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Hervé Duval 4290-4298
Hervé Duval 4290-4298
 

Maison : Hervé Duval  1926
4290 - 4298 rue Adam

18 avril 1891
Notaire : Onésime Marin
Vendeur : Alphonse Gadoury, entrepreneur menuisier, résidant au 137 rue de la Visitation
Acquéreurs : Toussaint Préfontaine, commerçant de bois, résidant au 2267 Ste-Catherine Ouest
                      Joseph Stanislas Bousquet, caissier de banque
                      Joseph Paquette, manufacturier
Achat de quelques lots de terre

02 janvier 1892
Vente par le curateur public de  trois lots de terre sans bâtiment pour non-paiement de taxes
Acquéreur : Robert Reford, importateur, rue23 & 25 rue  St-Sacrement

07 février 1907
Notaire : William de M. Marler
Vendeurs : Robert Reford, importateur, résidant au 260 rue Drummond
Acquéreurs :  John York, ingénieur
                      James B. Campbell, manufacturier
                      William Pratt, manufacturier
                      Robert Fraser, surintendant (watson & co)
                      William Lenox, fermier
Tous marguilliers de l’Église protestante (Presbyterian Church) St-Cuthbert

23 août 1909
Notaire : William de M. Marler
Vendeurs :  John York, ingénieur mécanique
                   James B. Campbell, manufacturier,
                   résidant au 247 rue Jeanne d’Arc
                   William Pratt, manufacturier
                   William Lenox,  fermier
                   Robert Fraser, surintendant
Acquéreur pour lui-même : James B. Campbell, manufacturier Américan Can. Co..
                                                         
22 août 1911
Notaire : William B. Reddy
Vendeur : James B. Campbell, résidant au 247 rue Jeanne d’Arc
Acquéreurs : Agapit Legault, comptable, résidant au 2606 Boul. Pie IX
                     William B.  Reddy, notaire, résidant au 4474 rue Ste Catherine  Westmount
                     Normand P. Arthur, employé de C.N. Rail, résidant au 516 rue St-Clément
Prix de la vente: 4500,00 $

06 mars 1926
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeurs : Agapit Legault, comptable 
                     William B. Reddy, notaire, résidant au 4474 rue Ste Catherine  Westmount
                     N.P. Arthur, employé de C.N. Rail
                     résidant au 516 rue St-Clément
Acquéreur pour lui-même : Agapit Legault, comptable 

17 juillet 1926:
Notaire : Joseph Théophile Legault
Vendeur : Agapit Legault, comptable,  résidant au 2606 Boul. Pie IX
Acquéreur : Hervé Duval,  garagiste, résidant au 1433 rue Jeanne d’Arc
Lot : 8 -1363 anciennement 8 –159 &160

07 mars 1931
Notaire :Romulus Lavalée
Vendeur : Hervé Duval, propriétaire de garage situé au  5816 rue Boyer
Acquéreur : Josephat alias Joseph Sicotte, constructeur, demeurant au 1820 rue St-Clément.
Achat d’une maison 4290 - 98 rue Adam
Prix de la vente : 30 000,00 $


En 1892, les terrains sont vendus pour un non-paiement de taxes, probablement que  les propriétaires   ont acheté trop de terrains  un peu partout dans les différents villages   pour spéculer  sur leur  valeur  et qu’ils n’ont malheureusement pas pu rencontrer les échéances. 

Robert Reford, riche importateur, était aussi partenaire  de trois compagnies de navigation : 
DONALDSON LINE STEAMSHIP  entre les ports de Montréal et Glasgow ROSS STEAMSHP LINE    entre les ports de Montréal et Londres
THOMSON LINE entre les ports de Montréal - Londres et Newcastle.
Il est intéressant de savoir que cette compagnie existe toujours, dirigée encore par  un de ses descendants et que son siège social se situe toujours dans le Vieux Montréal…

Au début de 1907, ce sont les marguilliers de l’église St-Cuthbert qui achètent ces terrains.  On peut supposer qu’à cette époque,  la paroisse désirait ériger, à cet endroit, la nouvelle église ou peut-être même une école ! Les projets ont sûrement changé en cours de route puisque la nouvelle église fut construite sur l’emplacement de la première chapelle à l’angle nord/ouest des rue Adam et Letourneux et que l’école, elle, fut bâtie sur le boulevard Morgan.

Nous voyons aussi que le garagiste, Hervé Duval, a  vendu sa maison à Joséphat Sicotte. Ce dernier, résidant du quartier de Maisonneuve, était un entrepreneur en construction assez prospère. Il avait construit un bon nombre de  maisons dans Viauville et, comme nous le voyons ici,  en avait acheté bien d’autres.

Quand Hervé Duval vendit cette maison en 1931,  il était stipulé qu’il conserverait son logement du rez-de-chaussée ainsi qu’un emplacement pour sa voiture dans le  garage du sous-sol, moyennant un loyer mensuel de 65 $. Même à cette époque, cette somme était dérisoire pour un très grand logement : salle à manger, salle pour le déjeuner ( Breakfast room ), salon double et même une chambre pour la domestique.

C’est une très belle maison qui a conservé presque tous ses éléments architecturaux. L’utilisation de la brique polychrome et de la pierre artificielle  correspond tout à fait à la période de sa construction. En effet, la demande pour cette brique aux couleurs variées :  olive, café, marron et tabac a connu son apogée  dans ces années-là. Pour ce qui est de la pierre artificielle, dite coade,  elle n’était utilisée, comme c’est le cas ici, que pour ornementer certains éléments  tels que : allèges, linteaux, arches et bien entendu le chaînage d’angle.  L’oriel (a) sur la gauche donne du  dynamisme à cette façade, mais ce qui lui en donne davantage ce sont les deux  loggias (b). Celle du rez-de-chaussée peu profonde épouse un  arc en plein cintre tandis que celle de l’étage qui accueille les portes des différents logements des étages, est en arc  en anse de panier (c). Les balcons soutenus par des colonnes sur piédestal ont été refaits à la fin du XXe siècle avec le souci de préserver le plus  possible leur intégrité.  Il faut remarquer que les nombreuses fenêtres, tant celles de la  façade que celles donnant sur la rue Letourneux,  ont été modernisées mais heureusement les vitraux (d) dans les impostes ont été conservés.  

Il faut admirer aussi  les trois loggias (b) superposées  qui donnent sur la rue Letourneux ; elles sont arquées de trois façons différentes : celle du rez-de-chaussée est arquée en plein cintre encadré de pierre rayonnante tandis que l’arc à anse de panier de la loggia du 1er étage   est souligné par de la pierre. Quant à la  loggia du 2e étage, plus  sobre, elle arbore une anse surbaissée.

Les trois loggias donnant sur la rue Letourneux
Les trois loggias donnant sur la rue Letourneux

Il est fort possible que l’attique (e) qui termine la maison était, autrefois, plus décoratif qu’il ne l’est aujourd’hui. Je peux présumer qu’un léger fronton arqué en brique et en pierre   couronnait l’oriel; un autre,  semblable, devait surmonter l’espace au-dessus des balcons.  C’était généralement  la façon de faire à cette époque, d’ailleurs nous pouvons en voir de nombreux exemples dans les quartiers tels que Villeray, Plateau Mont Royal ou encore N.D.G.

Voici à quoi pouvait ressembler l’attique avec ses frontons.
Voici à quoi pouvait ressembler l’attique avec ses frontons.

a- Oriel : ouvrage vitré en général en surplomb, formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages;
fenêtre en encorbellement qui fait saillie dans la surface (généralement confondu avec le Bow-window).

b- Loggia : enfoncement formant un balcon couvert.

c- Arc en anse de panier : arc dont la courbe surbaissée a la forme d’une demi-ellipse.

d- Vitrail : panneau constitué de morceaux de verre coloré, assemblés pour former une décoration.

e- Attique : couronnement horizontal décoratif, ou petit étage terminal d’une construction, placé au-dessus d’une corniche ou d’une frise importante.