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Hôtel L.A. Meunier 4291-4299
Hôtel L.A. Meunier 4291-4299
 

Hôtel L.A. Meunier  1905
4291- 4299 rue  Ontario
Architecte : Charles A. Reeves
Entrepreneur : Walter Reed

La Chaîne des titres :

16 octobre 1873
Notaire : Archambeault
Vendeur : Dame Henriette veuve de Charles Gaudry dit Bourbonnière
Acquéreur : Charles Henri Letourneux et autres
Achat de la ferme

06 février 1874
Notaire : A. Archambeault
Vendeur : Gustave Deschamps, marchand.
Acquéreur : Jean T. Letourneux
Vente de 1/5 des lots

03 mars 1874
Notaire : A. Archambeault
Vendeur : Michael Boyce, marchand, résidant au 345 ½ rue Ste-Catherine est
Acquéreur : C.H. Letourneux,  marchand, résidant Côte St-Antoine
Vente de 1/5 des lots

02 août 1879
Notaire : L.C. Bourgeois
Vendeur : Olivier Lecours,  marchand, résidant au 38 rue St-Constant
Acquéreur : C.H. Letourneux,  marchand, résidant Côte St-Antoine
Vente de 1/5 des lots

30 avril 1884
Notaire : C.E. Leclerc
Vendeur : Henri Girard, marchand, résidant au 186 rue St-Denis
Acquéreur : C.H. Letourneux,  marchand,  coteau St-Pierre
Vente de 1/5 des lots

02 février 1884
Notaire : C.E. Leclerc
Vendeur : Jean T. Letourneux,  marchand, résidant sur le coteau St-Pierre
Acquéreur : C.H. Letourneux marchand, résidant sur le coteau St-Pierre
Vente de 1/5 des lots

11 septembre 1904
Notaire : Louis Barthélemy Houlé
Vendeur : Charles Henri Letourneux, marchand, demeurant à St-Henri
Acquéreurs : François Xavier Raoul  Lanthier, demeurant au 450 rue Pie IX
            Édouard Henri Lanthier,  demeurant au 373 rue Ontario à Maisonneuve,   tous deux manufacturiers de chaussures
Achat de six lots de terre (8-336 à 341)  rue Ontario
Prix de la vente : 2 700,00$

05 octobre 1904
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeurs : François Xavier Raoul  Lanthier
        Édouard Henri Lanthier,  tous deux manufacturiers  de chaussures
Acquéreur : Louis Adolphe Meunier, hôtelier  demeurant au 593 rue Notre-Dame angle
                    nord / est de la rue de LaSalle à  Maisonneuve
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : 1 300,00$

07 novembre 1904
Permis est accordé à : Walter Reed de bâtir sur les lots : 8-336 & 337 pour L.A. Meunier

17 avril 1905
Notaire : François Georges Crépeau
Prêteur : ALIANCE NATIONALE  représentée par :
Joseph Comptant, pharmacien,  son président
Louis Joseph David Papineau, typographe, secrétaire / trésorier  
Emprunteur : Louis Adolphe Meunier, hôtelier
                      La somme de : 6 000,00$
«Pour plus de sécurité donne en garantie une maison sise à l’angle nord / ouest des rues Ontario et Letourneux »

09 octobre 1905
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Louis Adolphe Meunier, restaurateur, demeurant au  527 rue Ontario
                 Maisonneuve
Acquéreur : Alphonse Fairon, bourgeois
Achat de la maison
Prix de la vente : 13 500,00$

06 avril 1906
Notaire : Joseph Henri Marin
A comparu : MOLSON’S BANK  représentée par son président :
         James Eliot, notaire, demeurant au 515 Côte St-Antoine Westmount
Locateur : Alphonse Fairon, hôtelier, demeurant au  527 rue Ontario
                 Maisonneuve
Bail  pour le local situé au  rez-de-chaussée  # 531 rue Ontario

04 novembre 1909
Notaire : Marie Gustave Écrement
Vendeur : Alphonse Fairon, hôtelier, demeurant au  527 rue Ontario
                 Maisonneuve
Acquéreur : Louis Adolphe Meunier, hôtelier, demeurant à nouveau au 593 rue
                    Notre Dame  Maisonneuve
Achat de la maison qu’il avait fait construire en 1905
Prix de la vente : 12 000,00$


Cette fois encore,  l’architecte  Charles-Aimé Reeve et  l’entrepreneur  Walter Reed  sont réunis dans ce projet. Il est intéressant de savoir que Walter Reed construisit, en même temps, deux autres maisons semblables dans Maisonneuve, avec chacune un restaurant,  au rez-de-chaussée. 

Hôtel L.A. Meunier              4291-4499 Ontario angle nord/ouest Letourneux
Maison J.L. Philippe Roy    4550-4560 Ste-Catherine angle sud/est Bennett
Hôtel Clément Dequoy             4245-4249 Ste-Catherine angle nord/ouest de
                                            LaSalle

Bien sûr nous retrouvons ce modèle de maison dans plusieurs quartiers de Montréal, incluant  les quartiers d’Hochelaga et de Maisonneuve. Voici une liste non exhaustive des  maisons  du même genre avec quelques variantes sur le territoire d’Hochelaga et de Maisonneuve.

Maison du Notaire Pérodeau (1899) Ste-Catherine & Desjardins démolie vers 1979
Entrepreneur : Hubert Provost

Hôtel National (1900) rue Ontario angle sud/ouest William David   incendié totalement  en 1923

Maison Joseph  Dusseault (1901) 1601 de LaSalle angle nord/est Adam, Entrepreneur : Wilfrid Tardif

Maison  Philippe Roy  (1905) 4554-4562  Ste-Catherine  angle sud/est Bennett, 
 Entrepreneur : Walter Reed

Hôtel L. A.  Meunier (1905) 4291-4297 Ontario angle nord/ouest Letourneux
 Entrepreneur  Walter Reed

Hôtel Clément Dequoy                   (1905) 4247-4249 Ste-Catherine  angle nord/ouest
 de LaSalle  
 Entrepreneur : Walter  Reed

Maison Joseph Ménard                  (1907) 3400-3410  Ontario angle sud/est Davidson

Maison Cyrille Lamontagne          (1909)  1491-1493 de LaSalle angle sud/est Adam

Maison Eugène Perreault (1909)   3870-3874 Ontario angle sud/est Bourbonnière
Entrepreneur : lui-même

L’endroit choisi  pour construire un hôtel était tout à fait approprié puisque cette partie de la ville était en pleine ébullition.  Plusieurs manufactures venaient de s’implanter emmenant dans leur sillage  des centaines de travailleurs, donc des clients. Il faut dire que ce n’était pas le premier établissement hôtelier  à avoir pignon sur rue dans ce secteur de la Ville. Déjà en 1900, l’Hôtel National qui était situé à l’angle des rues Ontario et William David attirait la clientèle du stade de crosse voisin. Quant à l’Hôtel Dompierre, situé à un coin de rue de là  et  bâti en 1901, lui faisait  sans aucun doute une ardente concurrence.  C’est sûrement pour distinguer son établissement des autres que Louis A. Meunier  choisit  des matériaux de grande qualité et un style tout à fait  particulier.

Actuellement cette maison paraît très sobre puisqu’elle est  dépourvue d’une grande partie de son ornementation de la fin de la période Victorienne. Je vais donc, pour la décrire, me référer, encore  une fois, à un dessin de l’hôtel datant de ses débuts.

Dessin de l’Hôtel L.A. Meunier  vers 1907

Dessin de l’Hôtel L.A. Meunier  vers 1907

Collection : Pierre G. de la Cathédrale

Contrairement à ceux d’aujourd’hui, les murs étaient lambrissés de véritable pierre calcaire et non de pierre artificielle, cependant le choix de ce parement s’harmonise  assez bien avec les pierres d’autrefois. Remarquez que les deux murs sont totalement lambrissés de pierre, ce qui n’est pas le cas pour les autres maisons énumérées plus haut. Le rez-de-chaussée, donnant sur la rue Ontario, est ouvert sur la rue par le percement de larges vitrines qui étaient  séparées jadis  par des pilastres  (a) de bois  qui soutenaient  une jolie corniche (b).  Du côté de la rue Letourneux se trouve  une porte  qui servait  à la livraison  des   fournisseurs de l’hôtel. Deux oculi (c) enjolivaient cette partie du rez-de-chaussée. La porte principale de l’établissement  était bien en vue   puisqu’elle  était située dans l’angle des deux rues comme nous pouvons le voir  encore aujourd’hui.

Par les beaux jours d’été, les fenêtres doubles à venteaux  se paraient de volets qui servaient pour la ventilation des appartements et permettaient de conserver la fraîcheur à l’intérieur. La présence de ces volets à l’extérieur rythmait et enjolivait également les travées entre les fenêtres.  

Fait exceptionnel, l’entablement (d)  de tôle bosselée qui ceinture le sommet de la maison est toujours en place. Le motif de feston  (e) qui garnit la frise, de même que les modillons (f) de la corniche  étaient des plus populaires à l’époque.  Jadis un magnifique dôme  (g) couronnait l’angle tronqué. Il n’était pas sans rappeler celui de la maison  du notaire Pérodeau, construite en 1899, à l’angle des rues Ste Catherine & Desjardins. À mon avis c’est sûrement  une demande   particulière que  l’aubergiste aurait faite à l’architecte, car les deux autres établissements construits simultanément  ne possédaient pas un pareil ouvrage. Nous pouvons toujours voir encore aujourd’hui sur cette corniche les  piles qui supportaient  les deux  frontons (h), celui   de l’angle tronqué et  celui donnant sur la rue Ontario.

Il est très dommage que ce magnifique dôme ainsi que plusieurs autres aient disparu du sommet des maisons. Il n’y a pas encore si longtemps, dans les années soixante, la majorité de ces pièces d’architecture s’offrait encore  à nos yeux et parait avec élégance les maisons et édifices du quartier. J’ai eu l’occasion de faire  un recensement partiel  des dômes et des toitures pyramidales qui surplombaient  autrefois les maisons du quartier et je suis arrivé au nombre de quatre-vingt-quatre. Actuellement, je n’en dénombre que seize qui, en tout ou en partie,  résistent   tant bien que mal au mauvais entretien. C’est dire que plus des quatre cinquième  ont tout simplement disparu.  Voici la liste des rues avec le nombre de ces pièces d’architecture que nous pouvions admirer il n’y a pas si longtemps. 

Rue Ontario : 6
Rue Lafontaine : 3
Rue Adam: 12
Rue Ste-Catherine: 10
Rue Notre-Dame : 8
Rue Bourbonnière : 6
Rue Orléans : 1
Boulevard Pie IX : 2
Rue Desjardins : 3
Rue de LaSalle : 5
Rue Letourneux : 5
Rue William David : 1
Rue Leclaire : 7
Rue Théodore : 4
Rue St Clément : 10
Rue Viau : 1

a- Pilastre : pilier aux pans carrés rappelant la colonne.

b- Corniche : partie saillante qui couronne un édifice; par extension ornement en saillie d’un meuble d’un plafond.

c- Œil de bœuf : fenêtre, lucarne, ronde ou ovale, pratiquée dans un mur, dans un comble .mot latin (Oculus)
Oculus :  (pluriel : oculi)  fenêtre aux formes  arrondies.

d- Entablement : ensemble horizontal supporté directement sur des colonnes  comprenant les parties suivantes: architrave, frise et corniche.

e- Feston : ornement représentant une guirlande de fleurs et de feuilles liées entre elles.

f- Modillon : ornement en forme de console renversée, placé sous la saillie d’une corniche; ornement saillant répété de proche en proche sous la corniche, comme s’il la soutenait.

g- Dôme : toit galbé, de plan centré, à versant contigu ou à pans : comble élevé, de forme arrondi, couronnant un édifice.

h- Fronton : couronnement d’un édifice ou d’une partie d’édifice consistant en deux éléments de corniche oblique, ou d’une corniche courbe, se raccordant à la corniche de l’entablement.