Le conseil de  Ville était composé des échevins : Oscar Dufresne, Marie Gustave Écrement, Robert Fraser, Octave Germains, Charles Bélanger, Joseph Ephrem Lemay, Lévy Tremblay et  du  maire Alexandre Michaud.

 

Des réalisations de Alphonse Graton nous pouvons mentionner entre-autres : l’Académie  Ste-Émile, l’école St-Clément, l’hôpital de la Providence , l’ancienne école des Frères des écoles Chrétienne sur la rue Lafontaine. Tout ces bâtiments sont de l’architecte Charles A. Reeves. Nous pouvons mentionner aussi le Palais de justice de la rue Notre-Dame de l’Architecte  Ernest Cormier construit en 1922.

Cette maison ressemble d’avantage, vue de face,  à un cottage plutôt qu’à un triplex.  C'est en regardant  le côté est  du bâtiment que nous nous apercevons de sa grandeur et de la  porte de l’autre logement. Quand l’entrepreneur en construction Alphonse Graton construit sa résidence, il prend bien soin de lui donner un aspect respectueux, dû à son rang social. Déjà à cette époque plusieurs entrepreneurs résidaient à Viauville (Joseph Trudel, Alphonse Leclaire, Théophile Leclaire, etc.) On comprend mieux pourquoi la maison possède une façade parfaitement symétrique comprenant un entresol, le rez de chaussé, un étage, le tout surmonté d’un attique (a), couronnée par des puises.

La base de l’escalier prend sa source chez la maison voisine créant plus qu’un droit de vue mais aussi un empiètement de propriété. Ceci est très surprenant  pour une telle demeure mais cela s'explique par le fait qu’ Alphonse Graton a fait construire les deux maisons en même temps et  qu'il  en était l’unique propriétaire.

À l’origine, de beaux vitraux ornaient toutes les fenêtres comme celle de la maison voisine et comme cette dernière, l’étage et l’attique étaient séparés par une belle  corniche et non par cette plaque de métal droite. Nous pouvons toutefois deviner à quoi ressemblait cette corniche grâce à celle qui figure sur le mur du côté.

Le côté de la maison n’est pas sans intérêt non plus avec l’entresol lambrissé de pierre calcaire grise bouchardée (b) et les étages lambrissés de brique chamois. Il faut aussi admirer les linteaux (c) et les allèges de pierre calcaire chamois peu communs pour un mur secondaire. À remarquer aussi la corniche à modillons (c). Le souci du détail se résume par l’ajout  d’une puise à l’arrière du bâtiment créant une symétrie pour l’ensemble.

Le garage qui se profile à l'arrière est un ajout ultérieur mais le soucis de l’harmoniser par l’utilisation de la même brique peu porter à confusion.

 

a- Attique : couronnement horizontale décoratif, ou petit étage terminal d’une construction, placé au-dessus d’une corniche ou d’une frise importante.

b- Boucharde : marteau de tailleur de pierre avec deux têtes dotées de pointes de diamant.
Bouchardé : travaillé à la boucharde

 

c- Modillon : ornement en forme de console renversé placée sous la saillie d’une corniche; ornement saillant  répété de proche en proche sous la corniche, comme s’il la soutenait